De quelle obscure familiarité se sent-on habitée lorsqu'on déchire le voile des univers parallèles et des artistes imaginaires ? De quel réconfort soudain se sent-on envahie lorsque les formes tout à coup vous caressent, vous interrogent, et vous rassurent étrangement, tant sur votre faiblesse que sur la certitude qu'aucun monstre de fer et de cuir ne sera jamais aussi démoniaque que l'humain lui même ? J'ai habité l'antre des monstres et n'y ai entendu que des chuchotements fertiles, n'y ai vu que des rêves enfouis, n'y ai trouvé que des échappatoires nécessaires, n'y ai touché que des berceaux...
Fleuves, rivières, sources, rias, ruisseaux, on ne se lasse pas de les suivre, d'en découvrir un sens qui soit à sa portée, qui n'écrase pas, ne défie pas, convient à l'âge et aux pensées secrètes, non sans surprises, non sans tourbillons, mais constamment accessible. Ah! la constance des fleuves : ils nous mènent toujours en des lieux d'humaine résidence et de rencontres. Ils tracent et modèlent depuis des millénaires. Je les aime, et retrouve avec le même bonheur leur parfum de roseaux et leurs cailloux dorés.
Voici le Doubs, noir de galets polis et de mousses ardentes, en fil, en nappes, ou...
En dessinant, en peignant, on ne restitue pas le réel, on l'invente. Je n'ai jamais eu d'intérêt, ou d'envie, à reproduire ce que je vois, tout en admirant les peintres qui savent s'inspirer, en s'en détachant, de la réalité Picasso (pour moi le plus grand génie inventif de tous les temps) disait encore : la peinture est un métier d'aveugle. Il ne peint pas ce qu'il voit mais ce qu'il ressent. Créer, c'est sortir pour un moment du monde, intérieur ou extérieur, amener une forme, une image, une formule intrusive qui fait exploser nos regards. Je voulais être artiste. Je ne voulais pas faire quelque...
Voici le lien de publication sur Calameo de mon voyage / randonnée/ photo ... dont le projet fut de remonter le fleuve Dordogne en mai 2021 https://fr.calameo.com/read/0068311961af608917dd9