Sur le principe du cadavre exquis : prendre un carnet japonais en accordéon, dessiner, écrire, plier la page et revenir le lendemain sans regarder ce qui a été fait la veille ! Champ de ciel en odeur de ruines / qui revivait là sans se douter / des eaux, des os, des vents / et des ombres vivaces elles aussi / qui renaissent à chaque / saison / et puis... c'est l'exil surgi / du néant blanc / qui dit vague / et se noie malgré / la nageoire / dentelée / des abysses / alors même / que l'espace / insurgé nous /promet cette / pluie/ d'étoiles mais / ne dit-on pas / de la pierre / qu'à son tort / défendant...
D'abord fermer les yeux Laisser l'ombre trembler au bord des cils Apprivoiser le ballet des phosphènes Attendre... On dit que la nuit engendre des monstres blancs Mais derrière les paupières Se déploient seulement l'exercice du vide Et la poussière d'un rêve éteint
"intérieur nuit" - eau forte sur zinc et aquatinte
sept âges de vie sept petites toiles carrées (20x20cm) sept temps de réflexion !
émergence - encore n'y a-t-il que l'idée du possible
promesses - en attente des moments infinis
la chair s'éveille - un pied toujours dehors - et tangue
le temps des masques emportait tous les regards
vers la création - à fonds perdus - sans l'horizon
failles et brèches - derrière la vitrine - des falaises
au soir aveugle - l'intérieur du vide - retourne sur lui-même
Les murs se chiffrent en lettres pâles, et le passé, et le passé reprend son droit de préemption sur les fils asservis et le plâtre et le plâtre s'écueille aux visages fendus que les mots ont dressés en briques de silence. Ceux qui vivent encore là remontent peu à peu du fond des caves où gisent leurs désirs en rubans de phrases mortes... crissement bavard, bavant, et puis c'est tout
collages et multitechniques septembre 2019
Exposition : "Ma vie d'artiste à l'état brut" présentée à la Chapelle st Fiacre à Concarneau... Jeudi 3 octobre. Un très grand vieux monsieur (est-il plus vieux que moi après tout) fait une fois, puis deux le tour de l'expo, puis reprend les places une à une en lisant avec une attention soutenue tous les textes qui accompagnent les œuvres présentées. Il a fini. Il s'approche avec une sorte d'hésitation. J'ai été très intéressé, surtout par les textes, me dit-il. Je réponds : merci, attendant la suite qui vient après mûre réflexion. C'est très fort, reprend-il, j'ai rencontré une émotion puissante...
l'ombre engendre les plis de matières endurcies la surface n'oublie pas de rappeler l'acidité du vent, pierre ou métal en éclats un air de ressemblance tordue de précipices revient au miroir même
eau-forte sur cuivre et aquatinte
J'ai réalisé ces tableaux en atelier sous la conduite oulipienne du peintre Pierre Desvaux en juillet dernier à Aubazines - Corrèze (stage basé sur la notion de palindrome : mot ou phrase qui peut se lire aussi bien de droite à gauche que l'inverse. Ex : radar, kayak, "un art luxueux ultra nu"... etc.) Pour mémoire, l'Oulipo (OUvroir de LIttérature POtentielle) est un mouvement artistique créé en 1960 , auquel ont appartenu, entre autres, Raymond Queneau, Georges Perec, ou Italo Calvino. Les jeux littéraires sont basés sur la notion de consigne, ou de contrainte, au travers desquelles l'imagination...
la bouille / la trogne / la binette / la frimousse perdre la boule/ se prendre la tête/ ouvrir sa boite à camembert se payer la fiole d'un quidam avoir / une bille de clown / une sale bobine / une tête des mauvais jours une face de carême / une tronche en coin de rue ou / un joli minois / un visage de madone / victime du délit de sale gueule / du délit de faciès faire bonne figure / faire sa tête de lard / tirer une tronche de cake se fendre la poire / se casser la margoulette/ gueule d'empeigne ou gueule d'ange / à la tête du client déposer sa tête de cochon, sa tête de nœud sur le trombinoscope...
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Voici fini à grand peine le classement de quelques photos de janvier 2019 : traversée de l'Équateur du nord au sud, d'Otavalo à Cuenca. Merci à Ana Paola, merci à tous les amis rencontrés, merci aux montagnes, aux glaciers, aux orchidées, aux marchés, aux graffeurs, aux constructeurs, aux arbres et aux volcans ! Juste un mot sur ce pays qui m'a enchantée : "Asseyez vous sur un banc, n'importe où en Équateur, vous ne tarderez pas à voir un nuage traverser la route." cliquez sur ce lien pour voir un montage d'environ 6 minutes https://www.youtube.com/watch?v=ceLxV7bCpYM
Création...
Avis de recherche Le désir d'Art explore tout d'abord la découverte, l'expérience, le cheminement. Il n'a pas pas la rigueur mathématique de la recherche en sciences dures. mais il soumet la création à un chemin, à des chemins, puis un réseau, puis une étendue ou une construction charpentée. A chaque moment on peut jouer, de la couleur ou du geste, de la matière ou de la tonalité. Et chaque fois qu'on choisit, on élimine ce qui aurait pu être, mais on n'efface pas ce qui a été. On s'aventure en suivant une idée qui, pourtant, ne va parfois nulle part. C'est ce "nulle part", pour certains, pour...
avril est la saison des cerisiers en fleurs au Japon que l'on va voir en cérémonie... peut être un jour, y serai-je moi aussi ? En attendant, quelques gravures qui font écho à ces printemps lointains sur l'écorce noire le printemps a célébré la neige en avril ils ne disent rien d'avril et de ses couleurs les blancs cerisiers
eau forte sur zinc et aquatinte
ah ! le camélia constellé de bouches roses chanson de printemps ** chaleur des journées au parfum d'herbes coupées l'été revenu ** novembre en bataille tant de feuilles qui s'éloignent de la branche noire ** un seul arbre nu effleuré par le vent gris fine cicatrice **
eaux fortes et aquatinte
Il n'y a rien (Nada) entre le monde et moi. On prend ça comme on veut. Pas de limite ? pas de différence ? ou bien l'écart de l'incompris, l'étrangeté grinçante, la sidération de l'absence ? Les mots viennent. On ne pense pas, on n'imagine pas. C'est la surface d'un miroir qui est, ou n'est pas, profonde. Qui est, ou n'est pas, réelle. Entre moi et le monde, c'est sans histoire, pourtant. Un chemin de traverse. Trois petits tours et puis s'en va. Où ça ? ne sait pas. Ailleurs. Ici. Quelle importance. Identité, variété, similitude, contrariété. Rien à comprendre. Je reste là, mais qui ? posée au...
Ce fut déjà le titre d'une expo réalisée en 2016 : Assembler. Assemblages. Coller et réunir. Loin de l'idée de l'hétérogénéité, travailler à l'unité. Un jour, qui sait, à l'absolu de l'unité, retrouvée en un seul temps, en un seul lieu. Totalité de l'art de la vie, de la production juste avant le big bang. Un petit big bang comme un pétard mouillé, dont on a été le passeur. Quand même. Un seul moment où ça va coller, celui peut être du dernier souffle, ou de la dernière œuvre (on appelle ça une œuvre, mais oui, sans honte, ce qu'on fabrique, n'est ce pas ...). Construire d'abord par accumulation,...
D'une série de 6 gravures sur Rhinalon , intitulée "monstres marins", j'ai choisi deux gravures originales de chaque épreuve pour réaliser un livre d'artiste en 2 exemplaires.
gravure sur rhinalon
tentacules nouées à l'encre des abysses, fleur de roche et de sel il marche à l'envers où le ciel ne l'atteint pas on croit dans un frisson de vagues voir poindre l’œil de stupeur et la douceur muette je ne sais lui parler d'ailleurs il n'entend pas ** son soleil variable est l'inconnue d'une équation de rêves et de coquilles qui valent bien la soie d'autres fourrures quelle noyade céleste ? quel pâturage,...