22 juillet - vers l'ile d'Eubée un vent de lumière, et la force du cyclope imaginé, bientôt soulèvent en cadence un grand émoi d'eucalyptus et de poussière l’œil te regarde, en deçà des iles égarées sur la moire du volcan il reste un peu de temps, beaucoup de cendres et l'acidité qu'une paupière archaïque a posé sur la vague 23 juillet - Karystos ce que disent les cigales : les nombres cachés et l'insistance des bourreaux, de leurs élytres coupantes, hacheront le soleil en myriades d'éclats le chemin est long jusqu'à la vérité du zénith on danse malgré tout sur les brasiers, et l'on fait tournoyer...
le rivage sans fin qui s'enclot en-lui même, par quel mystère ? c'est l'île qui le raconte, entre goulet et grand large, entre boue et clarté entre elle et moi c'est toute une histoire une histoire d'ex, d'amour tombé pointu, recommencé, revenu, reparti dans un craquement de cicatrices une histoire d'île, une histoire à tire d'aile, un chahut d'oiseaux gris liberté d'un seul pied quand l'une tourne en rond que l'autre tourne court une seule île, une seule aile, pour rêver à moitié à mon Aix qui revient de très loin
voyage à l'île d'Aix (Charente Maritime) mai 2015
petit poème paranoïaque on dit que les sages et les fous aiment le désert, assujettis à la pauvre poussière du minéral on dit que nous faisons mourir à petit feu ce qu'ils appellent diversité on dit que les forêts grimacent de sortilèges assoiffés on dit des mots à voix secrète suintant des luttes sans merci entre la voracité du Vert et nos appétits d'autres règnes ah ! moi je dis que tant de vert nous empoigne et nous déborde, qu'il fait naitre des bras menaçants au bord de nos sentiers qu'il balance à la dérobée des tentacules de vampire contrarié et des impatiences ricanantes je cherche le silex,...
De Brive à la vallée du Sorpt, passant Chasteaux et Châtrier les maisons blondes et la lauze des toits comblent des secrets de vie arrachés à la force des chemins creux
maisons corréziennes
Même ceux qui n'existent plus, même ceux qu'on a réformés Comme cet ancien "trans-corrézien" qui relia pendant une cinquantaine d'années Tulle à Ussel j'aime les trains par atavisme, ou par besoin de voyageuse qui emporte avec soi des wagons de projets emmêlés j'aime les rails, les aiguillages, les gares, les quais encombrés de sanglots en dépit d'autres trains qui brisèrent tout espoir de retour j'aime les paysages réécrits par ceux qui creusaient les montagnes, enjambaient les torrents, étayaient les dunes en ouvrant des voies incertaines où, coûte que coûte, il fallut s'engouffrer. j'aime encore,...
(suite à l'expo Niki de St Phalle qui vient de fermer ses portes à Paris au grand Palais) Tout d'abord, le prénom me parlait. Ce n'est pas le sien, ce n'est pas le mien, mais durant quelques années, dans des revues poétiques, je signais du même prénom. La comparaison s'arrête là. C'est une immense artiste Je n'ai pas été violée, à l'âge de 11 ans, ni à aucun âge, par mon père, ou qui que ce soit d'autre. Elle si. J'ai cru longtemps que le nom de St Phalle avait été choisi par elle à cause du drame, pour accuser sa famille. Mais non. Elle n'a rien inventé. Ni le nom, ni la douleur. Je connaissais...
impossible animal arrivé de la mer mi-poulpe mi-sirène elle s'est coulé dans l'estuaire avec l'élan électrique des anguilles entre les berges pierreuses des monts elle a embrassé les pentes et les bois elle a déployé le bourdonnement incisif des mots oubliés, des cris souterrains, de la sueur métallique elle s'est couchée là tête ronde écaillée de lumière qui rêve au non-retour, tournant le dos à l'océan qu'une guillotine de rouille retient au delà du vacarme et du vent puis elle s'est mise à rire et plus elle riait, plus elle déployait des milliers de dents acérées sur le chemin des plateaux nus...
En ces moments troublés d'obscurantisme et de violence qui font, comme toujours, écho à d'autres évènements passés de violence et d'obscurantisme, j'ai aimé, en passant à Guernika faire le constat que les artistes (Picasso, Henry Moore, Eduardo Chillida...) et leurs œuvres peuvent un jour surgir à la place des armes et du sang, et surtout, remplacer la dévotion au fanatisme d'où qu'il vienne par l'hommage à la beauté et à l'Art
chemin faisant il se découvre vidé de substance et de rêves toujours marchant sans trêve au détour des taillis surgi d'un bref enchantement elle m'a dit je ne suis pas celle que vous croyez Parc de sculptures de Kerguehennec (56) et Lanrelas(22)
Qui retient cet équilibre dans l'ombre fragile du manque ? Dire que ce gouffre accompagne la langue et s'y déchire à belles dents / m'en trouver bien ** Il n'y a rien qui vaille il n'y a rien qui m'aille / ce monde cerné qu'en ferons-nous ? Bien au-delà de l'écriture quand le cosmos dicte sa loi ** Ce matin l'oiseau explique tout ouvrant à l'aube grise cette matière du songe que le vent dominait ** Chercher la vie entre les failles et puis plus rien / sinon le ventre de la pluie/ Au point du jour le matin replie en forme de boutonnière son chemin de nuit ** On dit que la mort ressemble à toutes...
journal de voyage : vers le nord 2014 ... à ces échos d'Henri Michaux ou de René Magritte c'est une ville dérangée qu'on ne dérangera pas une ville enfermée qu'on surprend en plein vol car la ville de tous les ciels encombre les étoiles et déconstruit l'image de briques et de broc que le puzzle enrhume petit à petit cactus métallique se riant de piques sans raison Celle qui sur-réalise loin de son ambition capitale pigeonne en forme de cœur, en forme de ciseau ou de pistolet à moustache la tête entre deux sièges, le cul entre deux têtes, la ville ne fait pas sa maligne ou c'est une autre ville,...
journal de voyage : vers le nord 2014 Elle, fragile face à l’ambiguïté des passions Elle, pure essence d'une idée que l'histoire n'achève pas Elle me dit : "tiens bon quand la colère s'embrase" Elle dit aussi : "la mort est blanche quand tout le sang s'est vidé de lui-même" Elle, seule. Survivra-t-elle face au nombre si torturé, si rouge, si beau
champ de fleurs à Haarlem