bijoux de temps que la peau éternise tatouages de guerres, d'amour, d'enfantement ou de refus les cicatrices font remonter à la surface les manœuvres de l'invisible elles écrivent le cahier sans fin du jour et de la sueur en reliefs d'ornements que le cœur méprise, parfois. Qui saura lire ces traces enrubannées de peaux vives ?
broderies et applications sur tissu, encres et pastels
matière Souvent, je pense à tous les tableaux que je ne fais pas, aux livres que je chapitre en vain au long de nuits fiévreuses, aux scènes illuminées des théâtres du songe. Souvent, je vois, j'entends, je lis ce que d'autres ont mis au monde et qui me ressemble, m'illumine, me réjouit, me décourage et m'illumine encore, croyant être à mon tour, moi aussi, un peu de cet être là, définitif, accompli, me débattant avec mon cerveau qui se brouille jusqu'à empâter mon regard. Il faudrait s'imaginer alors que l'Art est en soi comme une maladie chronique, un ADN caché, un marqueur invisible qui n'a...
Maintenant. Cadeau éphémère de la seconde traversée Maintenant. Rien ne tient que le seul désir d'être Un présent de sable qui vaut son pesant d'or. Présent. Échange. Larme sur le carreau pour arrondir le ciel Souffle d'air en équilibre d'inspiration. Soixante fois par minute. Ou plus ou plutôt moins. Sans s'arrêter pourtant. Sans vouloir plus que l'égalité du silence avec le tohubohu des douleurs arrachées Le présent n'est pas un vœu. Il ne parie pas sur l'avenir. Il est passé sans bruit. A laissé le matin ouvert sur d'autres questions, d'autres grains de sable en travers des machines, d'autres...