C'est le fil des savanes qui tire la mémoire, revient au carré des formes, au ravaudage infime des pièces déchirées car le temps ne sait plus ce que furent les villages, les arbres et le ciel de poussière rouge l'aiguille recoud ce qu'elle scarifia un jour sur la peau blanche
pièces de pagnes africains appliquées et cousues
grands formats
les arbres fantômes ont avalé leur ciel de mousse aux cheveux emmêlés quadrillant les aurores les mémoires tapissées les ombres étouffantes ne peut-on dire que le bois souffre lui aussi des verts encombrements des souffles raccourcis des esprits erratiques et des mondes inversés qui n'ont plus de chemins qui resteront cachés
Vallée du Lot
La forêt monte au dessus de ma tête, dans la crispation des pieds, dans les cailloux jetés à plaisir devant mon souffle. Car la forêt n’est pas que cet épuisement des vallées qui s’arrachent aux monts enrubannées de feuilles. Peu à peu elle se symphonise et s’orchestre d’oiseaux, de grincements, de balancements, de rythmes, de syncopes qui animent la matière du bois, l'emprise de la terre, la confrontation intime du mort et du vivant. Alors les pieds s’allègent, la respiration devient musique, mon oreille a gagné sur la pente rugueuse une danse, un son, un frottement de chansons singulières, un...
vous n'aviez peur de rien ni des morts qui glissaient dans les failles de l'histoire ni des feux dévastant la conscience ni des abimes où la haine s'ouvre un chenal de perdition mais c'est mon ventre doré, et mon armure légère c'est mon corps de feuillage et mes fils de nuages qui sèment la terreur dans vos yeux inversés je vous en prie, dormez ma toile est innocente de tout ce que les mots vous ont fait oublier
lenteur étale où chacun se replie sans jamais rencontrer un envol de pétales défait une à une les fleurs raccordées en tapis d'illusions la gare ferme ses yeux de chat sur le ronronnement des vies en partance elle envoie ses messages de fer au comble de nos désirs arrêtés qui attendent un signal et qui ne changent rien
gare parisienne
Au fait, les mots n'inventent pas, ils se cognent à la réalité du code, invisible ou pas, déchiffrable ou non, menteur ou véridique. Des traits, des couleurs, ne survient aucune vérité, créant seulement des mondes minuscules où se perd la bienséance de l'échange. Ne demeure que la sensation. Elle, ne dit rien. Que le oui de l'amour. Que le nom de l'ennui
Creuser avant de mourir - peinture acrylique
Quand le verbe se fait chair A l'être des peaux mortes, reste le vent graphique, l'effroi évidé qui remâche son absence Alors le temps déchire les mots et s'enferme dans l'aimant du refus Mais à la fin,...
La ville se hérisse de rumeurs grillagées La ville d'or se cambre sous l'arche pesante du souvenir Entre deux, la ville pleure, quelquefois, le sait-elle ? La hautaine Burgos ne dira rien de plus, sa mémoire se retire au carré des officiants Alors, partir, sans retourner le compliment, s’éloigner du silence martyr, des autels meurtris, qui se glacent en ribambelles de papiers dorés. Et parfois, revenir ?
Ocré des ciels d'orage qui ne l'atteindront pas, le vent de Salamanque se pose sans limites, tout à la joie qui façonne le décor des apparences La ville entière est un soleil couchant qui ne veut...
Lors de l'occupation de la voie express à Quimper, des dizaines de bras tapaient en cadence sur les glissières, et ne disaient rien d'autre à cet instant que l'accord absolu d'un rythme spontané : triomphe de la musique sur la bêtise ! l'espace d'un moment la route redevient savane, redevient chant le rituel monte à la face du mépris, à la face de ce qui, là-haut, ne nous aime pas le plus petit commun, multiple cœur, n'en finit pas de battre le temps n'existe plus, pour un quart d'heure d'éternité, la voie est libre, on y marche dans l'air saturé, et l'on respire quand même des vieux des jeunes,...
nous avons toujours besoin, finalement, que le trait existe, que la couleur se répande, que la rage se dessine, que le monde sorte de nos têtes pour revenir à lui pour devenir celui que nous avons créé, voulu, inventorié durant le temps infime qu'il fallait pour le faire transparaitre même s'il était mort-né
collages sur monotypes
Regarder le ciel jaune zébré d'oiseaux blafards. Eux, qui s'envolent. Qui crient. Eux qui ne dorment pas, avec les chiens, sur le vide où pleut une ombre lasse Au dessus du volcan la ville appelle. Même le feu profond dit qu'il faut partir. Nulle part. Surtout. Qu'il ne suffit plus de respirer entre l'ardoise et le bitume, de dormir sur les marches, d’attendre un jour après. La terre brûlante dit de partir, avant que d'être morte. Avant que d'avoir froid.
Ça sent le pain d'épices, ça brille un peu dehors. Mais ... On se sent partagé, pas seulement avec les absents, mais partagé en mille morceaux. En mille petites lumières dont certaines s'éteignent peu à peu. En mille mots qui ne franchissent pas les lèvres, parce que ... En mille vagues chahutées des noirceurs tout autour. En mille et en millions qu'on voudrait bien croire frères, et qui ne savent pas ... En mille matins qui reviendront quand même. En mille bonsoirs qui cherchent la musique. Je ne crois rien. Je n'attends rien. Je parle au soir tombant Et je vous l'espère doux comme ce parfum de...
Parce qu'ils naquirent de l'obscur enchevêtrement des combats veilleurs d'ombres et de silences infiltrés Parce que l'on fit un mur qui bardait l'océan Parce qu'on laissa durcir aux marées les morts innombrables vint comme toujours un autre temps la lumière a redonné couleurs au barrage des oiseaux à ce qui tient des flux des reflux la paix des armes tues la paix des couleurs nues la paix des bombes sans armures des arts sans autres murs que la douceur imaginaire et l'infini des soirs
blockhaus graphés dans l'Ile de Ré - octobre 2022
Une publication de poèmes et d'images sur Calameo, pour explorer les villes de 3 continents, avec le hasard pour guide et le bonheur de la découverte en bandoulière ... cliquer sur ce lien pour feuilleter l'album et lire les textes https://fr.calameo.com/read/0068311960d5d2133cb3e
Rotterdam - Mai 2022
Le ciel a débordé bien au delà du bleu Les murs ne parlent pas du temps Ils dorment en enfance images de la Dordogne dans les traces des villages où je partais en vacances il y a plus de 60 ans
début juillet : St Laurent des Hommes, St Martin l'Astier, Broches, St Front de Pradoux