par la douceur noire de sa mère et par le claquement du fouet, Marrakech se dédouble en ses ruelles durcies de soleil enserrant la prodigalité de ses jardins la ville asséchée nourrit tant de fontaines la ville murée enlace tant de langueurs la ville ferrée se soulève en ondes magnétiques où la volupté se pare de tant d'épines de places en places le frais de l'ombre dissout un brouillon de lumières affolées, un berceau de torpeur assoiffée où la chaleur n'atteint jamais l'arête des maisons qui poussent dos à dos. de pas en pas carrés sur les marelles d'azur, de souffles en souffles, de murmures...
mouettes en cavale à l'assaut des pêcheries chevauchant l'air blanc
murs d'écailles rousses chats hérissés boute-au-vent port d'Essaouira
Essaouira est un murmure de temps qui me revient de loin à peine un mot glissé que l'ordonnance des murailles enferme et fait chavirer dans le même instant de bleu en bleus, de souffles en tempête, d'étoiles en martèlement de nuit le vent n'était pas un invité d'Essaouira il était la Cité, les mouettes innombrables, les créneaux de bronze il était la fatigue et le froid des ruelles il était le battement des cafés rougeoyants il était la présence il était le conflit...