quitter en odeur de sainteté comme on le dit des fleurs mortuaires le mois des cruautés nouvelles le mois des vierges pâles et des lunes rousses le mois des saints glacés dans leur définitive absence qui égrènent le chapelet des exubérances meurtrières il y a des mois qu'il faut oublier des mois d'émoi qu'on jette aux chiens et que les images figées ne raviveront pas heureusement il y a juin
J'étais la semaine dernière dans le studio d'enregistrement d'une radio locale sur ma ville de Concarneau (radio 5FM), pour parler un peu de mon bouquin l'interviewer est un ami togolais vivant en France à qui, donc, indirectement, le livre "Lettres d'Anisara" peut s'adresser au premier chef... disons qu'il sait de quoi je parle, et que son appréciation est d'autant plus précieuse pour moi Au cours de nos échanges il m'a fait remarquer une chose qui m'avait évidemment échappée, puisque je ne connais pas les subtilités des langues vernaculaires parlées au Togo dans sa langue en tout cas (Bassar)...
J'étais il y a deux jours chez des amis libraires, des vrais, de ceux qui vendent des livres et pas des savonnettes de marketing préfabriquées en forme de millefeuilles de papier. L'un me dit avec tristesse : on est obligé de réduire le rayon poésie, personne n'en n'achète, ni n'en lit plus ... on constate pourtant que grâce à Internet et autres moyens de communication faciles, il n'y a jamais eu autant de poètes en herbe ! plutôt bien, alors, mais ... il faut lire aussi les grands et les petits poètes pas seulement vouloir être lus, entendus, compris, appréciés, admirés mais entendre, écouter,...
des jours où le voyage ne donnera plus la clef des jours sans vie où les ombres épaissies marchent sur nos têtes béantes des jours longs comme des jours sans pain, sans faim, sans devenir jour vide est le froid d'une âme encerclée de silence mais autrefois à Kara, quand le froid revenait , toujours il y avait un coq qui chantait le matin une langueur sirupeuse du jour pour redonner couleur au sang un rire de gamin une main noire autour du thé brûlant un surplus de vivant pour conjurer les morts un écho de fête à travers la poussière partir ! partir ? et retrouver le monde au bout de soi alors quoi...