toujours les mots s'échappent on veut les retrouver, parfois les attacher, cherchant un lien qui saurait refleurir l'arbre s'est arrêté, j'ai cru l'entendre dire : prends moi oui, c'est sûr, il voulait glisser à mon oreille une petite histoire que j'aurais bien cherché, il me l'a dit, les branches sont tenaces, ne lâchent rien, elles me pensent facile à berner, alors j'attends ! un nuage est passé, ou c'était peut-être une nuit, une vie, un silence, que je n'ai pas compris l'arbre se tait maintenant l'image ? que dira-t-elle que je ne sache déjà ? alors, bonsoir, tu peux rester couché, bien heureuse...
Lorient, Son nom, Fête 360 années de pierres et de frégates La ville, en ses rêves, remontait le vent Vers les épices et les soies, les indiennes Que la traversée finirait par alourdir en cales d'infortune Finirait par enfoncer au néant des hauts fonds Vers les embarcadères chargés D'hommes et de femmes Enchainés Toujours D'en haut Les découvertes, les observatoires Espéraient la richesse, beauté légère, étourdie de parfums. Ne s'y trouvait que la fortune rance des cales souillées La tour reste figée sur l'empreinte d'un monde oublié Disons : qu'elle voudrait oublier ? Elle dure, elle tient, dans...
ils marchent ne sachant vers quel refus leur voix s'étoufferont ou le sachant trop bien leurs bras ne peuvent plus saisir l'outil qui fait surgir l'arc du feu leurs mains sont dépouillées ils marchent, ouvriers, ouvrières pareillement défaits, pareillement jetés dans l'eau noire des oublis dans la douleur noire de l'atelier brisé dans le temps noir de l'indifférence des maîtres ils marchent en martelant la terre, comme ils avaient forgé avec la puissance et l'enclume avec l'épuisement des jours se répétant se répétant ils marchent avec le plein de dignité ils ne veulent pas lâcher ce plein de leur...
dans un pli de la ville la forêt des bambous glisse sur le silence le temps s'élève droit, ne cache rien de ce qui pourrait advenir un seul bruissement fait frissonner ce monde qui ne m'appartient pas
parc botanique d'Hennebont
Par tous les temps, elles baillent elles se taisent, elles se murent, les fenêtres cousues qui encerclaient la peur et parfois le refuge qui se brisaient pour rien d'un enfant qui s'amuse, ou d'un homme en colère, mais elles ne diront rien tu peux en être sure elles tiennent au cadre qui les clos elles tiennent à leur maison, à leur vision, sans raison, bien au delà du vent qui s'égosille à parler d'ouverture la fenêtre est perdue quand elle n'abrite rien
fenêtres - Hennebont- printemps 2026
l’œil bleu de la nigelle veilleur en sentinelle sur le mur, assoupi, chuchote avec la nuit l’œil bleu de la nigelle a porté sur ses ailes les parfums d'Arabie d'un monde évanoui l’œil bleu de la nigelle fugace ritournelle déjà tôt repartie, le matin n'a rien dit la guerre n'est pas finie
plante méditerrannéenne
Les bois et les serrures, la ferraille et la pierre sur la rouille verdie des ateliers brisés autrefois ils suaient, ils trimaient, parfois même ils chantaient la pluie reprend les droits, il n'y a plus de mains pour la matière d'un seul espoir. Mais, dites-moi, de quel droit parlait-on ? On ne saura pas lire la trace qui s'étouffe hors des vies cadencées la terre repousse au loin les villes qui coulent en douce dans le silence gris de l'autrefois ruiné
Ancienne usine, ou atelier - Hennebont
Une maison près d'une rivière, ou d'un fleuve, ainsi l'avais-je souvent rêvée, imaginée. Il faudrait marcher un peu, descendre la pente raide, franchir la passerelle, et puis saisir les variations du temps, du ciel et des saisons, sans rien perdre à l'infini. Remonter, redescendre le fleuve, sans sombrer, sans disparaitre. Poser son sac et attendre. Ou pas. L'ancienne maison C'est une maison, comme tant d'autres maisons où l'on vécut où l'on passa, légèrement parfois la maison d'une autre qui abrita des désirs des secrets des volontés puis elle changea puis elle disparaitra les maisons ça fait...
Ou : comment changer sa tête (et le reste) d'espace et de lieu ... La nuit qui n'existe pas S'accroche à la feuille Pour ne pas mourir ** Temps froid, gel sur l'étang.. Les jours rallongent, le chaleur renaitra, le temps espère. Attentifs à ce qui vient Soyons présents. ** Le pas des nuages Dans l'attente des lumières Aura-t-il assez de temps ? ** Le fleuve à l'origine Trace le sillon d'attente Qui ouvre mon futur ** Toute couleur a déserté Le transport brutal des eaux pleines. Attendre, encore un peu plus loin ? ** Du clair-obscur où la couleur n'a plus d'espace Quelle forme émergera de l'entre-deux...
Terre saturée de vent contraire qui déchausse les arbres noirs Chaque pas espère un autre pas Chaque nuage aspire la lumière L'enfant tombe Déjà gris Que ferons-nous de ce temps mort Où les mots étouffent entre les dents Qui n'ont plus de bouche
la bouche de la nuit, qui mord d'ennui
Je marche sur les pas des premiers pas où le ciel tombe à pic sans l'ombre d'un remords La ville n'oubliera ni les rumeurs secrètes ni le malheur des rues hantées ni les éclats de rire Il n'y a que cette eau pour éponger les rêves partir à la dérive et laisser revenir où bon lui semblera le courant qui se perd bien au delà de moi.
J'ai neuf ans, jamais vu la mer. On roule toute la nuit. Au petit jour ma mère me réveille : "Viens voir". On franchit la dune. C'est l'immensité. L'absolu, absolument. La vibration grondante d'un infini qui s'ouvre au soleil. Alors moi je dis : "je ne savais pas qu'il y avait des barrages sur la mer". Puis c'est une autre plage où mon père nous balance : "Il faut. Se. Baigner". J'ai avancé confiante, vêtue du slip de bain en laine tricoté par la grand-mère, qui grattait, qui grattait. La vague m'a prise, m'a retournée. Elle était salée. J'ai craché. J'avais dix huit ans quand je revis la mer,...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 le pays s'est retrouvé dans la mémoire d'un rêve noir et divisé les hachures de nuit mangent le ciel sans nom le voyage est fini
linogravure sur papier technique 250gr
images du Nord Vietnam, source d'inspiration
l'Arbre-oiseau déployé arpente la terre sèche de nos indifférences ou alors ... l'Arbre-Oiseau se débine avant qu'tout ait cramé
assemblage de tissus cousus
Paisibles ils sont assis sur le bord de l'étang Le feu ne brûle pas, la fumée ne cache pas de ruines L'explosion ne provoque aucune terreur Ils sourient à leur liberté tranquille Ensemble Ils repartiront sans mal, se tenant par la main La guerre ne les concerne pas C'est ailleurs C'est trop loin De nous
14 juillet / étang de Rosporden