C'est le fil des savanes qui tire la mémoire, revient au carré des formes, au ravaudage infime des pièces déchirées car le temps ne sait plus ce que furent les villages, les arbres et le ciel de poussière rouge l'aiguille recoud ce qu'elle scarifia un jour sur la peau blanche
pièces de pagnes africains appliquées et cousues
grands formats
Ça sent le pain d'épices, ça brille un peu dehors. Mais ... On se sent partagé, pas seulement avec les absents, mais partagé en mille morceaux. En mille petites lumières dont certaines s'éteignent peu à peu. En mille mots qui ne franchissent pas les lèvres, parce que ... En mille vagues chahutées des noirceurs tout autour. En mille et en millions qu'on voudrait bien croire frères, et qui ne savent pas ... En mille matins qui reviendront quand même. En mille bonsoirs qui cherchent la musique. Je ne crois rien. Je n'attends rien. Je parle au soir tombant Et je vous l'espère doux comme ce parfum de...
ils sont là, ils dansent le rythme et la voix du griot emportent la tiédeur tout bouge mes pieds à moi : immobiles mon corps : figé ce qui bouge est en-dedans montée de voix aériennes, couches empesées de silences qui craquent et s’élèvent feuilles à feuilles, et tourbillonnent au-dessus des scènes de lumière, des sons amplifiés, des gestes et de la joie là-bas, mes villages n’étaient que flutes acides, tambours minuscules, maigres chants de savane oubliée la musique était pour la liberté, la danse pour un bol de maïs, si petites malgré tout la poussière rouge tombe sur la paupière, et lève un...
Le terme, désormais galvaudé, de "femme puissante" se décline à l'infini pour apporter sa couleur, prétendument positive, au féminisme ambiant (celui des médias, des livres, des "salons" ?) Ce rapprochement de mots, pas innocent du tout, témoigne-t-il de ce que nous, femmes du quotidien, espérons de nos vies, de la vie, de l'avenir ? Car moi je ne veux pas de cette virilité écrasante, en peinture sur ma féminité, fût-elle un mot. Je ne veux pas la puissance et la gloire, je veux l'égalité Je ne veux pas le pouvoir, ni la domination, je veux la liberté Puissance et impuissance ne sont pas mon registre,...
On ramasse des éléments, venus d'ici, venus d'ailleurs. On les assemble. Dans cet assemblage on réunit des influences, des cultures, des terres éloignées. Je pensais aux "poupées Losso" du nord Togo, faites d'os, de bois et de perles, je saluais mes amis, Losso, Kabyè, Kotokoli, Bassar, je pensais à ces deux enfants petits dont le père disparu (Losso) était un de mes amis. Mes mains construisent ces poupées, ni pour copier, ni pour s'approprier, ni pour symboliser des choses que je ne suis pas en mesure de comprendre, juste un clin d’œil complice, un jeu. Juste un moment d'enfance retrouvée.
Jouer...
L’arbre qu’on appelle flamboyant, je l’ai vu, et le rônier, le palmier, le kapokier, le manguier à la rondeur majestueuse. Mais ... je voulais le baobab imaginé, colonne vertébrale des paroles et des âges, orage émergé des matières chaudes que le temps fixe en puissance, arbre de peau de ciel dérobé aux dieux mères Au centre du monde, au centre du village, au centre de la terre épouse, le baobab griffe le sol, rampe en volupté et tire sa force gigantesque d’un sang de latérite qui s'élève en verdoiement, et n’oublie ni le ciel, ni la terre, ni la bonté, ni la brutalité Je n’ai pas vu de baobab...
Ça se passe au Togo, précisément dans la petite ville de Bafilo. Nous sommes groupés sous l'appatam* en compagnie du chef de village , et de son conseil. Nous, c'est à dire quelques amis Kotokolis de Kara, et trois blancs qui venons demander au chef l'autorisation d'accéder à la cascade d'eau potable qui se trouve à quelque distance. Un des jeunes, resté dans le taxi, surgit de façon impromptue au milieu de l'échange de salutations et de politesses qui préside à ce type de rencontre. Il vient de lire sur son smartphone (oui en Afrique, presque tout le monde a un téléphone connecté !) qu'un attentat...
ânes, mules, coqs, maisons terreuses meurtries de fraiches cicatrices tapis de laine supportant le tissé des jours, pains ronds écrits sur la pierre avec des tournoiements de femme et d'herbes en fagots les vallées fertiles tranchent la caillasse de saignées en saignées plus vivaces, le vent est l'ami des moutons et des roches culbutées, le monde plie sous l'alternance des cailloux plats et des lignes de crêtes, dans la glaise des montagnes se carrent des marabouts et des secrets de tourelles, Mais de virages en virages la gorge enfoncée fait surgir un déluge de rivière qui mène à l'absence de...
Dans l'Altas marocain, perché à 1800m, le village d'Iskatafen s'ouvre sur la vallée verdoyante et heureuse d'Aït Bouguemez Quelques images glanées aux croisées des chemins : soleil et pluie, sable et verdure, austérité et sourires d'enfants, offrent l'idée d'un bonheur contrasté plus complexe qu'il n'y parait ... Et à chaque étape le thé est servi aux randonneurs dans les lieux les plus improbables ! Pour faire connaissance, ou re-connaissance, avec ce que je nomme : le chant des pierres, cliquer sur le lien de mon album de rando https://www.youtube.com/watch?v=Cu5tX57Umg4&feature=share
par la douceur noire de sa mère et par le claquement du fouet, Marrakech se dédouble en ses ruelles durcies de soleil enserrant la prodigalité de ses jardins la ville asséchée nourrit tant de fontaines la ville murée enlace tant de langueurs la ville ferrée se soulève en ondes magnétiques où la volupté se pare de tant d'épines de places en places le frais de l'ombre dissout un brouillon de lumières affolées, un berceau de torpeur assoiffée où la chaleur n'atteint jamais l'arête des maisons qui poussent dos à dos. de pas en pas carrés sur les marelles d'azur, de souffles en souffles, de murmures...
mouettes en cavale à l'assaut des pêcheries chevauchant l'air blanc
murs d'écailles rousses chats hérissés boute-au-vent port d'Essaouira
Essaouira est un murmure de temps qui me revient de loin à peine un mot glissé que l'ordonnance des murailles enferme et fait chavirer dans le même instant de bleu en bleus, de souffles en tempête, d'étoiles en martèlement de nuit le vent n'était pas un invité d'Essaouira il était la Cité, les mouettes innombrables, les créneaux de bronze il était la fatigue et le froid des ruelles il était le battement des cafés rougeoyants il était la présence il était le conflit...
3 minutes de film à la volée pour dire des moments chauds qui surgissent comme par magie au cœur de l'hiver... les moments qu'on n'oublie pas, bien au-delà du tremblement des images successivement : ballade en moto sur la piste de Sarakawa fête des fouets à Pagouda danse Habyè à Saouda Lama pilage du fufu cascade de Bafilo toits de Lomé plage d'Agbodrafo
séjour au Togo en novembre 2015
je partis, comme toujours alourdie, de valises et de souvenirs inquiets, non pas du saut dans l'inconnu, mais d'un retour éprouvé qui fait naitre sur la peau une démangeaison sans objet, un fourmillement instable entre le trop connu, et l'impériosité de s'étonner qu'emporte le voyageur il n'y avait à craindre ni la brûlure des savanes, ni la sinuosité des liens, ni l'étrangeté à laquelle on m'assigne mais il fallut des jours pour digérer la passivité souillée de la ville incertaine il fallut fermer les yeux, retrouver les chemins d'odeurs, les sonorités de voix dans la persistance d'un émoi où...
des gens, des bras, des mains des mots pour le travail et la douleur des pleurs des détours, des ravins, des fouets, des couteaux des serpents de foule au bord des marigots kaolin, latérite, éclats de voix, tourbillons, couleurs poussière, identité, nous voilà renoués mais je ne danse pas, je glisse vers la pierre d'un chaos, d'un fétiche, vers le mystère moi, je ne danse pas, j'attends les bras, les mains, les gens d'autres pieds que les miens sur la cadence qui s'éloigne sur mon absence, sur mon silence ou bien, je n'attends pas, je me retourne, et c'est déjà fini
la danse Habyè à Saouda Lama...
Dans les montagnes de Kpalimé, les grands Kapokiers sont des pirogues verticales aspirées vers les confins on y respire la luxuriance d'une Afrique verte et douce démentie par le vol des lents oiseaux noirs en quête de souffrance les herbes chantent, les criquets se parent de bannières chatoyantes, les feuilles brillantes des "oreilles d'éléphant" se posent au dessus de nos têtes en larges parapluies et le vin de palme coule d'une source abattue en pleine espérance dans la maison de terre, un peintre saoul laisse avec dédain son caissier percevoir le prix de ses œuvres, comme si la négociation...