journal de voyage juin 2010 Il fait vraiment chaud. Je voudrais retourner au fleuve. Ce soir c'est fête de la musique à l'Alliance franco-sénégalaise, un très étonnant ensemble architectural inspiré des cases à impluvium typiques de la région, et décoré entièrement de motifs géométriques aux couleurs vives. Envie de couleurs sur le noir de l'écrit. Envie de dire et partager l'exultation des sens emmêlés, que ni les mots, ni les photos, ni les souvenirs ne peuvent traduire avec justesse. Il faut y être, le corps en éveil. Ici, je ne dirai pas que je revis, mais que je me retrouve, plus qu'ailleurs,...
journal de voyage juin 2010 19 juin - 7h du matin sur le pont du "Aline Sitoë Diatta". Arrivée sublime en Casamance par le fleuve. Le soleil blanc illumine un banc de brume. Les îles, le vert des arbres, le souffle déjà chaud, tout cela apporte une image et une odeur de savane et d'Afrique éternelle, telle qu'imaginées au plus loin des livres de l'enfant que je fus. Des dauphins joueurs accompagnent le bateau, et on aperçoit sur les berges plates de l'estuaire, quelques villages de pêcheurs posés sur la mangrove. Peut on vivre sans rien savoir du monde où l'on vit? les cultures originelles, réduites...
journal de voyage Juin 2010 Troisième jour à Dakar, sur une plage de pêche. Pirogues colorées, magnifiquement décorées, bien alignées. Des groupes de femmes et des charrettes sommaires tirées par de petits chevaux attendent le débarquement d'une grosse pirogue chargée de poisson. Certaines caisses sont déversées directement dans des camions réfrigérés hors d'âge qui vont à la conserverie de sardines, les autres poissons sont vendus sur la sable ou entassés dans les attelages vers les marchés ou les marmites ! Je n'ose pas prendre de photos, malgré la beauté de la scène, des couleurs, des costumes,...
Gorée cerclée de ferrures plongeon de vague sans mémoire fond du non retour
île de Gorée, ancien lieu d'embarquement des esclaves pour l'Amérique
journal de voyage juin 2010 Déjà deux jours que je suis là, ou devrais-je dire: il n'y a que deux jours que je suis là, à faire ma touriste. Ce sera peut être différent en Casamance (ne sachant pas ce que les amis m'ont concocté), en tout cas cette Afrique m'a bien reprise, sans aucun problème, comme ils disent, à supposer qu'elle m'ait jamais lâchée ... Ici le temps coule différemment, c'est à dire qu'il ne passe pas au sens passif du terme, bien que...
journal de voyage juin 2010 Je vais tenter de faire un petit survol d'impressions, même si depuis le cyber-café ce n'est pas simple de retrouver les images, reconcentrer les sensation et taper sur un clavier anachronique ! essayons... Petit matin gris et plus que frais au départ de Rosporden mardi, une fois dans mon compartiment de première - qui n'est pas le véritable avant gout du voyage, mais plus de places en seconde - je me laisse rattraper par le no man's land où s'inscrit le premier jour : wagon, bus, salle d'attente, avions, attente, avion, taxi. Sourire à ce temps qui me va bien - celui...
Après la célébration de la négritude, mot imaginé par Césaire avec la complicité de Senghor et Damas, les afro-américains dans les années 60 inventèrent la formule "black is beautiful". Des panthères noires montraient les dents après avoir été trop longtemps pliées sous le joug de la captivité et du mépris de l'homme blanc Loin de moi l'idée de revendiquer une fausse appartenance et une histoire qui n'est pas la mienne même si j'ai dit, ici et ailleurs, que cette correspondance avec le noir m'a rendu l'Afrique si familière au premier regard que je m'y suis, bizarrement sentie plus chez moi que...
J'étais la semaine dernière dans le studio d'enregistrement d'une radio locale sur ma ville de Concarneau (radio 5FM), pour parler un peu de mon bouquin l'interviewer est un ami togolais vivant en France à qui, donc, indirectement, le livre "Lettres d'Anisara" peut s'adresser au premier chef... disons qu'il sait de quoi je parle, et que son appréciation est d'autant plus précieuse pour moi Au cours de nos échanges il m'a fait remarquer une chose qui m'avait évidemment échappée, puisque je ne connais pas les subtilités des langues vernaculaires parlées au Togo dans sa langue en tout cas (Bassar)...
des jours où le voyage ne donnera plus la clef des jours sans vie où les ombres épaissies marchent sur nos têtes béantes des jours longs comme des jours sans pain, sans faim, sans devenir jour vide est le froid d'une âme encerclée de silence mais autrefois à Kara, quand le froid revenait , toujours il y avait un coq qui chantait le matin une langueur sirupeuse du jour pour redonner couleur au sang un rire de gamin une main noire autour du thé brûlant un surplus de vivant pour conjurer les morts un écho de fête à travers la poussière partir ! partir ? et retrouver le monde au bout de soi alors quoi...
Aspiration d’eau trouble. L’épicentre du tourbillon est un lieu impossible où les forces se resserrent et ne dessinent que le creux. Tourbillon de guêpes sur le sucre des beignets Tourbillon de cris : les chèvres qu’on entrave et les enfants ligotés dans les pagnes Tourbillon de mots calculés qui se cognent en dérivation Tourbillon de senteurs alourdissant l’étoffe des boubous Tourbillon de pas enivrés qui déséquilibrent la platitude des chemins Bonan goni – Aller revenir Ne pas se poser. Ne pas finir. Tourner. Retourner Au centre de ce rien qui remplit le vide aspiré de la conscience, Ce rien...
Mes deux derniers voyage au Togo et en Afrique datent de 2006... ce texte fait remonter à la surface des jours pâles une noire et obstinée cicatrice qui ne veut pas se fondre dans une seule peau il y avait entre les villes, entre les jours, entre les gens, un voyage dans le voyage , que j'ai aimé sans y croire, dans un taxi délabré, un voyage hasardeux qui avait une saveur d'épice et de miel, sans lesquelles la meilleure viande n'a aucun goût Le voyageur qui se prépare à l'imprévisible est toujours en deçà de la réalité du voyage les Seigneurs de l'Afrique sont les chauffeurs de bus et de taxi,...
Discours contradictoires de politiques français à Dakar à propos de l'esclavage et autres avanies subies par les africains de la part des européens au moment des traites négrières, colonisation, et pillages organisés... alors, faut-il demander pardon ? il semble qu'il y ait une différence fondamentale de nature entre "reconnaissance" et "repentance" : la première est de l'ordre de la justice, du respect des vérités historiques et humaines que les évènements en question ont souvent malmenées, la seconde de l'ordre d'un discours moralisateur qui, n'engageant que les mots, traduit par une sorte de...
Voilà donc tous ces bons apôtres qui, une fois encore, utilisent les médias nationaux et internationaux pour faire leur maléfique propagande ... quelle autre religion que la catholique romaine, en effet, même parmi celles supposées les plus rétrogrades (ce qui est d'ailleurs synonyme) dispose d'une telle tribune pour déverser ses sidérantes et dangereuses âneries ? Il nous importerait peu par ailleurs qu'un pape (et celui qui l'a précédé ne valait pas mieux sous ses dehors prétendument charismatiques, peut être même plus dangereux encore), ou que n'importe quel évêque utilisassent pour leurs discours...
Puisque nous sommes dans le moment du printemps des poètes, cette livraison de nuit, qui fait fleurir les mots et la force tendre de l'absence, en plus des fantômes et des incertitudes,A écrite par mon ami Radjoul « Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » n’est pas un guide du routard. Si il invite à la découverte, au voyage, il ne recommande pas les meilleurs auberges ou bistrots aux potentiels touristes projetant de découvrir le Togo. « Lettres d’ani sara aux enfants du Togo » est la compilation des notes du tableau de bord d’une exploratrice (Dom) dont le regard transcende les paysages, domine...
En hommage à toutes les femmes de courage qui tiennent entre leurs mains, la vie, l'avenir, la nourriture, l'éducation et, pour tout dire, l'essentiel de ce qui est nécessaire, et qui sont si peu honorées, si peu respectées, si peu tenues au rang où elles le méritent Une image d'une petite amie de Kara sud, pour qu'elle, et toutes les sœurs d'Afrique, vivent dans la paix et la reconnaissance des hommes qu'il est vital aujourd'hui d'éduquer à cette vérité là : cette reconnaissance d'égalité passe nécessairement par l'éducation des garçons si l'on veut l'émancipation des filles "Combien d’hommes...
Aujourd'hui, dans la pensée de nos sœurs africaines, j'ai envie de donner ici à connaitre à ceux qui ne les connaissent pas, les mots que Thomas Sankara (président du Burkina Faso) prononçait à l’ONU le 4 octobre 1984 « Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom de mon Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part. Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire, ou qu’ils sont de cultures différentes et qui bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal. Je...