le fleuve est nécessaire... sa hautaine paresse enserre les questions sous des herbes nouées pose à l'envers du ciel un champ pavé de larmes où l'ardoise du sable étouffe les regards souterrains l'équilibre du temps redonne au goût de terre de nos secrets trempés une langueur d'oubli le fleuve est nécessaire de sa force maligne qui fait trembler les immortelles et le mur des coquelicots savoir poser sur l'autre monde une goutte de sang double un gouffre de temps bleu où l'inverse de soi n'est pas l'épaisseur du silence mais le glacis vermeil des surfaces tremblées et puis s'y enfoncer Bords de...
Aspiration d’eau trouble. L’épicentre du tourbillon est un lieu impossible où les forces se resserrent et ne dessinent que le creux. Tourbillon de guêpes sur le sucre des beignets Tourbillon de cris : les chèvres qu’on entrave et les enfants ligotés dans les pagnes Tourbillon de mots calculés qui se cognent en dérivation Tourbillon de senteurs alourdissant l’étoffe des boubous Tourbillon de pas enivrés qui déséquilibrent la platitude des chemins Bonan goni – Aller revenir Ne pas se poser. Ne pas finir. Tourner. Retourner Au centre de ce rien qui remplit le vide aspiré de la conscience, Ce rien...
Au cours du mois d’août 2006, j'ai proposé à un groupe de jeunes de Kara une initiation à la photo numérique. Nous avons ensemble retenu l’EAU comme thème de ce regard sur soi (au TOGO en août c’est la saison des pluies). A travers ces photos, ils souhaitaient témoigner de leur vie ordinaire au hasard des promenades que nous avons faites ensemble, des activités, des lieux de la ville où ils habitent. Ils voulaient aussi montrer à ceux qui ne connaissent pas leur pays, de quoi est fait leur quotidien. Ce témoignage est le cadeau qu’ils nous font.Ces photos font partie d'une exposition présentée...
Un ami de mes amis, "voyageur pressé" (il se reconnaitra) qui a lu le bouquin, me pose une question, au milieu d'un commentaire plutôt agréable à recevoir, et ce , d'autant plus qu'il est écrit d'une encre qui me semble presque familière. "Je sais aussi que le voyageur pressé est toujours autiste quand il rentre à bon port et ferme ses volets pour se mettre à l’abri du jour comme de la nuit.Là, vous serez indulgente car cette ambiguïté (ou cette difficulté) traverse vos mots et votre histoire. Sinon je n’aurais pas pu mettre mes pas dans les vôtres. De fait, c’est aussi cela que vous souhaitiez...