Reprise
Beaucoup des articles publiés sur ce blog depuis presque 20 ans ont parlé de voyage, de départ, de retour, d'ailleurs.
Comment nommer l'interruption de mes publications durant un an, due à un changement de perspectives imminent qui donnait envie d'être ailleurs, précisément, et de ne pas le dire, mais de le faire.
Puis cette timide reprise, après un déménagement, et un emménagement, et quelques brèves histoires de 2025, si ce n'est que continuer à vivre est en soi une aventure, et que le silence fut sans doute nécessaire à celle qui s'y obligeait. Une sorte de rupture, de parenthèse, comme elles viennent dans la vie qui s'endort, puis se réveille, encore. Sans raison particulière. Sans tragique et sans nouvelle. Juste des moments accumulés qui me sont un chemin.
Je ne sais pas à quoi servent ces partages, ces chroniques, ces images, que j'ai soigneusement remis en ordre, peut-être pour moi seule. Un moment pourtant nécessaire, lui aussi, point tranquille au milieu du déferlement des remue-ménages de toute sorte, qui touchent, qui émeuvent, qui fatiguent, ou qui révoltent.
Alors, comme on peut, on cherche les repères, les beautés, les rencontres, et les mots sans lesquels on ne sait pas vivre. On se souvient qu'on a su créer, à sa mesure, des œuvres, ou des poèmes, qui sont une armature. On se sent fatiguée, quelquefois, on se sent vieille, souvent, mais on a besoin de Faire, on a besoin de Dire, on a besoin de l'Autre.
Une vie sans éclat, d'où la lumière semble étouffée, parfois, mais combien unique, combien manifeste, quand demeure la conviction que faire ce que je fais, si mal que je le fasse, c'est mieux que la guerre, que la violence et que la haire. Ce que l'on attribue à des dieux impuissants que je récuse sans façon, moi je me l'approprie : la Création.
Je vous laisse explorer, ceux qui sont avec moi.
Si je suis seule, je ne vous en veux pas.
La femme sur ce banc, inoxydable, dans la chaleur d'été.
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