Terre saturée de vent contraire qui déchausse les arbres noirs Chaque pas espère un autre pas Chaque nuage aspire la lumière L'enfant tombe Déjà gris Que ferons-nous de ce temps mort Où les mots étouffent entre les dents Qui n'ont plus de bouche
la bouche de la nuit, qui mord d'ennui
Comme empierrés au cœur d’invincibles forteresses, nous voici donc bardés de certitudes, assaillis d’ogres guerriers, mâchés de dents serrées à la surface des ombres. Nous croyons, nous savons, nous affirmons. Ainsi nous oublions que l’art de l’absolue vérité n’est pas un Absolu, n’est pas une Vérité. Encore moins un Art. C’est qu’il nous faut vaciller, tâtonner dans les différences, explorer le tremblement qui se fout pas mal de nos assurances, et réinventer à chaque seconde ce qui n’existe pas encore. Ce qui enchante le tout, et le contraire de tout. Parce qu’on utilise l’humble matière, les...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 le pays s'est retrouvé dans la mémoire d'un rêve noir et divisé les hachures de nuit mangent le ciel sans nom le voyage est fini
linogravure sur papier technique 250gr
images du Nord Vietnam, source d'inspiration
l'Arbre-oiseau déployé arpente la terre sèche de nos indifférences ou alors ... l'Arbre-Oiseau se débine avant qu'tout ait cramé
assemblage de tissus cousus
Le noir est toujours beau, dans nos têtes, dans nos vies, On n'a pas peur des ombres, on n'a pas peur des nuits Mais au brûlot des mots, à la cendre des peurs, Aux puits sans fond d'humanité notre NON sera majuscule Espérant ce rouge léger qui survole Nos désirs en pétales de joie On attendra le temps des cerises Encore une fois
monotype, encre et collage
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Sortie ce matin premier avril à six heures. Visite à pied de la petite ville sur des ponts branlants, dans des quartiers où les grands hôtels côtoient des chemins de cabanes Près du temple les femmes attendent le passage des bonzes pour leur offrir des nourritures terrestres, le soleil se lève, il fait doux. Je m'assieds sur une pierre pour les regarder. Dans l'autre rue des fillettes vont à l'école en vélo. Entre les moinillons et les écolières quel destin choisir pour être heureux ici ? Qui choisit ? Les parents, l'état communiste, ou la puissance religieuse...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 d'Ha Long je ne dis pas ce qu'il faut d'abstraction pour recoller l'absence sur les morceaux du souvenir je ne dis pas la foule et l'abondance il restera le vide il restera le bleu
aquarelles réalisées depuis le bateau en baie d'Ha Long
baie d'Ha Long
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 emparez vous des cartes faites danser vos yeux sur le papier vos pieds sont des oiseaux que la mer n'effraie pas il faut partir !
collage poétique
collages papiers japonais - février 2024 Du rouge bien trempé du vert un peu sauvage dont la vivacité garde au loin les nuages. Que nous faut-il encore pour être ensemble, heureux, Dans la simplicité Du jour multicolore ?
tout au bord du volcan le ciel prend la tangente
tombent / des saisons / des raisons / toujours bonnes / toujours bombes / qui tombent
la ville des lumières reprend le ciel de nuit
sortilèges du monde éperdu
viendra la saison / chargée des lumières / couvant l'espérance
Pas sûr, pas sûr, qu'on forcerait l'allure, Qu'on aurait plus d'air pur Pas sûr que les faucons, et pas sûr que les vrais Lanceraient des lettres mortes qui sont leur proie de mots Sous d'autres vents contraires Pas sûr qu'on pleure en paix sous le ciel décalqué Pas sûr qu'on ait le temps de s'éveiller, de réveiller Les faux amis, les vrais aussi Pas sûr que le sommeil Et la vie durent, et durent Pas sûr, pas sûr
collages
le cerveau se remplit d'atomes crochus, de colères rentrées, d'oiseaux pointus, de vomissures secrètes, d'escaliers sans fin, de vents étoilés, de cagibis prisons, de pieds de grues enfoncés dans la vase, de feuilles mortes, d'ondulations, de nausées, de piques et pêches, et puis le cerveau se vide. Bien fait ! c'est tout ce qu'il mérite
Des Coup(é)ysages la ville rouge est un poème à l'envers qui n'a pas trouvé de nom l'oiseau de feu danse sur le volcan des vies emportées la mer ne reprend pas les ondulations du passé l'arbre au bois doré ne parle pas des légendes, il retient le vent, la feuille ne parle pas de l'arbre, elle garde la mémoire des aspirations contraires l’œil intérieur est enchevêtré de silences avant tout, il fallait que le ciel s'évapore, que le chant se calme avant tout il fallait partir mais de quelle nuit parlais-tu ?
collages de papiers découpés ou déchirés
C'est le fil des savanes qui tire la mémoire, revient au carré des formes, au ravaudage infime des pièces déchirées car le temps ne sait plus ce que furent les villages, les arbres et le ciel de poussière rouge l'aiguille recoud ce qu'elle scarifia un jour sur la peau blanche
pièces de pagnes africains appliquées et cousues
grands formats
Au fait, les mots n'inventent pas, ils se cognent à la réalité du code, invisible ou pas, déchiffrable ou non, menteur ou véridique. Des traits, des couleurs, ne survient aucune vérité, créant seulement des mondes minuscules où se perd la bienséance de l'échange. Ne demeure que la sensation. Elle, ne dit rien. Que le oui de l'amour. Que le nom de l'ennui
Creuser avant de mourir - peinture acrylique
Quand le verbe se fait chair A l'être des peaux mortes, reste le vent graphique, l'effroi évidé qui remâche son absence Alors le temps déchire les mots et s'enferme dans l'aimant du refus Mais à la fin,...