L'Art de la mise en scène, que j'ai pratiqué un grand temps de ma vie, m'a ramené, sans le savoir, à des pratiques anciennes, plastiques, choisies, qu'un moment j'avais crues détournées par le théâtre, qui n'était pas un premier choix, mais dont j'ai gardé certains codes dans ma pratique. Par exemple, la culture de cet « art de l'éphémère » comme matière de la création. L'action théâtrale demande beaucoup de travail pour un résultat qui ne se matérialise pas, sinon à l'instant de la rencontre avec le public. Ainsi sans doute de toute œuvre créée. En effet, le moment de la « répétition » où l'on...
les souvenirs tourbillonnants se noient dans la défaite reste la beauté qui sauve les apparences et le chaos fécond de nos mémoires qui dansent
collage, et multi technique
Dans les moments de violences sociales, de troubles de la pensée, d'émotion médiatique, on pourrait dénoncer comme inutiles, voire démobilisatrices, la parole ou l'expression des artistes qui tricoteraient leur œuvre, bien au chaud dans leur salon. D'une part, tous les artistes ne jouent pas de cet écart, beaucoup d'entre eux sont immergés dans la réalité et la souffrance du monde, comme nous tous. D'autre part il me semble que c'est dans ces moments là que nous avons tous besoin d'une distance créatrice pour mener nos émotions au terme d'un acte engagé et réfléchi, afin d'ordonner les passions...
ânes, mules, coqs, maisons terreuses meurtries de fraiches cicatrices tapis de laine supportant le tissé des jours, pains ronds écrits sur la pierre avec des tournoiements de femme et d'herbes en fagots les vallées fertiles tranchent la caillasse de saignées en saignées plus vivaces, le vent est l'ami des moutons et des roches culbutées, le monde plie sous l'alternance des cailloux plats et des lignes de crêtes, dans la glaise des montagnes se carrent des marabouts et des secrets de tourelles, Mais de virages en virages la gorge enfoncée fait surgir un déluge de rivière qui mène à l'absence de...
Il fallut constamment hésiter entre le trop et le dépouillé, entre le pauvre et l'abondance, entre l'accumulation et le rejet. L'image de l'Art comme celle d'une nourriture nécessaire à la vie, mais souvent détestée dans son écœurement auquel on ne peut échapper, sous peine de mort. Rester pure sans être vierge, ne rien sacrifier à la facilité, célébrer la paresse. Y a t-il un désir d'Art qui ne soit contradictoire ? J'admirais parfois ces forçats du travail qui produisent, on pourrait presque dire, qui "chient de l'art" comme d'autres "pissent de la copie", qui sont consacrés à un torrent de génie...
Dans le cadre de l'exposition "MursMurs de femmes" de la photographe Véronique BROD à Concarneau, j'ai écrit une dizaine de textes qui dialoguent avec ces images d'affiches déchirées. Avec l'autorisation de Véronique, voici ces textes accompagnés des vignettes photographiques. On trouvera un aperçu plus complet de son travail en cliquant sur http://carnetdebrod.com/
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte:...
texte du poème brodé : voyage en train La Quiaca – Villazon - Uyuni arrive un moment où plus rien ne compte que le poids de matière minérale, ciment des muscles, air au goût de pampa, train de carcasse, rails qui tranchent l'horizon on devient roche, on devient terre, pluie, nuages, on devient poids de glace et de tourments qui tanguent au bout des doigts ralentis marquant le coup à coup des voies entre deux gorges coupées à vif sang de l'Ande et de l'Indienne, tout entier ramassé dans la joue de coca qui martèle un oubli l'Altiplano s'est soulevé à hauteur de mirage, sa côte de magma flottante...
Il me revient un ruisseau de cailloux multicolores où l'on construisait patiemment un monde à taille des jeux d'enfants: barrages, moulins, pièges, échappées, courants, sonorités, clartés. Ainsi se gagne un ruisseau de vie où les graviers faits de mémoire fragmentée tournent en boucles imaginaires. Dessins à la plume de mon arrière grand-père dont je pris la mesure enthousiaste lors des copies d'architecture médiévale qu'on nous imposait à l'adolescence. Épaisseur granuleuse d'une feuille d'aquarelle où le crayon accrochait des questions sans fin. Vertige des magasins de papeterie : stylos, cahiers,...
Ce moment fragile ne dit pas s'il se joue en images sur - exposées d'avoir été trop retournées il ne dit rien de soi, sinon un "nous" qui se voudrait chantant, parlant , jouant, ou ...? il invite, s'il se peut, à quelques découpages dans le temps de l'hiver aujourd'hui c'est soleil, demain, les yeux seront lavés mais quelque chose attend qu'on ne veut ignorer
expo collective à Concarneau Lanriec
c'est l'ombre de l'épaule et la ténacité du parcours qui ne cesse de retourner à sa source c'est un arrondi de mémoire où chacun se renferme sans poser de questions malgré les déchirures, les amertumes, les songes creux et puis encore, encore, le chemin des bras retient le berceau et la terre où s'est fiché le temps, où s'est fiché le camp des vagues scélérates, qui joignent leurs sillons durcis au dessus du naufrage un espace labouré dont on ne sait s'il coule ou s'il demeure, de loin en loin, d'os en os de sang noir en sang noir dont la couleur n'a rien à faire sinon une monnaie donnée au sacrifice...
De la présence enfantine qui subsiste en nous, persiste cette forme de rébellion, qui ne s’affranchit pas directement de la Loi - comment vivre ensemble autrement ? - mais la contourne habilement pour s'en faire notre alliée. Sans véritable projet, mais avec ce postulat préalable un jour énoncé : personne ne me dira plus ce que je dois faire. S'affranchir donc, de l'autorité de la hiérarchie quelle qu'elle soit. Respecter la loi, peut-être, mais qu'elle ne vienne pas d'en haut : qu'elle soit transversale et librement consentie. Pour le reste, qu'on me fiche la paix. J'y reviendrai. Être artiste,...
Que dire d'une vie d'artiste - qui n'était pas gagnée d'avance - sans fortune, sans notoriété, mais surtout sans contrainte ni amertume? Par le seul plaisir d'avoir mis, longtemps après, un qualificatif à son nom propre - qui n'était pas si propre - et de situer sa véridique histoire dans un choix sous-terrain, inavoué, à peine tracé, finissant toutefois par faire un vrai chemin de lacets, un passage visible sur la carte du ciel, d'où je regarde les méandres qui parviennent à charrier un peu d'eau claire, un peu d'eau courante, un peu de sens à la terre assoiffée. Longtemps j'ai évité de dire le...
PRÉSENTER, REPRÉSENTER. EXPOSER, S'EXPOSER. C'est ce qui se fabrique de nous, en dehors de nous, qu'on tient à distance comme ces masques vénitiens portés à bout de bras. Abandon d'un peu de soi, qui n'est pas soi, où l'on s'autorise à respirer. C'est cet objet étrange, étranger, qui manifeste le passage du temps. Un chemin d'un espace donné, puis repris, puis reconstruit, puis désavoué, c'est à dire offert, au partage et à l’œil de l'autre, à la critique de l'autre. Qui n'affectera pas l'être, mais lui donnera, peut-être, une couleur imprévisible qui n'était pas dans son projet. Qui n'était pas...
(suite à l'expo Niki de St Phalle qui vient de fermer ses portes à Paris au grand Palais) Tout d'abord, le prénom me parlait. Ce n'est pas le sien, ce n'est pas le mien, mais durant quelques années, dans des revues poétiques, je signais du même prénom. La comparaison s'arrête là. C'est une immense artiste Je n'ai pas été violée, à l'âge de 11 ans, ni à aucun âge, par mon père, ou qui que ce soit d'autre. Elle si. J'ai cru longtemps que le nom de St Phalle avait été choisi par elle à cause du drame, pour accuser sa famille. Mais non. Elle n'a rien inventé. Ni le nom, ni la douleur. Je connaissais...
je me souviens ... d'une chanson de Michel Corringe dans les années 60 j'ai mis longtemps à arpenter la route qu'elle invitait à prendre et maintenant ? envie de repartir même si parfois la route parait inaccessible Voici une vidéo pour partager pour inviter pour échanger les chemins d'Europe, d'Afrique et d'Amérique avec qui le voudra https://www.youtube.com/watch?v=yrJQoZP8VEU&feature=youtu.be
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