Rouge fut la poussière que j'ai d'abord mâchée, ensuite apprivoisée, ce choc premièrement visible quand je descendais d'un avion à Lomé Après, il y eut mes pieds que les enfants teignaient de "lali" (henné) pour faire rire les passants qui me disaient: " maman! tu te cherches un mari ?" Et j'ai vu, j'ai touché, le corps noir saigné à blanc, le fleuve d'Afrique, le fleuve de sang que je murmurais autrefois sans savoir, avec les mots de René Depestre, Et puis les mots rougis de tous les peuples cadenassés, de toutes les barricades, de toutes les tortures, de toutes les armées La vieille amie qui...
Après les journées tropicales de juin, même en Bretagne où les nuits en plein air devenaient fréquentables, un orage est venu ramener le temps à des considérations climatiques banales... que reste-t-il de la chaleur et du temps de cette entrée fracassante dans l'été ? un goût acidulé de revenir, et le reste d'une douceur sucrée quand on ferme les yeux sur trois ans d'éloignement d'un pays qu'on a aimé en quoi cela mérite-t-il d'être appelé "fatal" ? ce goût édulcoré par le souvenir a laissé une empreinte sur la langue et les mots qu'elle invente un jour le temps, un jour l'orage, un jour présent,...