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NADA Mémoire vive de mes voyages, poèmes, œuvres, idées. Partages de hasard pour un art engagé.

poemes

le Baobab

dominique dieterlé
le Baobab
le Baobab

L’arbre qu’on appelle flamboyant, je l’ai vu, et le rônier, le palmier, le kapokier, le manguier à la rondeur majestueuse. Mais ... je voulais le baobab imaginé, colonne vertébrale des paroles et des âges, orage émergé des matières chaudes que le temps fixe en puissance, arbre de peau de ciel dérobé aux dieux mères Au centre du monde, au centre du village, au centre de la terre épouse, le baobab griffe le sol, rampe en volupté et tire sa force gigantesque d’un sang de latérite qui s'élève en verdoiement, et n’oublie ni le ciel, ni la terre, ni la bonté, ni la brutalité Je n’ai pas vu de baobab...

Voyager entre les lignes

dominique dieterlé
Voyager entre les lignes
Voyager entre les lignes

Avec la complicité de Aude, graphiste et éditrice "le chien du vent", un nouveau livre voit le jour ... Lorsqu'on écrit sur le voyage, extraordinaire aventure ou simple traversée d'un nouveau quotidien, on fait des phrases avec ses pieds. On suit des routes, ou des rails. On emmène avec soi d'autres lignes évadées d'autres livres, d'autres phrases martelées par d'autres pieds qui marchèrent, écrivirent, suivirent d'autres chemins que les siens. J'ai emprunté ici quelques lignes amies : Rimbaud, Kerouac, Michaux, et beaucoup de rails luisants. Lignes. Le même mot, et pour moi, le même Usage du monde,...

remember a day

dominique dieterlé
remember a day
remember a day

En écoutant cette vieille chanson de Pink Floyd... (extraite de l'album "Saucerful of secrets" 1967), le leitmotiv "Why can't we reach the sun?" s'est auréolé pour moi d'une étrange lumière tandis que je testais une nouvelle méthode de gravure. Pour tout dire il s'agit de dessiner sur tetrapack (l'intérieur des emballages de vos briques de lait !) avec une pointe sèche, puis de faire comme si c'était du zinc ou du cuivre : encrage, essuyage, etc... j'ai rajouté une touche de couleur à l'encre , ce qui, sans surprise évoquait ce soleil... largement absent lors de mes essais. Mais qui n'est pas seulement...

Ville traits pour traits

dominique dieterlé
Ville traits pour traits
Ville traits pour traits

Sur le principe du cadavre exquis : prendre un carnet japonais en accordéon, dessiner, écrire, plier la page et revenir le lendemain sans regarder ce qui a été fait la veille ! Champ de ciel en odeur de ruines / qui revivait là sans se douter / des eaux, des os, des vents / et des ombres vivaces elles aussi / qui renaissent à chaque / saison / et puis... c'est l'exil surgi / du néant blanc / qui dit vague / et se noie malgré / la nageoire / dentelée / des abysses / alors même / que l'espace / insurgé nous /promet cette / pluie/ d'étoiles mais / ne dit-on pas / de la pierre / qu'à son tort / défendant...

Intérieur nuit

dominique dieterlé
Intérieur nuit
Intérieur nuit

D'abord fermer les yeux Laisser l'ombre trembler au bord des cils Apprivoiser le ballet des phosphènes Attendre... On dit que la nuit engendre des monstres blancs Mais derrière les paupières Se déploient seulement l'exercice du vide Et la poussière d'un rêve éteint "intérieur nuit" - eau forte sur zinc et aquatinte

Septante

dominique dieterlé
Septante
Septante

sept âges de vie sept petites toiles carrées (20x20cm) sept temps de réflexion ! émergence - encore n'y a-t-il que l'idée du possible promesses - en attente des moments infinis la chair s'éveille - un pied toujours dehors - et tangue le temps des masques emportait tous les regards vers la création - à fonds perdus - sans l'horizon failles et brèches - derrière la vitrine - des falaises au soir aveugle - l'intérieur du vide - retourne sur lui-même

Le temps d'après

dominique dieterlé
Le temps d'après
Le temps d'après

Une ombre légère nous traverse. On se retourne. Elle a fui dans le couloir d'un blanc hallucinant. Sa robe soyeuse se déchire avec un chuintement de rêve asphyxié. C'est le moment d'un printemps longtemps espéré, avec des feuilles tendres et le jaune des fleurs souveraines. Il semble s'épuiser avant d'avoir surgi. Lui aussi cavale au loin, comme l'ombre d'une ombre sur un cheval sans tête. C’est le moment où la mort rode, cherche à s'apprivoiser. Elle chante comme Schubert la ferait chanter, elle se glisse dans le silence d'une ville abandonnée où plus un enfant n'ira jouer dans la rue. C’est un...

Enfermée

dominique dieterlé
Enfermée
Enfermée

on ne sait si ce sont les mots répétés dans le tourbillon des pluies, tout en même temps que le dehors impraticable, le confiné, disent-ils, l'attente de l'implosion ou le refus de la patience on ne sait ce qui rend le monde si étroit on cherche en vain le vaste, où ne se trouve que le dévasté on veut, on voudrait, on s'en excuse, les mots ne suffisent plus, il faut de l'air ou bien alors chanter ce qui se dérobe en ricanant on cherche le voleur, on ne le trouve pas partir, dit-on, encore plus faiblement mais où? demande la raison car la raison s'en fout. Elle veut, elle exige un regain de lumière,...

Bord à bord

dominique dieterlé
Bord à bord
Bord à bord

alors j'ai dit non non la mer n'est pas que perdition suffocation la mer ne garde pas que les bleus que les coups la mer ne contient pas que les corps à fonds perdus la mer ne se rit pas de la terreur de la couleur elle se tait j'ai collé une ombre au sel blanc des yeux morts j'ai retendu l'espace de limites acceptables j'ai refermé la bouche des noyés j'ai pardonné et puis j'ai dit encore ne reviens pas, n'y reviens pas pas pas du tout

Déchirures

dominique dieterlé
Déchirures
Déchirures

Les murs se chiffrent en lettres pâles, et le passé, et le passé reprend son droit de préemption sur les fils asservis et le plâtre et le plâtre s'écueille aux visages fendus que les mots ont dressés en briques de silence. Ceux qui vivent encore là remontent peu à peu du fond des caves où gisent leurs désirs en rubans de phrases mortes... crissement bavard, bavant, et puis c'est tout collages et multitechniques septembre 2019

Villes d'eaux (Norvège et autres)

dominique dieterlé
Villes d'eaux (Norvège et autres)
Villes d'eaux (Norvège et autres)

J'ai rencontré des villes et rencontré des eaux toutes les eaux de toutes les villes qui noient les amertumes, les malheurs, le bruit sec qui referme les murs, toutes les villes qui vont chercher la rive, la rivière, la lagune et la mer à la pêche aux reflets, aux miroirs qui trompent le destin toutes les villes qui appellent à l'eau native pour les défendre de l'abandon de la poussière toutes les villes qui ont besoin d'échappées pour endormir le souvenir du quai et des caves obscures toutes les villes qui ont déployé l'ostinato de l'eau douce, de l'eau pour rien, de l'eau donnée toutes les villes...

Arriver. Partir (Scandinavie)

dominique dieterlé
Arriver. Partir (Scandinavie)
Arriver. Partir (Scandinavie)

... écrit dans le train de nuit entre Narvik et Stockholm Escales. Rencontre brèves dont le temps gratifie nos passages. Ici. On n’est jamais venu, on ne reviendra pas. Sans doute. Repérer. Hésiter. L’arrivée dans la nuit, ou bien au petit jour, le sourire d'un passant, le langage qui s’effrite au long des rues que l’on ne sait pas nommer. Avec le frisson du pied sur le bitume, le grognement d’un train qui nous verse et ne nous reprend pas. Ne pas se retourner. Redouter l'ankylose. Marcher, marcher. Oublier de dormir. Oublier de manger. Faire du corps un brouillard ou un nuage qui déchire la rêverie....

A - marinée

dominique dieterlé
A - marinée
A - marinée

Tu vois, lui dis-je, c'est maintenant que l'on se quitte. Dans ce matin blanc à la frontière de nulle part. Avec douceur et sans regrets : c'est une histoire qui n'a pas eu lieu. Sur mes talons depuis sept jours elle a marqué son territoire, sa profondeur sans limites, en tenant mes chevilles au dessus des abysses. Elle m'ignorait le plus souvent, me laissant respirer malgré cette agacerie d'aiguille fine plantée dans la chair tiède. Parfois je lâche prise et j'oublie qu’elle me tient à sa portée, alors elle gronde un peu plus fort : mon cœur s'emballe et la nuit me surprend, secouée de spasmes...

Les eaux lointaines

dominique dieterlé
Les eaux lointaines
Les eaux lointaines

Mise à distance dans le tremblement des marées où la terre se découvre Pleine mer : trop plein de secrets, donnés enfin lorsque s'éloigne la transparence glacée de l'engloutissement La boue devient elle même ville morte ressuscitée par le jusant L'eau n'existe pas : seule la profondeur des terres enfouies qu'elle nous a volées Et lorsqu'elle se cache sous la pellicule verte, c'est l'image d'un jardin de pierre qui raffermit nos illusions Va-t-en, lui dis-je, et laisse moi trainer les pieds, je ne suis pas une sirène ! Vers Paimpol étangs de la Roche Jagu Trégor

matières/surfaces

dominique dieterlé
matières/surfaces
matières/surfaces

l'ombre engendre les plis de matières endurcies la surface n'oublie pas de rappeler l'acidité du vent, pierre ou métal en éclats un air de ressemblance tordue de précipices revient au miroir même eau-forte sur cuivre et aquatinte

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