Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Vital pour l'un, éblouissant pour l'autre, le marché conjugue la nécessité du sédentaire et le hasard du voyageur. Arrimée aux couleurs brassées de formes et d'odeurs, que l'on ne sait nommer, toute parole est emportée dans le ruisseau des rires, des marchandages et des cris incertains, où le passant n'osera donner de sa voix. Tourbillon sur des chemins d'images parfois remontés jusqu'au costumes des femmes, jusqu'au désir des fruits, jusqu'aux chairs pantelantes qui écrivent un roman du monde, le marché étourdit autant qu'il ravive la vérité du territoire,...
tout nettoyer, faire le ménage prendre le temps d'ouvrir les cages et traverser de poussières en poussières l'espace en compagnie d'un essaim de sorcières puis balayer devant sa porte les lettres vives, les lettres mortes vent debout face au temps qui s'emporte
... pour l'anniversaire de mes 70 ans , revenus depuis l'Equateur
Avis de recherche Le désir d'Art explore tout d'abord la découverte, l'expérience, le cheminement. Il n'a pas pas la rigueur mathématique de la recherche en sciences dures. mais il soumet la création à un chemin, à des chemins, puis un réseau, puis une étendue ou une construction charpentée. A chaque moment on peut jouer, de la couleur ou du geste, de la matière ou de la tonalité. Et chaque fois qu'on choisit, on élimine ce qui aurait pu être, mais on n'efface pas ce qui a été. On s'aventure en suivant une idée qui, pourtant, ne va parfois nulle part. C'est ce "nulle part", pour certains, pour...
J'avais écrit un slam pour la Paix en mai 2011. Comme on n'a plus grand chose à espérer, en particulier avec l'accroissement sans précédent des dépenses militaires dans le monde, le développement ultime de l'arsenal atomique, sans compter le volume des ventes d'armes par notre pays, j'en publie une version réactualisée, sans illusion, mais juste parce que de nombreux problèmes économiques, écologiques et autres seraient résolus si les dépenses militaires étaient affectées à des priorités vraiment nécessaires pour le bien de l'humanité. Qu'attendons nous ?
manifestation pacifiste en Bretagne avec...
Il n'y a rien (Nada) entre le monde et moi. On prend ça comme on veut. Pas de limite ? pas de différence ? ou bien l'écart de l'incompris, l'étrangeté grinçante, la sidération de l'absence ? Les mots viennent. On ne pense pas, on n'imagine pas. C'est la surface d'un miroir qui est, ou n'est pas, profonde. Qui est, ou n'est pas, réelle. Entre moi et le monde, c'est sans histoire, pourtant. Un chemin de traverse. Trois petits tours et puis s'en va. Où ça ? ne sait pas. Ailleurs. Ici. Quelle importance. Identité, variété, similitude, contrariété. Rien à comprendre. Je reste là, mais qui ? posée au...
Ce fut déjà le titre d'une expo réalisée en 2016 : Assembler. Assemblages. Coller et réunir. Loin de l'idée de l'hétérogénéité, travailler à l'unité. Un jour, qui sait, à l'absolu de l'unité, retrouvée en un seul temps, en un seul lieu. Totalité de l'art de la vie, de la production juste avant le big bang. Un petit big bang comme un pétard mouillé, dont on a été le passeur. Quand même. Un seul moment où ça va coller, celui peut être du dernier souffle, ou de la dernière œuvre (on appelle ça une œuvre, mais oui, sans honte, ce qu'on fabrique, n'est ce pas ...). Construire d'abord par accumulation,...
Ça se passe au Togo, précisément dans la petite ville de Bafilo. Nous sommes groupés sous l'appatam* en compagnie du chef de village , et de son conseil. Nous, c'est à dire quelques amis Kotokolis de Kara, et trois blancs qui venons demander au chef l'autorisation d'accéder à la cascade d'eau potable qui se trouve à quelque distance. Un des jeunes, resté dans le taxi, surgit de façon impromptue au milieu de l'échange de salutations et de politesses qui préside à ce type de rencontre. Il vient de lire sur son smartphone (oui en Afrique, presque tout le monde a un téléphone connecté !) qu'un attentat...
"C'est un trou de verdure où chante une rivière..." Nous avons tous en mémoire "le dormeur du Val" , qui témoigne des horreurs de 1870. La forêt ardennaise, à proximité immédiate des terrains d'opération des 3 dernières grandes guerres, est habitée des souvenirs, des massacres et des charniers de "braves gens" (suivant la citation inepte de Guillaume II en 1870). Quand on se balade en ces lieux, on marche sur des cadavres, même si on veut l'oublier. Dans ce trou de verdure paisiblement photographié entre Sedan et la frontière belge, les nazis avaient installé des bunkers dans d'innocentes maisons...
biographies de toile Écrire une vie comme seule matière connue, non qu'elle soit plus belle, non qu'elle soit plus pleine et plus digne, mais elle est là, ou peu s'en faut Brasser cette matière là, pour en pétrir une autre, mieux assujettie au travail de l'esprit. Ne pas se remplir de phrases qui tournent en manèges, mais, sur la toile, vivre un autre langage, qui tient, qui lie, qui commande au passage, qui ne veut rien lâcher. Et moi là, aussi, je m'y tiens, en débris, en nœuds, en piqûres, en lambeaux. Je m'y tiens comme à la corde, le pendu. Je pique là où tout semble lisse. Jeu sans raison,...
Un grave accident de voiture fin mars m'a menée un mois à l'hôpital... qu'en reste-t-il ? Accident : l'accident vient du dehors. Il nous concerne à peine: qui pouvait l'empêcher ? Ce qui arrive n'est pas de moi. On me l'a jeté à la tête. Mais. Lorsque c'est le corps qui, lui même, crée sa défaillance, son infortune, on ne cesse de remâcher cet arrêt du destin où l'on s'est fourvoyé. Seul. Je pouvais l'éviter. Pourtant je n'ai rien vu venir... Ou bien c'est ce même corps qui s'est mis en grève de ma conscience? va savoir ! Chance : il n'y a rien au dessus, autour et en dessous. Il y a la vie. Ou...
à ceux qui ont franchi le pas vers le monde inversé s'étonnant des rochers où brillent des yeux morts et voulant retenir les étraves et les routes d'écume qu'ils mâchent en silence et sachant, déjà, que les tombes y seront perdues sauf si nous osions encore une fois écrire leurs noms de poussière remontés des hauts fonds. je demande seulement : en avons nous le droit ? Est-ce que les mots donnent quitus à la cruauté des falaises ? Ces traits, ces bourrelets d'encre échappés des ressacs que diront-ils des bancs de sable où leur espoir s'abime ? Je voulais que ma douleur fut tienne elle ne peut pas....
souvenir du gel le camélia vient au jour tout froissé de pluie
éclosion de fleurs douceur grise de midi le vent est tombé
un temps de jonquille un parfum d'herbe coupée le jour s'illumine ah! mon camélia constellé de bouches roses chanson de printemps j'ai vu ses couleurs enlacer le bleu de mars devant ma fenêtre
matière Souvent, je pense à tous les tableaux que je ne fais pas, aux livres que je chapitre en vain au long de nuits fiévreuses, aux scènes illuminées des théâtres du songe. Souvent, je vois, j'entends, je lis ce que d'autres ont mis au monde et qui me ressemble, m'illumine, me réjouit, me décourage et m'illumine encore, croyant être à mon tour, moi aussi, un peu de cet être là, définitif, accompli, me débattant avec mon cerveau qui se brouille jusqu'à empâter mon regard. Il faudrait s'imaginer alors que l'Art est en soi comme une maladie chronique, un ADN caché, un marqueur invisible qui n'a...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 Où l'on arrive, d'où l'on repart, la gare est espace protecteur, quasi maternel, en même temps que point aiguisé d'une toile où le voyageur glisse hardiment de fil en fil, au réseau de laquelle il accroche ses espoirs, sa curiosité et ses rêves de frontière. Qu'il espère bien trancher, dépasser. Ou ignorer. La gare n'est pas la parenthèse du voyage entre deux villes. Au contraire, le voyage se constitue de gares en gares face à la possible vacuité de la ville. On sait lire le quai, l'attente et déchiffrer les heures. Le voyageur a le temps pour lui. Le monde...