Le Chili de Neruda
le Chili célèbre à tout moment Neruda comme un héros national...
Ses maisons sanctuarisées offre au voyageur le visage étonnant et contradictoire d'un homme de la terre qui se vivait en capitaine d'un bateau définitivement ancré, d'un gamin pauvre qui ne s'est pas lassé d'accumuler de son vivant des collections folles et désordonnées d'objets célébrant la beauté et le travail des hommes
Mais ce que l'on retient avant tout ce sont les mots emportés de souffles choqués par la rencontre impossible de la violente profondeur Pacifique et de la hauteur Andine, d'un homme seul face à l'océan et de la multitude du peuple
Entre tous ses écrits je découvre au fil de ses 3 maisons (Isla Negra, Chascona, Sebastiana) un petit bouquin qui réunit son discours de réception au prix Nobel en 71, et celui qu'il prononça après son retour au Chili en Nov 72, à la fin de sa mission d'ambassadeur en France (il était déjà très malade, et mourut un an après, c'est à dire 10 jours après le coup d'état du 11 septembre 1973).
Ce dernier discours, hélas prémonitoire, où il met en garde son pays contre la tentation de guerre civile, rend hommage à Allende et au peuple qui l'a élu, ainsi (ironie du sort) qu'à l'armée supposée légaliste encore à cette époque en particulier au Général Prats qui le reçoit à la place d'Allende voyageant à l'étranger. Prats sera assassiné par son "frère" d'arme Pinochet un an après le Golpe. Ce discours a été prononcé dans le stade de Santiago où les putschistes réuniront les opposants et passeront nombre d'entre eux par les armes (dont Victor Jara, le chanteur à qui ils couperont les mains)