J'ai toujours aimé l'automne des villes, cette complémentarité du naturel et de l'artifice, des rousseurs humides et du bleu verre "Je voulais contempler ma ville d’un œil moins usé. Avec les mots de Georges Perec, qui appartiennent à tous. Avec un simple téléphone comme chacun en possède un pour capter les images. Ne pas faire œuvre photographique, ou poétique. Avoir le regard simple et chuchotant de celle qui avance. Le profil bas comme on dit, de qui sait peu de choses et marche sans relâche vers ses apprentissages" Le reportage réalisé à cette occasion est accessible en cliquant ici sur CALAMEO...
Rando solitaire ... * Si tu marches longtemps, ne crains pas la poussière * Le vent riait, il amena tes pas l'un après l'autre. La liberté du solide fut offerte. La terre était joueuse * D'abord, il fallut se nouer dans la foule qui marchait sans savoir. Le ciel était profond. Ta colère a brûlé et couvert les abîmes * Tu étais seule, tu as cherché le temps. La rumeur d'un fleuve appelait sur la terre étrangère. Rien n'avait de limite * Tu t'es retournée, le chemin était lourd. Plus de repères, plus de saisons. La poussière avait changé de peau * Tu ne reviendras pas de la soif. Et des nuages. Il...
De quelle obscure familiarité se sent-on habitée lorsqu'on déchire le voile des univers parallèles et des artistes imaginaires ? De quel réconfort soudain se sent-on envahie lorsque les formes tout à coup vous caressent, vous interrogent, et vous rassurent étrangement, tant sur votre faiblesse que sur la certitude qu'aucun monstre de fer et de cuir ne sera jamais aussi démoniaque que l'humain lui même ? J'ai habité l'antre des monstres et n'y ai entendu que des chuchotements fertiles, n'y ai vu que des rêves enfouis, n'y ai trouvé que des échappatoires nécessaires, n'y ai touché que des berceaux...
Fleuves, rivières, sources, rias, ruisseaux, on ne se lasse pas de les suivre, d'en découvrir un sens qui soit à sa portée, qui n'écrase pas, ne défie pas, convient à l'âge et aux pensées secrètes, non sans surprises, non sans tourbillons, mais constamment accessible. Ah! la constance des fleuves : ils nous mènent toujours en des lieux d'humaine résidence et de rencontres. Ils tracent et modèlent depuis des millénaires. Je les aime, et retrouve avec le même bonheur leur parfum de roseaux et leurs cailloux dorés.
Voici le Doubs, noir de galets polis et de mousses ardentes, en fil, en nappes, ou...
En dessinant, en peignant, on ne restitue pas le réel, on l'invente. Je n'ai jamais eu d'intérêt, ou d'envie, à reproduire ce que je vois, tout en admirant les peintres qui savent s'inspirer, en s'en détachant, de la réalité Picasso (pour moi le plus grand génie inventif de tous les temps) disait encore : la peinture est un métier d'aveugle. Il ne peint pas ce qu'il voit mais ce qu'il ressent. Créer, c'est sortir pour un moment du monde, intérieur ou extérieur, amener une forme, une image, une formule intrusive qui fait exploser nos regards. Je voulais être artiste. Je ne voulais pas faire quelque...
Voici le lien de publication sur Calameo de mon voyage / randonnée/ photo ... dont le projet fut de remonter le fleuve Dordogne en mai 2021 https://fr.calameo.com/read/0068311961af608917dd9
Dans la ville pierre sur pierre il n'y a pas d'arbre, il n'y a pas d'herbe. Des hommes en vert, dans des camionnettes vertes tous les matins arrosent les rues Et ne poussent que des mégots, des feuilles mortes, des déchets, des invisibles Ceux que personne n'a regardés dans le reflet géométrique des ombres de métal
balade contrastée dans les quartiers de Paris
Il arrive, souvent, d'oublier : un nom, un lieu, un air de musique, un livre autrefois lu. Il semble parfois que ce qu'on n'oublie le moins tient aux sens les plus primitifs: odorat, gout, sonorité (et non mélodie)... Ressenti profond surgissant contre toute attente : j'ai déjà éprouvé, déjà entendu, je suis déjà venue..? Tout est enfoui. Tout est là. Qu'on s'en souvienne ou non n'est pas l'essentiel. Mais il faut parler d'une autre mémoire, reconstituée, réinventée qui pourrait soutenir tel projet de "Mémoires" ou le désir de les écrire. Magnifier le mensonge et l'erreur de la reconstitution par...
Graver avec les outils qui déchirent, qui creusent, qui taillent, brûlent. Gouges, acide, couteaux, presse. C'est tout nous, ça ! Pour faire du beau, pour faire du plus, même pas beau le plus souvent, parce que du plus que tout, il en faut, il en faut... Pour faire peu, il faut beaucoup de mal. D'abord, une image paisible de Pachamama, comme disent les Indiens. Non la terre n'est pas paisible, elle aussi nous lamine et nous contraint, nous défait, nous détruit. Dans son inconscience minérale, dans son ignorance somptueuse que nous lui pardonnons au nom de la beauté. Que pardonner d'ailleurs ? Le...
Cinq images de 2020... pour beaucoup, année terrible : malades et leur famille, personnels médicaux, saltimbanques et restaus, qui nourrissent l'esprit et le corps, et tous ceux qui ont eu à souffrir dans leur chair, leur affect, leurs activités. Moi, retraitée en bonne santé je n'ai pas (encore) de raison de me plaindre à titre perso, mais peut-on avoir l'esprit léger et le cœur sec quand, autour de nous, tant de gens voient s'écrouler leur monde ? Alors quand même ose-t-on se dire : Bonne Année ?
Mai 2020, juste à la fin du premier confinement. Les petits enfants à la plage, le kilomètre dépassé,...
J'ai découvert l'an dernier la collection des statues-menhir du musée Fenaille à Rodez, sculptées il y a 5000 ans dans diverses parties de l'Europe, dont le sud du Massif Central.... éblouissement et émotion artistique ! Y ajoutant mes affinités avec les civilisations amérindiennes, j'ai eu envie de faire cette "Pachamama" gravée sur lino... Une série de dix images dont je me propose de donner prochainement des versions plus "trash" pour protester contre les offenses faites à la Terre qui nous accueille. En ces temps troublés, je partagerai tout d'abord la simple tranquillité de cette dernière...
La cadence des pas déplia un catalogue de mots incertains. Certains filèrent sur la route où le chuintement de quatre pneus les réduisit au silence. D'autres coururent jusqu'au fossé avec des mines éperdues de feuilles mortes. Sur un branchage aux allures de phasme déglingué, je vis scintiller le mot "NUIT". Il appelait une ombre imminente qui tomba, en effet, lourdement, et m'encastra, moi aussi, dans la pluie sans couleurs. Il était temps de rentrer. Plus tard, je cherchai en vain, sur ma page blanche, les phrases égarées. Elle ne révéla qu'une catacombe de poèmes évanouis, de crânes, de cisaillements...
Un an plus tard... enfermée. Le temps se fait attendre où l'on pourra rêver. Mais reste la mémoire d'un instant qui n'a pas encore fui. Je reprends mon journal de bord.... pour m'y noyer ? Croisière sur le MS Lofoten de Bergen à Kirkenes, retour par voie terrestre (bus et train) de Kirkenes à la Bretagne 8 - 9 octobre / Bergen Dis-toi bien ça : jamais tu ne la soumettras ni même ne l'apprivoiseras. Mais tu as eu le désir, enfin, de te rapprocher, de t'affronter peut-être, de faire connaissance après tout ce temps passé à regarder de haut, à regarder de loin, à faire la dégoûtée, tu en conviens....
INKTOBER est un challenge de dessins, qui se déploie sur tous les mois d'octobre, avec 31 mots servant de base à un thème journalier… INK = encre et trait, dessin et texte... je ne me priverai donc ni de l'un ni de l'autre ! Tout cela vous a un petit air Oulipien* de contraintes stimulantes pour l'imaginaire, doublé d'un parfum surréaliste de "Cadavre Exquis"** auquel je ne résiste pas... Je considère ce challenge comme un jeu, un brouillon, dont les résultats ne sont pas aboutis mais emmènent sur des chemins potentiellement exploitables. Ou pas. On s'en fiche au fond, jouer et créer pour le plaisir...