toujours les mots s'échappent on veut les retrouver, parfois les attacher, cherchant un lien qui saurait refleurir l'arbre s'est arrêté, j'ai cru l'entendre dire : prends moi oui, c'est sûr, il voulait glisser à mon oreille une petite histoire que j'aurais bien cherché, il me l'a dit, les branches sont tenaces, ne lâchent rien, elles me pensent facile à berner, alors j'attends ! un nuage est passé, ou c'était peut-être une nuit, une vie, un silence, que je n'ai pas compris l'arbre se tait maintenant l'image ? que dira-t-elle que je ne sache déjà ? alors, bonsoir, tu peux rester couché, bien heureuse...
A la base, il s'agit de destruction, de guerre, de violence, d'anéantissement. D'où vient que la beauté surgisse d'un oiseau blanc qui plane sur des ruines ? Du béton effrité en couleurs de jeunesse qui n'a pas peur du vide ? D'où vient que l'on sache si peu de nous-mêmes qu'il faille toujours recommencer ? La base est un volcan de laves souterraines qu'il faut éterniser, pour être sûrs de ce qui nous attend. Demain ? Ou peut-être jamais... Si nous savons y regarder à deux fois. A cent fois. Jusqu'à l'éternité de rien.
Lorient, ancienne base des sous marins allemands, désormais espace libre et...
Lorient, Son nom, Fête 360 années de pierres et de frégates La ville, en ses rêves, remontait le vent Vers les épices et les soies, les indiennes Que la traversée finirait par alourdir en cales d'infortune Finirait par enfoncer au néant des hauts fonds Vers les embarcadères chargés D'hommes et de femmes Enchainés Toujours D'en haut Les découvertes, les observatoires Espéraient la richesse, beauté légère, étourdie de parfums. Ne s'y trouvait que la fortune rance des cales souillées La tour reste figée sur l'empreinte d'un monde oublié Disons : qu'elle voudrait oublier ? Elle dure, elle tient, dans...
dans un pli de la ville la forêt des bambous glisse sur le silence le temps s'élève droit, ne cache rien de ce qui pourrait advenir un seul bruissement fait frissonner ce monde qui ne m'appartient pas
parc botanique d'Hennebont
j'aimais cette expression qu'on entendait souvent on marche sur la tête mais, quand il n'y a même plus de tête, que faut-il faire c'était peu de le dire on allait voir ce qu'on allait voir j'ai perdu la boule (ah! je veux dire la tête) l'espace d'un matin il me restait des pieds, pour marcher, pour marcher et des mains pour écrire, pour crayonner sans rire et des jambes pour la danse des diables innocents pour savoir où je vais Et vous, vous le savez ?
Travail préparatoire et réalisation 2014
Par tous les temps, elles baillent elles se taisent, elles se murent, les fenêtres cousues qui encerclaient la peur et parfois le refuge qui se brisaient pour rien d'un enfant qui s'amuse, ou d'un homme en colère, mais elles ne diront rien tu peux en être sure elles tiennent au cadre qui les clos elles tiennent à leur maison, à leur vision, sans raison, bien au delà du vent qui s'égosille à parler d'ouverture la fenêtre est perdue quand elle n'abrite rien
fenêtres - Hennebont- printemps 2026
François Arago vivait de chiffres et d'étoiles. Il a parlé, pour le peuple, de révolutions qui ne concernaient pas que la mécanique céleste. Le boulevard qui porte son nom longe l'Observatoire de Paris et l’institut d’Astrophysique. On y trouve aussi la dernière vespasienne (autrement dit "pissotière") de la capitale. Les hauts murs sont accompagnés de ces misérables tentes bleues qui témoignent partout de la déliquescence et de la misère sans appel. Arago en eut probablement fait un flamboyant discours (comme durant la révolution de 1848) Et puis. Il y a le mur nord de la Santé, (vous ne trouvez...
Les bois et les serrures, la ferraille et la pierre sur la rouille verdie des ateliers brisés autrefois ils suaient, ils trimaient, parfois même ils chantaient la pluie reprend les droits, il n'y a plus de mains pour la matière d'un seul espoir. Mais, dites-moi, de quel droit parlait-on ? On ne saura pas lire la trace qui s'étouffe hors des vies cadencées la terre repousse au loin les villes qui coulent en douce dans le silence gris de l'autrefois ruiné
Ancienne usine, ou atelier - Hennebont
Une maison près d'une rivière, ou d'un fleuve, ainsi l'avais-je souvent rêvée, imaginée. Il faudrait marcher un peu, descendre la pente raide, franchir la passerelle, et puis saisir les variations du temps, du ciel et des saisons, sans rien perdre à l'infini. Remonter, redescendre le fleuve, sans sombrer, sans disparaitre. Poser son sac et attendre. Ou pas. L'ancienne maison C'est une maison, comme tant d'autres maisons où l'on vécut où l'on passa, légèrement parfois la maison d'une autre qui abrita des désirs des secrets des volontés puis elle changea puis elle disparaitra les maisons ça fait...
Ou : comment changer sa tête (et le reste) d'espace et de lieu ... La nuit qui n'existe pas S'accroche à la feuille Pour ne pas mourir ** Temps froid, gel sur l'étang.. Les jours rallongent, le chaleur renaitra, le temps espère. Attentifs à ce qui vient Soyons présents. ** Le pas des nuages Dans l'attente des lumières Aura-t-il assez de temps ? ** Le fleuve à l'origine Trace le sillon d'attente Qui ouvre mon futur ** Toute couleur a déserté Le transport brutal des eaux pleines. Attendre, encore un peu plus loin ? ** Du clair-obscur où la couleur n'a plus d'espace Quelle forme émergera de l'entre-deux...
J'ai sorti du contexte des phrases tirées de carnets, réels ou virtuels, notées depuis un an, et voilà cette année transitoire, où rien n'était bien droit. Au bois du Porzou... se méfier du rocher qui dort. * Tant qu'on se souvient d'eux, ils ne disparaissent pas, ceux qui nous ont appris à vivre... * Il est réconfortant de constater que, parfois, la vertu peut survivre à l'exercice du pouvoir * On attend le feu d'artifice, et la Révolution. C'est bien le 14 juillet, non ? * Sorcières de tous les pays, unissez-vous ! * Sans l'oppression des ouvriers obscurs, il n'y aurait eu ni chefs d'œuvre, ni...
Beaucoup des articles publiés sur ce blog depuis presque 20 ans ont parlé de voyage, de départ, de retour, d'ailleurs. Comment nommer l'interruption de mes publications durant un an, due à un changement de perspectives imminent qui donnait envie d'être ailleurs, précisément, et de ne pas le dire, mais de le faire. Puis cette timide reprise, après un déménagement, et un emménagement, et quelques brèves histoires de 2025, si ce n'est que continuer à vivre est en soi une aventure, et que le silence fut sans doute nécessaire à celle qui s'y obligeait. Une sorte de rupture, de parenthèse, comme elles...
Comme empierrés au cœur d’invincibles forteresses, nous voici donc bardés de certitudes, assaillis d’ogres guerriers, mâchés de dents serrées à la surface des ombres. Nous croyons, nous savons, nous affirmons. Ainsi nous oublions que l’art de l’absolue vérité n’est pas un Absolu, n’est pas une Vérité. Encore moins un Art. C’est qu’il nous faut vaciller, tâtonner dans les différences, explorer le tremblement qui se fout pas mal de nos assurances, et réinventer à chaque seconde ce qui n’existe pas encore. Ce qui enchante le tout, et le contraire de tout. Parce qu’on utilise l’humble matière, les...
Paisibles ils sont assis sur le bord de l'étang Le feu ne brûle pas, la fumée ne cache pas de ruines L'explosion ne provoque aucune terreur Ils sourient à leur liberté tranquille Ensemble Ils repartiront sans mal, se tenant par la main La guerre ne les concerne pas C'est ailleurs C'est trop loin De nous
14 juillet / étang de Rosporden
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Sortie ce matin premier avril à six heures. Visite à pied de la petite ville sur des ponts branlants, dans des quartiers où les grands hôtels côtoient des chemins de cabanes Près du temple les femmes attendent le passage des bonzes pour leur offrir des nourritures terrestres, le soleil se lève, il fait doux. Je m'assieds sur une pierre pour les regarder. Dans l'autre rue des fillettes vont à l'école en vélo. Entre les moinillons et les écolières quel destin choisir pour être heureux ici ? Qui choisit ? Les parents, l'état communiste, ou la puissance religieuse...