Arc-en-ciel
dernière étincelle plongée dans les eaux dormantes courbe incandescence
dernière étincelle plongée dans les eaux dormantes courbe incandescence
pour ceux qui ne vivent pas en Bretagne, petite précision à propos du mot "glaz" que j'ai employé dans ma précédente chronique je ne parle pas le breton, mais cette particularité ne m'a pas échappée à propos du nom de couleur "bleu" qui désigne aussi le "vert" de la nature (de la mer aux algues, des feuilles aux ardoises) et parfois aussi le gris ... en un mot les nuances majoritaires de la mer en Bretagne qui n'est jamais la même selon les jours et les heures. ( il parait d'ailleurs que le Grecs , qui vivaient pourtant auprès d'un bleu méditerranéen quasi constant n'avaient pas de mots pour traduire...
Quelques jours passés en Méditerranée, et me voilà de retour avec du bleu plein les yeux, et le sentiment étrange que la couleur du ciel éblouit pour mieux tromper son monde De l'absence et du vide nait l'intensité de l'azur le bleu profond n'est que l'épaisseur de la transparence dont les vanités se perdent toujours dans un mensonge de fausse innocence Comme tous les mensonges dont on ne perçoit pas le fond, seulement les couches successives et l'infini vertige, le bleu qui réjouit n'existe ni dans le creux des mains flouées, ni dans l'air immuable, ni dans la fausse émeraude de la préciosité...
Marcher à l'envers, marcher sur la tête, marcher en crabe ou à l'aveugle. Toutes les marches nous emmènent quelque part, puisque le temps ne s'arrête, ni le mouvement. Pourtant il arrive au hasard des chemins durs à gravir, ou dévalés à pieds joyeux, qu'on finisse bien par s'égarer, non sur le sens ou sur l'orientation, sur la carte ou le plan, mais sur le but que l'on poursuit et que le paysage nous renvoie de manière parfois majestueuse, parfois secrète, mais toujours interrogative. Car nulle part on ne rencontre un paysage, semblât-il le plus sauvage, le plus lointain, qui n'ait été façonné...