il n'y a rien à retenir d'Atacama qu'un dialogue entre vent et cavité de l’œil je n'avais qu'à me laisser traverser par la fulgurance du froid d'aube et le démenti du zénith absolu on ne gagne rien à cette solitude, on n'y perd pas non plus on reste écartelé de contrastes immuables sur l'espace de pierres que le temps lui même a déserté au retour je répétais ce mot : "nostalgie de la lumière" (qu'il me fallait trouver en écho dans le film de Guzman ) sans histoire, sans mémoire, il ne dit rien de plus que sa seule beauté et l'impression des chiffres virtuels sur un sablier d'infini où c'est l'autre...
Arica est soleil noir, sable bouillant, caravane de fer, faux marbre de fausses fontaines que les cormorans souillent en aboyant Arica prétend à ce qu'elle ne sera pas bout de ligne ensablée, herbe conquise à grande eau que le soleil récuse, brise-lame dont l'océan peut se rire quand il veut Arica se perd à tout instant dans l'artifice de sa fausse opulence, accotée à la maigreur des falaises jaunies, elle joue à secouer les vagues de son jupon d'endimanchée Tout, autour d'Arica, brûle d'un enfer sans appel où la somptueuse altérité du Parinacota, et l'ironie mordante du souffle, et l'église de...
Arequipa sera reconstruite éternelle, que vienne ou que s'éloigne tel soubresaut de Cordillère Arequipa la blanche se pavane en couleurs volantées de rouge et bleu céruléen soumettant la fleur sauvage des nonnes de douze ans à Santa Catalina la pluie rose du crépuscule habille d'une ombre de fruits mûrs les cernes de Mitsi et de Picchu Picchu et les secousses, de places en ruelles, griffent le sable ocré d'une verdeur inopinée secousses et tremblements qui fendent la poussière et la glace des monts violences terrestres ouvrant un puits de cendres et de plainte enfantine qui cambra hors d'elle même...
je n'ai jamais connu de ville plus masculine que Cuzco son nom El Cuzco, que guetta le baptême, forcé par la flamme et les signes noirs que bavaient les Conquistadores Cuzco restait alors, guerrier à terre, guerrier de murailles aux visages d'angles morts nulle douceur en Cuzco, sinon celle d'un émerveillement rageur qui veut combler des plaies de fontanelle El Cuzco sur le nombril du monde, fleuve de métal et d'indiens martelés, dévale chaque soir les rues luisantes et noires je voulais écrire tout ce que Cuzco me donnait comme se donnerait un amant blessé qui ne sait s'accomplir, un amant châtré...