le temps et le moment s'éloignent, mais au bord de cette exigence hivernale je retiens un sourire, quelques images et le partage d'une douceur où je me perds l'éloignement n'est pas seulement géographique, il est bardé de mots qu'on n'entend pas qu'on ne veut pas entendre, ou qu'on ne sait pas déchiffrer, parce qu'ils nous transpercent de leur étrangeté les photos ne parleront pas à celui qui se bouche les oreilles, les sens grands ouverts suffiront ils à palper l'horizon ? c'est toujours trop loin, toujours là bas, et puis ça ne fait rien puisque je n'y suis pas (images Togo2012) et enfin, voici...
Voilà. C'est comme lorsqu'on voyage, qu'on est déjà parti, pas encore arrivé. Entre deux fêtes, ou deux années. Entre deux têtes quand on sait plus où la donner. C'est un avion, ou un bus qui s'éloigne, on est dedans, ou pas du tout. On aimerait disparaitre simplement, ou revenir maintenant, ou repartir, un jour. Il n'y a que la brume qui passe le temps. Plus d'heures et de dates, plus que la route. Ou les nuages. Oui, C'est un peu comme ça. La fin d'une année, avec la fièvre qui s'éternise. On fait la même cuisine depuis des jours, on n'a plus faim, plus envie de manger. On veut des entremets...
C'était il y a tout juste un mois. Un ami de Kara sud me dit que des bénévoles d'une association qui gèrent un centre d'apprentissage souhaitent me rencontrer et me faire visiter le site. Sur le coup j'avoue, j'ai très envie de dire non, je sais qu'ils me demanderont, probablement, une aide, que je serai obligée de leur refuser. Je me sens, comme parfois, soumise à trop de demandes, de nécessités impérieuses, confrontée à trop de misère, sollicitée par trop de gens qui croient que le fait d'être français ouvre les vannes d'une inépuisable corne d'abondance. J'en ai déjà parlé, ce dont certains...
Il s'appelle Kofi, il a 17 ans, il vit à Kara sud dans un petit bout de ville entouré de savane et de champs qui ressemble à un village. A l'ouest: la rivière, à l'est la station routière, et la grande route qui traverse le Togo du Nord au Sud. Le paysage est planté mais c'est de la vie de Kofi dont je voudrais parler... Il n'a pas la dégaine pitoyable des enfants de la guerre qui vivent dans les camps, il n'a pas l'air de vous aborder avec le poids de la misère écrit sur son visage. Il vit comme des millions d'adolescents de tous les pays dont la voie de développement est une voie de garage, dignement...
Cette fois, pas d'anecdotique, juste un peu d'info au sujet des actions menées par l'association AïXOS pour son partenaire de Kara, l'ONG ODPE, qui gère un des nombreux orphelinats de la Ville, sans quasiment aucune aide publique. Comme a lieu ce Weekend le marché de Noël organisé par AïXOS au profit de cet orphelinat, je dépose ici les éléments qui seront mis à la disposition du public à l'occasion de cette manifestation. Le soutien d'Aïxos à l'ONG - ODPE , orphelinat de KARA TOMDE L’Organisation pour le Développement par la promotion de l’Enfance (ODPE) est une Organisation non gouvernementale...
J'aimerais invoquer ici un des sens premiers du mot "transport" qui selon le dictionnaire des synonymes invite à des significations telles que : " ardeur, déchaînement, délire, élan, emportement, enivrement, enthousiasme, exaltation, excitation, exclamation, extase, ivresse, ravissement " Il y a tout cela dans les transports en commun lorsque je retrouve la chaude ambiance togolaise. Ce mélange d'incertitude absolue, d'espérance, parfois contre toute attente (surtout si elle dure assez longtemps), cette communion du danger, cette vivacité des échanges et bien d'autres choses encore qui rendent...
Tout d'abord il y a la chaleur, qu'on n'imaginait plus ... mais à la sortie de l'avion le tarmac est un gros uterus à 37° pile qui vous emmitoufle de moiteur collante. Je me rappelle chaque fois ma première arrivée ici, ma première conquête africaine, en 2001, que j'oublie toujours et qui revient en force à chaque atterrissage. Puis, on se dirige vers la salle d'arrivée, ses contrôles administratifs qu'on aborde avec la certitude de celui qui vient du "beau monde". Mal me prend de cette assurance, il parait que ma vaccination fièvre jaune, la seule obligatoire, est périmée. Voici donc la deuxième...
pour ceux qui ne vivent pas en Bretagne, petite précision à propos du mot "glaz" que j'ai employé dans ma précédente chronique je ne parle pas le breton, mais cette particularité ne m'a pas échappée à propos du nom de couleur "bleu" qui désigne aussi le "vert" de la nature (de la mer aux algues, des feuilles aux ardoises) et parfois aussi le gris ... en un mot les nuances majoritaires de la mer en Bretagne qui n'est jamais la même selon les jours et les heures. ( il parait d'ailleurs que le Grecs , qui vivaient pourtant auprès d'un bleu méditerranéen quasi constant n'avaient pas de mots pour traduire...
Marcher à l'envers, marcher sur la tête, marcher en crabe ou à l'aveugle. Toutes les marches nous emmènent quelque part, puisque le temps ne s'arrête, ni le mouvement. Pourtant il arrive au hasard des chemins durs à gravir, ou dévalés à pieds joyeux, qu'on finisse bien par s'égarer, non sur le sens ou sur l'orientation, sur la carte ou le plan, mais sur le but que l'on poursuit et que le paysage nous renvoie de manière parfois majestueuse, parfois secrète, mais toujours interrogative. Car nulle part on ne rencontre un paysage, semblât-il le plus sauvage, le plus lointain, qui n'ait été façonné...
De Stéphane Robelin , vu ce film :"et si on vivait tous ensemble". Au delà du propos, sympa, envie de parler de ma vieillesse à moi. Un mot qui n'est plus trop à la mode, on dit seniors, comme la carte, ou encore "ainés" ou troisième âge , ou je ne sais quoi. Moi j'aime bien dire "vieux, vieille", car quoique vous, nous, fassions pour faire semblant, de ne pas l'être, vieux, le calendrier ne ment pas... ET ON S'EN FOUT ! Je n'ai pas aimé passer la barrière des 60 ans, j'avoue que ça m'a même franchement déprimée, mais, au final, de ce coté de la barrière on est exactement la même qu'avant, et autant...
Il ne faut pas chercher à ces quelques réflexions la moindre justification scientifique, il est probable que je me trompe sur les âges du magdalénien, solutréen et autre moustérien, et que je confonde les dates du mésolithique avec le paléolithique inférieur. Tant pis ! Je ne suis pas une encyclopédie et d'ailleurs, au fur et à mesure des découvertes, la date, la durée, la recherche et la profondeur des excavations d'où l'on extrait le succédané de notre lointain passé, changent les faits en permanence. Le principal est de savoir que ça existe. D'abord. Faire la nique aux créationnistes (ceux qui...
Retour en Bretagne après une semaine passée dans la vallée de la Vézère, un des berceaux de l'humanité comme dit la pub, territoire de chaleur douce, de vallées aimables, de grottes ornées, d'architectures opulentes et nourricières, de fleuves alanguis qui font les paresseux. Si je pensais en partant il y a huit jours, ou me détourner, ou m'enfuir, ou me perdre, il est plus sûr encore que je suis retournée vers quelque chose de moi qui s'abandonne en ces lieux que j'ignore et reconnais toujours, dans le même temps; dont j'ai été gavée, où j'ai été vraisemblablement conçue, et inscrite dans ce paysage...
du départ, se départir de quelque sorte, dont il ne reste rien et pas moi, mais pas moi virer de bord, tourner le dos, attendre que revienne le goût du plus loin que j'imagine, ce grand départ aux saveurs de coco, qui va vers il ne sait pas où les habits, les orages, les manches toutes retournées et quelquefois l'on sait, et quelquefois pas, où l'on voudrait aller mais au milieu du fleuve, Michel Serres dans le "tiers instruit" parle de ce moment où l'aller est moins grand à exécuter que le retour alors ... on exécute, à petits feux, on installe, on y flotte, mais à peine installé, voici la fin...
Création théâtrale en plein air du texte de B.M Koltès "Quai Ouest" par le théâtre de l'Eclair. Ville Close Concarneau juillet 2012 Je joue le rôle de Cécile et je fais la mise en scène.
Pour un ami poète, Gil Refloch, véritable connaisseur et amoureux des surréalistes, qui vient de mourir à Brest, cette épitaphe, que j'avais écrite pour lui, il y a vingt ans peut être, lors de nos exercices "Quimper-et-poétique" à la manière de ... Philippe Soupault (qui écrivit donc, dans un recueil, des épitaphes fictives pour tous ses amis surréalistes de l'époque) Et pour Olivier, un de ses bons copains (et un des miens) qui vit un triste temps ! Ci-Gil Floc et re-floc et ploc et ploc et ploc quand la pluie s'est arrêtée, tu es mort maintenant on ne sait plus très bien, ni le haut, ni le bas,...