Les bois et les serrures, la ferraille et la pierre sur la rouille verdie des ateliers brisés autrefois ils suaient, ils trimaient, parfois même ils chantaient la pluie reprend les droits, il n'y a plus de mains pour la matière d'un seul espoir. Mais, dites-moi, de quel droit parlait-on ? On ne saura pas lire la trace qui s'étouffe hors des vies cadencées la terre repousse au loin les villes qui coulent en douce dans le silence gris de l'autrefois ruiné
Ancienne usine, ou atelier - Hennebont
Ou : comment changer sa tête (et le reste) d'espace et de lieu ... La nuit qui n'existe pas S'accroche à la feuille Pour ne pas mourir ** Temps froid, gel sur l'étang.. Les jours rallongent, le chaleur renaitra, le temps espère. Restons attentifs à ce qui vient. Soyons présents, pour défier l'avenir . ** Le pas des nuages Dans l'attente des lumières Aura-t-il assez de temps ? ** Le fleuve à l'origine Trace le sillon d'attente Qui ouvre mon futur ** Toute couleur a déserté Le transport brutal des eaux pleines. Attendre, encore un peu plus loin ? ** Du clair-obscur où la couleur n'a plus d'espace...
J'ai sorti du contexte des phrases tirées de carnets, réels ou virtuels, notées depuis un an, et voilà cette année transitoire, où rien n'était bien droit. Au bois du Porzou... se méfier du rocher qui dort. * Tant qu'on se souvient d'eux, ils ne disparaissent pas, ceux qui nous ont appris à vivre... * Il est réconfortant de constater que, parfois, la vertu peut survivre à l'exercice du pouvoir * On attend le feu d'artifice, et la Révolution. C'est bien le 14 juillet, non ? * Sorcières de tous les pays, unissez-vous ! * Sans l'oppression des ouvriers obscurs, il n'y aurait eu ni chefs d'œuvre, ni...
Je marche sur les pas des premiers pas où le ciel tombe à pic sans l'ombre d'un remords La ville n'oubliera ni les rumeurs secrètes ni le malheur des rues hantées ni les éclats de rire Il n'y a que cette eau pour éponger les rêves partir à la dérive et laisser revenir où bon lui semblera le courant qui se perd bien au delà de moi.
J'ai neuf ans, jamais vu la mer. On roule toute la nuit. Au petit jour ma mère me réveille : "Viens voir". On franchit la dune. C'est l'immensité. L'absolu, absolument. La vibration grondante d'un infini qui s'ouvre au soleil. Alors moi je dis : "je ne savais pas qu'il y avait des barrages sur la mer". Puis c'est une autre plage où mon père nous balance : "Il faut. Se. Baigner". J'ai avancé confiante, vêtue du slip de bain en laine tricoté par la grand-mère, qui grattait, qui grattait. La vague m'a prise, m'a retournée. Elle était salée. J'ai craché. J'avais dix huit ans quand je revis la mer,...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Sortie ce matin premier avril à six heures. Visite à pied de la petite ville sur des ponts branlants, dans des quartiers où les grands hôtels côtoient des chemins de cabanes Près du temple les femmes attendent le passage des bonzes pour leur offrir des nourritures terrestres, le soleil se lève, il fait doux. Je m'assieds sur une pierre pour les regarder. Dans l'autre rue des fillettes vont à l'école en vélo. Entre les moinillons et les écolières quel destin choisir pour être heureux ici ? Qui choisit ? Les parents, l'état communiste, ou la puissance religieuse...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 observer les fourmis dans l'espace mortuaire du temple rester au bord de l'étang où trois nénuphars attendent leur épanouissement s'adosser à un tronc entre la route et les cigales s’arrêter boire une bière fraîche en compagnie d'un petit chat Lao grimper un escalier secret, vers le tambour d'un temple secret regarder les pêcheurs ramasser leurs filets et les adolescents nager dans le Mékong s’arrêter encore avoir chaud, très chaud, craindre le soleil espaces sans repos cymbales habitant les troncs Cigales Cigales et puis rentrer chez moi
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Il fallait ne rien penser, il fallait le moment présent, les pieds, le corps, dans la ville. La photographie s'écartait de la rumeur. L'image gardée sur l'écran ne comptait plus, seulement celle qu'on tenait dans son regard, celle qu'on avait vraiment vue ... qu'on partagera avec les mots ? Se taire d'abord dans le vacarme des moteurs, et d'autres mots incompris. Et pas d'autres envies : voir, sentir, le reste est ineffable intransmissible, le temps défile et l'on est dans le film, dans l'image, le son, l'odeur, rien ne se compte Un instant on s'arrête pour...
Des Coup(é)ysages la ville rouge est un poème à l'envers qui n'a pas trouvé de nom l'oiseau de feu danse sur le volcan des vies emportées la mer ne reprend pas les ondulations du passé l'arbre au bois doré ne parle pas des légendes, il retient le vent, la feuille ne parle pas de l'arbre, elle garde la mémoire des aspirations contraires l’œil intérieur est enchevêtré de silences avant tout, il fallait que le ciel s'évapore, que le chant se calme avant tout il fallait partir mais de quelle nuit parlais-tu ?
collages de papiers découpés ou déchirés
les arbres fantômes ont avalé leur ciel de mousse aux cheveux emmêlés quadrillant les aurores les mémoires tapissées les ombres étouffantes ne peut-on dire que le bois souffre lui aussi des verts encombrements des souffles raccourcis des esprits erratiques et des mondes inversés qui n'ont plus de chemins qui resteront cachés
Vallée du Lot
La forêt monte au dessus de ma tête, dans la crispation des pieds, dans les cailloux jetés à plaisir devant mon souffle. Car la forêt n’est pas que cet épuisement des vallées qui s’arrachent aux monts enrubannées de feuilles. Peu à peu elle se symphonise et s’orchestre d’oiseaux, de grincements, de balancements, de rythmes, de syncopes qui animent la matière du bois, l'emprise de la terre, la confrontation intime du mort et du vivant. Alors les pieds s’allègent, la respiration devient musique, mon oreille a gagné sur la pente rugueuse une danse, un son, un frottement de chansons singulières, un...
La ville se hérisse de rumeurs grillagées La ville d'or se cambre sous l'arche pesante du souvenir Entre deux, la ville pleure, quelquefois, le sait-elle ? La hautaine Burgos ne dira rien de plus, sa mémoire se retire au carré des officiants Alors, partir, sans retourner le compliment, s’éloigner du silence martyr, des autels meurtris, qui se glacent en ribambelles de papiers dorés. Et parfois, revenir ?
Ocré des ciels d'orage qui ne l'atteindront pas, le vent de Salamanque se pose sans limites, tout à la joie qui façonne le décor des apparences La ville entière est un soleil couchant qui ne veut...
nous avons toujours besoin, finalement, que le trait existe, que la couleur se répande, que la rage se dessine, que le monde sorte de nos têtes pour revenir à lui pour devenir celui que nous avons créé, voulu, inventorié durant le temps infime qu'il fallait pour le faire transparaitre même s'il était mort-né
collages sur monotypes
Parce qu'ils naquirent de l'obscur enchevêtrement des combats veilleurs d'ombres et de silences infiltrés Parce que l'on fit un mur qui bardait l'océan Parce qu'on laissa durcir aux marées les morts innombrables vint comme toujours un autre temps la lumière a redonné couleurs au barrage des oiseaux à ce qui tient des flux des reflux la paix des armes tues la paix des couleurs nues la paix des bombes sans armures des arts sans autres murs que la douceur imaginaire et l'infini des soirs
blockhaus graphés dans l'Ile de Ré - octobre 2022
Une publication de poèmes et d'images sur Calameo, pour explorer les villes de 3 continents, avec le hasard pour guide et le bonheur de la découverte en bandoulière ... cliquer sur ce lien pour feuilleter l'album et lire les textes https://fr.calameo.com/read/0068311960d5d2133cb3e
Rotterdam - Mai 2022