Par tous les temps, elles baillent elles se taisent, elles se murent, les fenêtres cousues qui encerclaient la peur et parfois le refuge qui se brisaient pour rien d'un enfant qui s'amuse, ou d'un homme en colère, mais elles ne diront rien tu peux en être sure elles tiennent au cadre qui les clos elles tiennent à leur maison, à leur vision, sans raison, bien au delà du vent qui s'égosille à parler d'ouverture la fenêtre est perdue quand elle n'abrite rien
fenêtres - Hennebont- printemps 2026
l’œil bleu de la nigelle veilleur en sentinelle sur le mur, assoupi, chuchote avec la nuit l’œil bleu de la nigelle a porté sur ses ailes les parfums d'Arabie d'un monde évanoui l’œil bleu de la nigelle fugace ritournelle déjà tôt repartie, le matin n'a rien dit la guerre n'est pas finie
plante méditerrannéenne
Les bois et les serrures, la ferraille et la pierre sur la rouille verdie des ateliers brisés autrefois ils suaient, ils trimaient, parfois même ils chantaient la pluie reprend les droits, il n'y a plus de mains pour la matière d'un seul espoir. Mais, dites-moi, de quel droit parlait-on ? On ne saura pas lire la trace qui s'étouffe hors des vies cadencées la terre repousse au loin les villes qui coulent en douce dans le silence gris de l'autrefois ruiné
Ancienne usine, ou atelier - Hennebont
Une maison près d'une rivière, ou d'un fleuve, ainsi l'avais-je souvent rêvée, imaginée. Il faudrait marcher un peu, descendre la pente raide, franchir la passerelle, et puis saisir les variations du temps, du ciel et des saisons, sans rien perdre à l'infini. Remonter, redescendre le fleuve, sans sombrer, sans disparaitre. Poser son sac et attendre. Ou pas. L'ancienne maison C'est une maison, comme tant d'autres maisons où l'on vécut où l'on passa, légèrement parfois la maison d'une autre qui abrita des désirs des secrets des volontés puis elle changea puis elle disparaitra les maisons ça fait...
Ou : comment changer sa tête (et le reste) d'espace et de lieu ... La nuit qui n'existe pas S'accroche à la feuille Pour ne pas mourir ** Temps froid, gel sur l'étang.. Les jours rallongent, le chaleur renaitra, le temps espère. Attentifs à ce qui vient Soyons présents. ** Le pas des nuages Dans l'attente des lumières Aura-t-il assez de temps ? ** Le fleuve à l'origine Trace le sillon d'attente Qui ouvre mon futur ** Toute couleur a déserté Le transport brutal des eaux pleines. Attendre, encore un peu plus loin ? ** Du clair-obscur où la couleur n'a plus d'espace Quelle forme émergera de l'entre-deux...
Terre saturée de vent contraire qui déchausse les arbres noirs Chaque pas espère un autre pas Chaque nuage aspire la lumière L'enfant tombe Déjà gris Que ferons-nous de ce temps mort Où les mots étouffent entre les dents Qui n'ont plus de bouche
la bouche de la nuit, qui mord d'ennui
Je marche sur les pas des premiers pas où le ciel tombe à pic sans l'ombre d'un remords La ville n'oubliera ni les rumeurs secrètes ni le malheur des rues hantées ni les éclats de rire Il n'y a que cette eau pour éponger les rêves partir à la dérive et laisser revenir où bon lui semblera le courant qui se perd bien au delà de moi.
J'ai neuf ans, jamais vu la mer. On roule toute la nuit. Au petit jour ma mère me réveille : "Viens voir". On franchit la dune. C'est l'immensité. L'absolu, absolument. La vibration grondante d'un infini qui s'ouvre au soleil. Alors moi je dis : "je ne savais pas qu'il y avait des barrages sur la mer". Puis c'est une autre plage où mon père nous balance : "Il faut. Se. Baigner". J'ai avancé confiante, vêtue du slip de bain en laine tricoté par la grand-mère, qui grattait, qui grattait. La vague m'a prise, m'a retournée. Elle était salée. J'ai craché. J'avais dix huit ans quand je revis la mer,...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 le pays s'est retrouvé dans la mémoire d'un rêve noir et divisé les hachures de nuit mangent le ciel sans nom le voyage est fini
linogravure sur papier technique 250gr
images du Nord Vietnam, source d'inspiration
l'Arbre-oiseau déployé arpente la terre sèche de nos indifférences ou alors ... l'Arbre-Oiseau se débine avant qu'tout ait cramé
assemblage de tissus cousus
Paisibles ils sont assis sur le bord de l'étang Le feu ne brûle pas, la fumée ne cache pas de ruines L'explosion ne provoque aucune terreur Ils sourient à leur liberté tranquille Ensemble Ils repartiront sans mal, se tenant par la main La guerre ne les concerne pas C'est ailleurs C'est trop loin De nous
14 juillet / étang de Rosporden
Le noir est toujours beau, dans nos têtes, dans nos vies, On n'a pas peur des ombres, on n'a pas peur des nuits Mais au brûlot des mots, à la cendre des peurs, Aux puits sans fond d'humanité notre NON sera majuscule Espérant ce rouge léger qui survole Nos désirs en pétales de joie On attendra le temps des cerises Encore une fois
monotype, encre et collage
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 observer les fourmis dans l'espace mortuaire du temple rester au bord de l'étang où trois nénuphars attendent leur épanouissement s'adosser à un tronc entre la route et les cigales s’arrêter boire une bière fraîche en compagnie d'un petit chat Lao grimper un escalier secret, vers le tambour d'un temple secret regarder les pêcheurs ramasser leurs filets et les adolescents nager dans le Mékong s’arrêter encore avoir chaud, très chaud, craindre le soleil espaces sans repos cymbales habitant les troncs Cigales Cigales et puis rentrer chez moi
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Quelle température de brume rend le ciel à sa couleur secrète ? Quelle étreinte métallique fige les forêts ombrageuses ? Quand la terre ne mord plus, elle se fond Quand l'air ne domine plus, il s'efface Alors l'œil se revêt de l'or des papillons Mais la danse est finie.
le Mekong à Vientiane
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 d'Ha Long je ne dis pas ce qu'il faut d'abstraction pour recoller l'absence sur les morceaux du souvenir je ne dis pas la foule et l'abondance il restera le vide il restera le bleu
aquarelles réalisées depuis le bateau en baie d'Ha Long
baie d'Ha Long