Premiers baobabs

l’arbre qu’on appelle flamboyant, je l’ai vu
et le rônier, le palmier, le kapokier, le manguier à la rondeur majestueuse, et surtout
le baobab légendaire plus beau encore qu’imaginé
membre des fétiches et bruissement des ancêtres
puissant orage émergé de la matière chaude
arbre que le temps a fixé en puissance bénéfique
arbre de peau de ciel dérobé aux dieux mères
le baobab est au centre du monde, au centre du village,
au centre de la terre épouse il rampe avec volupté
et tire sa force gigantesque d’un sang épuré qui se donne en verdoiement
Afrique : baobab sans mesure qui n’oublie ni le ciel, ni la chair, ni la bonté, ni la force brutale
je n’ai pas vu de baobab couché

Méfiez-vous
de l'eau qui dort
des monstres assoupis
de la langue de bois
des évidences données en pâture
mais croyez
au regard transparent, au vent qui décoiffe, à l'aube qui viendra, à tout ce qui n'est pas encore
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