je faisais, il y a peu, l'éloge d'une insolence aussi nécessaire que combattive, dans un espace où nous ne saurions plier sans nous vendre, ou nous rendre les mots insolence et impertinence se trouvent donc souvent réunis dans une proche signification qui les assimilent à l'arrogance. Le caractère de ce qui est im-pertinent, donc non-pertinent échappe, pour moi à cette logique établie par les grands littérateurs pour les petits élèves de la classe populaire. est "non pertinent" ce qui n'est pas en cohérence avec son objet, en adéquation avec le sens, le moment, le contexte, ou, précisément la logique...
comme si les mots finissaient toujours par rattraper le réel on a beau les cacher sous l'emphase ou la torsion du sens, ou l'imprécision des vérités affleurant et tout particulièrement dans ce face à face télépathique avec le vide d'un écran - aussi plat qu'une idée morte - toujours avoir peur de trahir à la fois vouloir ne pas mentir et, dans le même temps, ne pas dévoiler toujours se garder de la simplicité qui nomme et dénoue les méandres mais plutôt sentir les mots comme un tricot, comme un tissage, qui recouvrent les quelques pauvres choses qui vous révèlent, croyez vous, en nue propriété...
Le post d'hier se termine par une sorte d'injonction colérique à aimer le bonheur. Un peu court, j'en ai conscience ! Qui que ce soit qui lise ces lignes (ah! le beau temps - dans les 50 dernières années au moins - où j'avais mes fidèles correspondants épistolaires ... écrire sur ce blog me donne l'impression de parler à quelqu'un, à quelques uns, évanouis depuis longtemps sans doute, qui acceptaient de recevoir mes proses égarées. Fin de la parenthèse), je veux lui dire qu'à mon sens il n'y a pas d'antagonisme à parler de la mort au chevet du bonheur. Ou le contraire. Pas question du bonheur niais...
En ce moment même, comme toujours - mais s'en apercevait-on de façon si incisive avec la belle insolence d'être jeune - des amis disparaissent. Je veux dire qu'ils meurent. Comme nous tous. Comme moi. Avec plus ou moins d'évidence Etre au seuil d'une disparition, pourtant, ne veut rien dire de particulier, puisque la mort seule est juste. Et pourtant fausse. N'est rien. Qu'une fin de vivre. Plus ou consentie, plus ou moins atroce, plus ou moins clémente. L'existence, seule, est vérité, quoiqu'on ne la perçoive qu'à travers un brouillard. C'est d'exister qui n'est pas juste au fond. Bien que nous...
c'est un mot qui revient sans qu'on sache de quelles éraflures d'enfance dont le respect du prétendu supérieur égratignait nos pensées, nos trépignements un petit mot joyeux qui faisait exister le moi et sa cohorte de silence, un mot jaune comme un rire contraint qui justifiait la mise en coin de la punie et du verbe moqueur un regard effronté qui tenait haute la dragée quand il fallait baisser devant le rien du tout des amertumes j'ai gardé ce mot en réserve pour des temps où chacun continue, ça et là, à se faire regarder de haut, à se faire envoyer aux fraises, à se faire mettre à genoux par...
je ne parle ni d'utilité commerciale, ni de tourisme à consonance historique, ni d'architecture, ni de rencontres à faire parler. je veux dire la solitude impérieuse du marcheur rythmée par la seule nécessité des méandres de pieds enlacés aux méandres de pensée. cette appréhension retenue et féconde d'un arpentage décidé quoiqu'aléatoire. dans les villes et nulle part ailleurs. j'aimais ces écrits de Georges Perec qui notifiaient l'urgence patiente de cette découverte en mouvement: celle des hommes, celle des lieux, celle des faits divers, des vitrines, des collages, des cours, des portes cochères,...
un mois particulier pour moi : temps de beauté indéniable, de dissociation gémellique, d'anniversaires plus ou moins acceptables. J'ai toujours été accrochée par ce mois si partisan. Moi seule le sait. trois haïkus qui sortent de l'hiver ou pas ? la fleur jetée comme un moineau sur le béton tremblant de soleil l'hiver a laissé sur les os trempés d'orages nos regrets mouillés du bleu ou du blanc engendrés par la lumière qui l'emportera ?
Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 Dans une précédente rubrique sur ce périple ukrainien, je me posais la question (un rien provoc!): comment entrer en contact avec les gens? Le fait est que j'ai eu parfois un sentiment de vide écrasant sur certains espaces architecturaux qui semblaient ne pas respirer au rythme de la vie quotidienne... Et puis, je n'aime pas trop photographier quelqu'un sans son consentement, ce qui devient vite très problématique quand la communication est empêchée par les barrières de langue, ou d'habitudes de vies... Tout de même... nous étions en voyage pour...
Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 Bakhtchissaraï, gros village des Tatars de Crimée, magnifiquement mis en valeur. C'est une histoire tumultueuse que celle de ce peuple ukrainien turcophone, dans le récit de laquelle je ne me lancerai pas ici . Il faut seulement savoir que Les Tatars constituent une population originaire d'Asie centrale qui vivait en Crimée sous le régime d'un "khanat" . Ils sont de religion musulmane. Ils ont été déportés massivement après la dernière guerre mondiale. Aujourd'hui ils tentent de faire revivre l'originalité de leur culture notamment à travers la...
Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 On l'appelle la petite Jérusalem. Dans la vieille ville, peut être désertée à cause du samedi (shabbat), les synagogues des juifs Karaïtes voisinent avec les mosquées, non loin d'églises diverses que je n'ai pas toujours su identifier. Les talons de quelques adolescentes claquent sur des pavés disjoints entre sons de cloches et appels du muezzin, tandis que le printemps s'invite au delà de chaque mur. C'est joli. Le temps est doux. Et si paisible. Mais plus loin encore, sur l'autre bord de Yevpatoria, l'animation prévisible d'un jour chômé ne laisse...
Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 Voyage au long cours par voie terrestre de Bretagne à Paris, puis de Paris à Kiev en Ukraine et enfin de Kiev à Simferopol en Crimée, pour aller chanter le Canto general de Theodorakis à Yalta et Sebastopol, avec un chœur de Quimper Train, bus , train bus ... en tout pas loin de 80 heures à rester pliée dans des conditions plus ou moins confortables, mais en jouissant de ce nulle part vers quoi l'on tarde à arriver. Le meilleur du voyage ( à recommander) le train ukrainien en 2è ou 3è classe, entre Kiev et Simferopol (et retour): vieillot mais...
un plombier gratte les murs de la salle de bains. car, oui, le matin, un peu de trivialité ne nuit pas. sous les carrelages d'au moins 17 ans d'âge (plus long temps pour moi que tout autre dans une même maison ... au secours !), le fringant bazar à peu près cohérent et visible fait place à un estran de moisissures et de gravures paléolithiques. Le millefeuille de la bienséance se lézarde et laisse apparaitre ce qui dormait dans nos murs, dans nos têtes blasées, des couches inavouées dont personne ne veut se rappeler. jusque dans ce cagibi, le mensonge de la surface nous saute à la figure et provoque,...
La médiathèque de Quimper a organisé depuis trois mois un grand forum appelé "odyssée des mots" qui se termine ce weekend, sur le thème du NON A L'INDIFFERENCE, Quoiqu'il soit, de toute évidence, vital de savoir dire NON à bien des tendances choquantes et actes inacceptables dans nos sociétés; j'ai eu envie de retourner le NON à l'indifférence en OUI à la différence, qui veut dire à peu près la même chose, mais qui comporte, à mon sens, plus d'élan que de repli, plus d'engagement que de peur, plus "d'aller vers" que de "j'y suis j'y reste". voilà donc ce "différenc'slam" SI TU DIS NON À L’INDIFFÉRENCE...
à la mémoire de Philippe, ami, marin pêcheur, engagé ... tu as quitté le port, camarade, comme un arbre tombé que le fleuve rend à la mer avec toi, nous avons traversé un monde ouvert sur le grand large avec toi, nous avons partagé de grandes exigences et de grands rires face aux arrogances, aux bassesses, aux tiédeurs tu convoquais des soleils noirs et la marée des poings levés avec un coeur trop vaste que l'injustice étreint avec un coeur bouillant que le temps brise en gerbes amères les lumières du port, une à une, s'éteignent avec des larmes pour tous ceux que tu aimes, pour tous ceux que tu...
certaines nuits, certains rêves livrent un cavalier de mot qui laisse le jour traversé de sabots ne sachant vers quoi il galope, et galope prendre la bonne échappée vibrant d'une essence marine et le trouver c'est tout "ENVERGURE" - 28 janvier - trace ou signe d'évidence un mot de cambrure et de sel pour qui ne sait pas dire la mer je l'enfourche et lui donne la largeur de mon pouce ou l'ampleur de mes songes et m'enroule dans les fibres des voiles déployées et du réveil matin attendant le prochain