Une ombre légère nous traverse. On se retourne. Elle a fui dans le couloir d'un blanc hallucinant. Sa robe soyeuse se déchire avec un chuintement de rêve asphyxié. C'est le moment d'un printemps longtemps espéré, avec des feuilles tendres et le jaune des fleurs souveraines. Il semble s'épuiser avant d'avoir surgi. Lui aussi cavale au loin, comme l'ombre d'une ombre sur un cheval sans tête. C’est le moment où la mort rode, cherche à s'apprivoiser. Elle chante comme Schubert la ferait chanter, elle se glisse dans le silence d'une ville abandonnée où plus un enfant n'ira jouer dans la rue. C’est un...
on ne sait si ce sont les mots répétés dans le tourbillon des pluies, tout en même temps que le dehors impraticable, le confiné, disent-ils, l'attente de l'implosion ou le refus de la patience on ne sait ce qui rend le monde si étroit on cherche en vain le vaste, où ne se trouve que le dévasté on veut, on voudrait, on s'en excuse, les mots ne suffisent plus, il faut de l'air ou bien alors chanter ce qui se dérobe en ricanant on cherche le voleur, on ne le trouve pas partir, dit-on, encore plus faiblement mais où? demande la raison car la raison s'en fout. Elle veut, elle exige un regain de lumière,...