Il ne faut pas chercher à ces quelques réflexions la moindre justification scientifique, il est probable que je me trompe sur les âges du magdalénien, solutréen et autre moustérien, et que je confonde les dates du mésolithique avec le paléolithique inférieur. Tant pis ! Je ne suis pas une encyclopédie et d'ailleurs, au fur et à mesure des découvertes, la date, la durée, la recherche et la profondeur des excavations d'où l'on extrait le succédané de notre lointain passé, changent les faits en permanence. Le principal est de savoir que ça existe. D'abord. Faire la nique aux créationnistes (ceux qui...
Retour en Bretagne après une semaine passée dans la vallée de la Vézère, un des berceaux de l'humanité comme dit la pub, territoire de chaleur douce, de vallées aimables, de grottes ornées, d'architectures opulentes et nourricières, de fleuves alanguis qui font les paresseux. Si je pensais en partant il y a huit jours, ou me détourner, ou m'enfuir, ou me perdre, il est plus sûr encore que je suis retournée vers quelque chose de moi qui s'abandonne en ces lieux que j'ignore et reconnais toujours, dans le même temps; dont j'ai été gavée, où j'ai été vraisemblablement conçue, et inscrite dans ce paysage...
du départ, se départir de quelque sorte, dont il ne reste rien et pas moi, mais pas moi virer de bord, tourner le dos, attendre que revienne le goût du plus loin que j'imagine, ce grand départ aux saveurs de coco, qui va vers il ne sait pas où les habits, les orages, les manches toutes retournées et quelquefois l'on sait, et quelquefois pas, où l'on voudrait aller mais au milieu du fleuve, Michel Serres dans le "tiers instruit" parle de ce moment où l'aller est moins grand à exécuter que le retour alors ... on exécute, à petits feux, on installe, on y flotte, mais à peine installé, voici la fin...
Création théâtrale en plein air du texte de B.M Koltès "Quai Ouest" par le théâtre de l'Eclair. Ville Close Concarneau juillet 2012 Je joue le rôle de Cécile et je fais la mise en scène.
Premier mai : rouge et noire manif, je défile toujours avec les anars, leurs protestations sont plus gaies, et leurs cadences plus inégales ! Sur un banc quai du Steir, premier soleil depuis des semaines. Et un sandwich vite attrappé dans le seul magasin ouvert de tout le quartier. Devant moi, les miettes échappées du casse-dalle. Trois gros oiseaux accourent en dandinant vers la manne convoitée. Rapide, fulgurant, un petit piaf vient leur voler droit sous le bec. Les trois gros se retrouvent pigeons à plus d'un titre. Le morceau de pain tombe et retombe mais le petit s'accroche. Afflux d'affamés...
Les chocs répétés de l'indigence et de la haine sociale n'ont pas empêché les "grands" de fermer les yeux sur le climat délétère au goût de cadavre, étouffé dans son crachat et sa terrible déshérence. Face à l'émergence de la brute, il n'y a que la fraternité qui tienne, et pas les calculs stratégiques du tout-pour-soi. Nous entrons dans un tunnel et savons ce qui nous y conduit : le petit confort, le manque de vigilance, l'égoïsme, le fatalisme ... et la peur. Et la peur ! Moi, je n'ai pas peur. J'ai seulement envie de vomir ce relent d'infection collé sur ma langue qui n'arrive plus à crier....
Le poids de l’état d’âme, ou le poids du silence Creusent en arrière un espace d’oubli On s’efface, on retombe, on voudrait bien aller Il n’y a pas de corps, et plus de ronde entre poings durs et chanson dévoyée Que la douceur venimeuse parée de neige et de frisson Un jour secoue la pesanteur, un jour qui tente un rire cassé un jour, l’un et l’autre et l’une et bien des autres scandent à l’envi que si la mort est proche elle garde en mémoire le fracas des espérances ils laissent tout au fond ces poids morts un jour, celui là, ou un prochain, ils verront mieux que la blancheur ne nous pardonne pas...
Comme chaque année, est organisé le printemps de la poésie à Concarneau, avec l'association AïXOS et des partenaires artistes dans CHAP'L en ville close «Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière» (Michel Audiard) VOYAGE(S), spectacle de Joël Cudennec Textes de Blaise Cendrars et Sylvain Tesson Dix ans après la création et 80 représentations de « le vieux qui lisait des romans d’amour», Joël Cudennec nous propose avec cette nouvelle création de quitter la jungle amazonienne pour le froid, la taïga sibérienne… Encore des histoires de fêlés, généreux, naïfs et le Pacifique comme...
Il y a très précisément une année, j'étais à Cuzco, au Pérou. Submergée par le déferlement de jaune du dieu soleil, de jaune d'or inca sur la ville, les éclats des pétards et des fusées illuminant les terrasses et les montagnes. Il faisait frais à cette altitude, pourtant ce n'était pas l'hiver. De quelle saison nous vient tant de beauté ? Dans mon hiver d'ici, avec chaleur de poêle et tendresse étoilée, je cherche après le froid des Andes, après le souffle court, une autre invitation aux voyages qui tardent à venir Parce que le temps est court lui aussi, de mon souffle un peu rassis qui oublie...
Ce texte a été écrit par mon ami Wassiou, un jeune Togolais que j’ai connu à Kara en 2001 à l'âge de 13 ans. (cliquez sur le lien pour lire le texte intégral) récit de migration Il m’a autorisé à le mettre en forme et à le publier simplement pour que d’autres que moi, en Occident, où il espérait sans doute débarquer un jour, prennent conscience de la souffrance de l’exil, qui n’est jamais consentie de bon cœur, mais poussée par l’impérieuse nécessité de la faim. Si nous ne savons pas, ne voulons pas régler avec tous les peuples une répartition plus égale des richesses, jamais l’immigration ne cessera,...
Reçu il y a quelques jours ce commentaire aimable et amical d'un lecteur togolais... Bonjour Je suis David Kpelly un Togolais de 27 ans vivant à Bamako, au Mali, passionné de littérature. Je viens de découvrir votre blog par le lien de Sami Tchak. Quel coup de cœur pour notre pays! Cela peut paraître ordinaire, un blog si fortement marqué par notre pays, mais je pense que pour nous Togolais, qui sentons notre pays si petit, si étouffé, c'est un grand plaisir de voir comment vous le révélez à travers vos textes. Merci et bon travail. Le Togo vous en est reconnaissant. Mes derniers écrits évoquaient...
je ne comprends pas toujours les purs et durs qui veulent voir l'humain s'exiler du monde le monde des purs est-il encore un monde, privé de vie qui pue, qui abime, qui construit, qui ferraille, qui carcasse ? et qui contemple le beau avec le laid, et plus souvent encore le beau à l'intérieur du laid à l'intérieur du beau ce que l'on ne regarde pas n'existe pas encore je voulais seulement goûter un peu de brume aux frais du jour sans remarquer les armures métalliques que la photo a malgré moi fixé et malgré l'humain, construit inutile et dur et c'était beau mais encore, pourquoi dire non aux éoliennes...
Le dernier spectacle dans lequel je mets la poésie en scène, avec une amie pianiste, est axé sur la poésie de Pablo Neruda. Cela dit quelque chose, n'est ce pas ? Neruda, Chili, Allende, Unita popular, Victor Jara, coup d'état, 11 septembre ... nous y voilà ! A la fin du spectacle je me permets de rappeler aux spectateurs cet "autre" 11 septembre de 1973, qui vit les forces du "chaos" emmenées par les USA et un futur Nobel de la Paix (!!) Henri Kissinger, flinguer à bout portant une démocratie légitime d'Amérique du sud qui échappait à leur influence. Neruda, chantre poétique de la révolution chilienne...
Il n'y a aucun évènement de la vie sociale qui, plus que le deuil, suscite des rituels et des rassemblements d'individus pour affermir la convention permettant à la vie, une fois ceux ci accomplis, de reprendre son cours normal et mouvementé. Tant que le mort est encore présent, la mort arrête le temps, suspendu en un point d'exclamation incrédule, douloureux, ou révolté, que le passage par un autre espace temps, celui du rite, permet de dépasser. Je ne sais pour quelle raison ces questions m'ont toujours fascinée. Quand j'étais en fac de psycho, j'avais rédigé mon mémoire de fin de licence sur...
" peu à peu mais aussi à grands à-coups il m'a été donné de vivre oh! quelle affaire insignifiante" Pablo Neruda je disais samedi soir pour une vingtaine de spectateurs attentifs cette phrase de Pablo Neruda, extraite de son recueil "mémorial de l'ile noire" publié à 60 ans c'est aussi mon âge un moment de retour sur soi même, pour entrer dans la vieillesse, et chercher le sens peut être insignifiant ne veut pas dire inutile ou misérable, mais seulement qui ne trouve pas la direction, la distance, et la finalité du voyage ainsi de tout voyage entrepris dans tel but et qui aboutit sur des rivages...