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NADA Mémoire vive de mes voyages, poèmes, œuvres, idées. Partages de hasard pour un art engagé.

chroniques

Laos - Vientiane

dominique dieterlé
Laos  - Vientiane
Laos - Vientiane

Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 observer les fourmis dans l'espace mortuaire du temple rester au bord de l'étang où trois nénuphars attendent leur épanouissement s'adosser à un tronc entre la route et les cigales s’arrêter boire une bière fraîche en compagnie d'un petit chat Lao grimper un escalier secret, vers le tambour d'un temple secret regarder les pêcheurs ramasser leurs filets et les adolescents nager dans le Mékong s’arrêter encore avoir chaud, très chaud, craindre le soleil espaces sans repos cymbales habitant les troncs Cigales Cigales et puis rentrer chez moi

Vietnam - Hanoï

dominique dieterlé
Vietnam - Hanoï
Vietnam - Hanoï

Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Il fallait ne rien penser, il fallait le moment présent, les pieds, le corps, dans la ville. La photographie s'écartait de la rumeur. L'image gardée sur l'écran ne comptait plus, seulement celle qu'on tenait dans son regard, celle qu'on avait vraiment vue ... qu'on partagera avec les mots ? Se taire d'abord dans le vacarme des moteurs, et d'autres mots incompris. Et pas d'autres envies : voir, sentir, le reste est ineffable intransmissible, le temps défile et l'on est dans le film, dans l'image, le son, l'odeur, rien ne se compte Un instant on s'arrête pour...

En route

dominique dieterlé
En route
En route

Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 J'étais déjà partie, comme toujours, mon corps prenait la tangente, le vent n'avait plus d'odeur, la nuit se taisait jusqu'à l'abîme d'un sol mouvant qui n'était pas encore connu. Le temps brûlait et s'étirait sans que je m'impatiente. La chaleur serait bonne à boire, il suffirait de le vouloir. Un avion m'attend qui va lacérer le silence. L'entre-deux ne pèse pas : il faut de la durée pour s'en aller. Quand le temps est trop court, l'allonger de perspectives accroît le réservoir de mes attentes. Doucement, doucement il vient à moi, il m'ouvre la porte et me...

Alarmée

dominique dieterlé
Alarmée
Alarmée

Que disait-on des larmes autrefois ? Qu'elles lavaient le silence et faisaient mûrir les fruits du temps Qu'elles dormaient sous les oreillers pour lessiver nos cauchemars Qu'elles tombaient d'un ciel profond qui n'oublierait pas de combler nos espérances Et puis On ne pleure plus, on laisse la pluie fracturer les nuages Refléter la douleur de l'espace qui s'abîme au fond des eaux et s'obstine à nous revenir en sèche amertume Car la douleur ne sert plus à rien Les larmes sont absences Seule la colère subsiste quand la terre ne rêve plus

Aragne

dominique dieterlé
Aragne
Aragne

vous n'aviez peur de rien ni des morts qui glissaient dans les failles de l'histoire ni des feux dévastant la conscience ni des abimes où la haine s'ouvre un chenal de perdition mais c'est mon ventre doré, et mon armure légère c'est mon corps de feuillage et mes fils de nuages qui sèment la terreur dans vos yeux inversés je vous en prie, dormez ma toile est innocente de tout ce que les mots vous ont fait oublier

Gares à nous

dominique dieterlé
Gares à nous
Gares à nous

lenteur étale où chacun se replie sans jamais rencontrer un envol de pétales défait une à une les fleurs raccordées en tapis d'illusions la gare ferme ses yeux de chat sur le ronronnement des vies en partance elle envoie ses messages de fer au comble de nos désirs arrêtés qui attendent un signal et qui ne changent rien gare parisienne

rou(t)e libre

dominique dieterlé
rou(t)e libre
rou(t)e libre

Lors de l'occupation de la voie express à Quimper, des dizaines de bras tapaient en cadence sur les glissières, et ne disaient rien d'autre à cet instant que l'accord absolu d'un rythme spontané : triomphe de la musique sur la bêtise ! l'espace d'un moment la route redevient savane, redevient chant le rituel monte à la face du mépris, à la face de ce qui, là-haut, ne nous aime pas le plus petit commun, multiple cœur, n'en finit pas de battre le temps n'existe plus, pour un quart d'heure d'éternité, la voie est libre, on y marche dans l'air saturé, et l'on respire quand même des vieux des jeunes,...

On dirait Noël ?

dominique dieterlé
On dirait Noël ?
On dirait Noël ?

Ça sent le pain d'épices, ça brille un peu dehors. Mais ... On se sent partagé, pas seulement avec les absents, mais partagé en mille morceaux. En mille petites lumières dont certaines s'éteignent peu à peu. En mille mots qui ne franchissent pas les lèvres, parce que ... En mille vagues chahutées des noirceurs tout autour. En mille et en millions qu'on voudrait bien croire frères, et qui ne savent pas ... En mille matins qui reviendront quand même. En mille bonsoirs qui cherchent la musique. Je ne crois rien. Je n'attends rien. Je parle au soir tombant Et je vous l'espère doux comme ce parfum de...

Ernest Pignon Ernestchr

dominique dieterlé
Ernest Pignon Ernestchr
Ernest Pignon Ernestchr

Dessin poème : l'art de s'engager Noirceur de pierre à la lumière des hommes Beauté frémissante qu'on arrache à la mort, qu'on attache à la ville Merci à ce sublime artiste exposition Landerneau - Fond Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture

Visions contrastées

dominique dieterlé
Visions contrastées
Visions contrastées

Europe du nord Mai 2022 Ce qui se rencontre, et ce qui se raconte. ce qui étonne, et ce qui interroge ce qui est là, et ce qui se devine l'image, l'histoire, la confrontation, La question des mondes incertains que les villes déplient sur leurs carapaces d'artifices la beauté de l'inattendu Brême - 1er Mai, juste un peu de rouge Berlin - tout est possible ? Hambourg - palmiers en plastique, grues, statue de Bismarck Utrecht - le mélange des genres (cathédrale, canal) - Prague - jardin du Sénat Hambourg - Auberge de jeunesse dans le quartier Sankt Pauli Rotterdam - sur les quais, oiseaux de fer,...

Berlin

dominique dieterlé
Berlin
Berlin

Europe du nord Mai 2022 Partir le matin vers "Unter den Linden" (sous les tilleuls), avenue emblématique de Berlin pour passer "à l'Ouest" par la porte de Brandebourg. Succession de bâtiments démesurés, ministères, musées, opéras, universités, déposés là par les strates successives de la ville re- re-re construite au fil des orages du XXème siècle. Se faire la réflexion que si l'on a transformé un immeuble grisâtre de Berlin-Est en un hôtel (le mien) tout aussi grisâtre mais évidemment plus confortable, si l'on a rebâti des palais sur des palais, des églises sur des églises, pour préserver l'histoire...

Out of Africa...

dominique dieterlé
Out of Africa...
Out of Africa...

ils sont là, ils dansent le rythme et la voix du griot emportent la tiédeur tout bouge mes pieds à moi : immobiles mon corps : figé ce qui bouge est en-dedans montée de voix aériennes, couches empesées de silences qui craquent et s’élèvent feuilles à feuilles, et tourbillonnent au-dessus des scènes de lumière, des sons amplifiés, des gestes et de la joie là-bas, mes villages n’étaient que flutes acides, tambours minuscules, maigres chants de savane oubliée la musique était pour la liberté, la danse pour un bol de maïs, si petites malgré tout la poussière rouge tombe sur la paupière, et lève un...

En attendant la Paix ...

dominique dieterlé
En attendant la Paix ...
En attendant la Paix ...

En pensée avec tous les enfants de partout écrasés sous les bombes La guerre ça fait mal, la guerre ça tue. L'engagement des artistes peut sembler dérisoire. Leur expression ne console pas de tout, mais elle laisse un espace disponible pour une autre vision de monde, où la musique remplacerait le bruit des canons, où la douleur s'exprimerait sur les murs et les toiles, où la danse, le théâtre, représenteraient de façon symbolique les batailles inutiles de l'humain en proie à ses démons. On peut être un immense artiste, ou un faiseur médiocre : pendant ce temps on ne tue pas, on ne conquiert pas,...

dimanche à la campagne

dominique dieterlé
dimanche à la campagne
dimanche à la campagne

la masure ruinée qui nous cadre n'est pas une masure c'est la grange qui abrite nos vacances ça n'empêche pas l'élégance - dit ma mère - qui nous gante et chapeaute de frais pour le dimanche à l'église du village, puis le repas à "l’hôtel du cheval blanc" c'est le mois d'août 1955, il ressemble à ceux qui ont précédé, et croyons-nous, à tous ceux qui suivront les maisons s'écroulent, disparaissent, comme toutes les maisons, comme le temps qui reste inscrit dans les images glacées dont on ne sait rien lire juste fermer les yeux, juste l'odeur d'herbe sèche, la paille des matelas, la flamme vacillante...

puissantes ?

dominique dieterlé
puissantes ?
puissantes ?

Le terme, désormais galvaudé, de "femme puissante" se décline à l'infini pour apporter sa couleur, prétendument positive, au féminisme ambiant (celui des médias, des livres, des "salons" ?) Ce rapprochement de mots, pas innocent du tout, témoigne-t-il de ce que nous, femmes du quotidien, espérons de nos vies, de la vie, de l'avenir ? Car moi je ne veux pas de cette virilité écrasante, en peinture sur ma féminité, fût-elle un mot. Je ne veux pas la puissance et la gloire, je veux l'égalité Je ne veux pas le pouvoir, ni la domination, je veux la liberté Puissance et impuissance ne sont pas mon registre,...

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