Dans la ville pierre sur pierre il n'y a pas d'arbre, il n'y a pas d'herbe. Des hommes en vert, dans des camionnettes vertes tous les matins arrosent les rues Et ne poussent que des mégots, des feuilles mortes, des déchets, des invisibles Ceux que personne n'a regardés dans le reflet géométrique des ombres de métal
balade contrastée dans les quartiers de Paris
Cinq images de 2020... pour beaucoup, année terrible : malades et leur famille, personnels médicaux, saltimbanques et restaus, qui nourrissent l'esprit et le corps, et tous ceux qui ont eu à souffrir dans leur chair, leur affect, leurs activités. Moi, retraitée en bonne santé je n'ai pas (encore) de raison de me plaindre à titre perso, mais peut-on avoir l'esprit léger et le cœur sec quand, autour de nous, tant de gens voient s'écrouler leur monde ? Alors quand même ose-t-on se dire : Bonne Année ?
Mai 2020, juste à la fin du premier confinement. Les petits enfants à la plage, le kilomètre dépassé,...
Un an plus tard... enfermée. Le temps se fait attendre où l'on pourra rêver. Mais reste la mémoire d'un instant qui n'a pas encore fui. Je reprends mon journal de bord.... pour m'y noyer ? Croisière sur le MS Lofoten de Bergen à Kirkenes, retour par voie terrestre (bus et train) de Kirkenes à la Bretagne 8 - 9 octobre / Bergen Dis-toi bien ça : jamais tu ne la soumettras ni même ne l'apprivoiseras. Mais tu as eu le désir, enfin, de te rapprocher, de t'affronter peut-être, de faire connaissance après tout ce temps passé à regarder de haut, à regarder de loin, à faire la dégoûtée, tu en conviens....
En écoutant cette vieille chanson de Pink Floyd... (extraite de l'album "Saucerful of secrets" 1967), le leitmotiv "Why can't we reach the sun?" s'est auréolé pour moi d'une étrange lumière tandis que je testais une nouvelle méthode de gravure. Pour tout dire il s'agit de dessiner sur tetrapack (l'intérieur des emballages de vos briques de lait !) avec une pointe sèche, puis de faire comme si c'était du zinc ou du cuivre : encrage, essuyage, etc... j'ai rajouté une touche de couleur à l'encre , ce qui, sans surprise évoquait ce soleil... largement absent lors de mes essais. Mais qui n'est pas seulement...
Plus de vingt ans après avoir écrit une courte pièce de théâtre appelée "7 jours d'Icare", jouée à Concarneau à l'occasion du printemps de la poésie 1998, je retrouve le mythe à l'occasion de 3 linogravures qui m'ont conduit là où je ne pensais plus aller... et sans trop l'avoir cherché c'est le thème qui s'est imposé à moi. On peut trouver le texte de cette pièce sur une page de ce blog
le vol d'Icare
L'arbre-labyrinthe
La femme sans mémoire
Une petite personne trotte depuis des lustres elle s'appelle Célestine Lurette a traversé les monde confisqués avec une paire de ciseaux et un peu de papier japonais si vous reconnaissez le pays d'où elle vient vous la ramènerez ou vous raconterez l'histoire à des enfants perdus (Papiers collés sur un Leporello - livre en accordéon)
sept âges de vie sept petites toiles carrées (20x20cm) sept temps de réflexion !
émergence - encore n'y a-t-il que l'idée du possible
promesses - en attente des moments infinis
la chair s'éveille - un pied toujours dehors - et tangue
le temps des masques emportait tous les regards
vers la création - à fonds perdus - sans l'horizon
failles et brèches - derrière la vitrine - des falaises
au soir aveugle - l'intérieur du vide - retourne sur lui-même
hiver Paris, sans pitié pour les genoux des filles peau nue sous les jupes à plis marine espérant en vain le rouge radieux d'un collant qui fut toujours bleu de froid lui aussi, comme aux enfants de Marie comme toujours aux enfants derrière les fenêtres aux enfants qui imploraient le monde de venir jusqu'à eux hiver Paris fenêtres glacées qui demeurent quand les enfants cachés ont dit leur dernier mot d'enfant et sont devenus grands Il y a trois fenêtres dans trois maisons d'Issy, ou bien d'ailleurs, où je voulais grandir sans avoir besoin de personne les maisons sont cassées mais moi ? (Rue Guynemer,...
Question sèche. A-t-on encore le droit à des voyages lointains dans ce monde qui se défait devant nos yeux, et brûle et s'asphyxie de nos excès. Politiquement je serais tentée de dire que ceux qui font des efforts constants depuis toujours, et s'écartent parfois de la pensée règlementaire, sont pas les plus grands pollueurs de la planètes, ni les vrais responsables de sa déshérence. Mais ... On ressent ce fond aigu de mauvaise conscience à lancer des images volées à l'autre bout du monde, à user exagérément de la toile, à embarquer connectée dans des périples sans raisons. Pourtant il faut vivre...
J'ai rencontré des villes et rencontré des eaux toutes les eaux de toutes les villes qui noient les amertumes, les malheurs, le bruit sec qui referme les murs, toutes les villes qui vont chercher la rive, la rivière, la lagune et la mer à la pêche aux reflets, aux miroirs qui trompent le destin toutes les villes qui appellent à l'eau native pour les défendre de l'abandon de la poussière toutes les villes qui ont besoin d'échappées pour endormir le souvenir du quai et des caves obscures toutes les villes qui ont déployé l'ostinato de l'eau douce, de l'eau pour rien, de l'eau donnée toutes les villes...
Mise à distance dans le tremblement des marées où la terre se découvre Pleine mer : trop plein de secrets, donnés enfin lorsque s'éloigne la transparence glacée de l'engloutissement La boue devient elle même ville morte ressuscitée par le jusant L'eau n'existe pas : seule la profondeur des terres enfouies qu'elle nous a volées Et lorsqu'elle se cache sous la pellicule verte, c'est l'image d'un jardin de pierre qui raffermit nos illusions Va-t-en, lui dis-je, et laisse moi trainer les pieds, je ne suis pas une sirène !
Vers Paimpol
étangs de la Roche Jagu
Trégor
Il n'y a pas de falaises à Paimpol, Botrel s'en est aperçu trop tard, c'est ce que raconte les chemins du patrimoine semés dans la ville ! on s'en passera donc !! Ici règne la basse mer ... enserrée d'écluses l'eau contrainte fait danser les bateaux à quai
port de Paimpol (22) à marée basse
Sur la carte satellite on voit le trajet de la voie ferrée entre Laroquebrou et Laval s/Cère, qui suit la rivière (Cère) tandis qu'aucune route ne passe par cette vallée encaissée qui détermine les limites du Cantal, du Lot et de la Corrèze
Il fallut moins d'un siècle pour donner à tous les pays du monde le transport ferroviaire, au prix d'efforts humains, industriels, logistiques sans précédent : ouvrages d'arts, tunnels creusés à la main, ou presque, viaducs, ponts de fer, milliers de kilomètres de voies destinées à relier les hommes, à amener les marchandises là où les routes n'allaient pas,...
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Vital pour l'un, éblouissant pour l'autre, le marché conjugue la nécessité du sédentaire et le hasard du voyageur. Arrimée aux couleurs brassées de formes et d'odeurs, que l'on ne sait nommer, toute parole est emportée dans le ruisseau des rires, des marchandages et des cris incertains, où le passant n'osera donner de sa voix. Tourbillon sur des chemins d'images parfois remontés jusqu'au costumes des femmes, jusqu'au désir des fruits, jusqu'aux chairs pantelantes qui écrivent un roman du monde, le marché étourdit autant qu'il ravive la vérité du territoire,...