impossible animal arrivé de la mer mi-poulpe mi-sirène elle s'est coulé dans l'estuaire avec l'élan électrique des anguilles entre les berges pierreuses des monts elle a embrassé les pentes et les bois elle a déployé le bourdonnement incisif des mots oubliés, des cris souterrains, de la sueur métallique elle s'est couchée là tête ronde écaillée de lumière qui rêve au non-retour, tournant le dos à l'océan qu'une guillotine de rouille retient au delà du vacarme et du vent puis elle s'est mise à rire et plus elle riait, plus elle déployait des milliers de dents acérées sur le chemin des plateaux nus...
En ces moments troublés d'obscurantisme et de violence qui font, comme toujours, écho à d'autres évènements passés de violence et d'obscurantisme, j'ai aimé, en passant à Guernika faire le constat que les artistes (Picasso, Henry Moore, Eduardo Chillida...) et leurs œuvres peuvent un jour surgir à la place des armes et du sang, et surtout, remplacer la dévotion au fanatisme d'où qu'il vienne par l'hommage à la beauté et à l'Art