A la base, il s'agit de destruction, de guerre, de violence, d'anéantissement. D'où vient que la beauté surgisse d'un oiseau blanc qui plane sur des ruines ? Du béton effrité en couleurs de jeunesse qui n'a pas peur du vide ? D'où vient que l'on sache si peu de nous-mêmes qu'il faille toujours recommencer ? La base est un volcan de laves souterraines qu'il faut éterniser, pour être sûrs de ce qui nous attend. Demain ? Ou peut-être jamais... Si nous savons y regarder à deux fois. A cent fois. Jusqu'à l'éternité de rien.
Lorient, ancienne base des sous marins allemands, désormais espace libre et...
Lorient, Son nom, Fête 360 années de pierres et de frégates La ville, en ses rêves, remontait le vent Vers les épices et les soies, les indiennes Que la traversée finirait par alourdir en cales d'infortune Finirait par enfoncer au néant des hauts fonds Vers les embarcadères chargés D'hommes et de femmes Enchainés Toujours D'en haut Les découvertes, les observatoires Espéraient la richesse, beauté légère, étourdie de parfums. Ne s'y trouvait que la fortune rance des cales souillées La tour reste figée sur l'empreinte d'un monde oublié Disons : qu'elle voudrait oublier ? Elle dure, elle tient, dans...
ils marchent ne sachant vers quel refus leur voix s'étoufferont ou le sachant trop bien leurs bras ne peuvent plus saisir l'outil qui fait surgir l'arc du feu leurs mains sont dépouillées ils marchent, ouvriers, ouvrières pareillement défaits, pareillement jetés dans l'eau noire des oublis dans la douleur noire de l'atelier brisé dans le temps noir de l'indifférence des maîtres ils marchent en martelant la terre, comme ils avaient forgé avec la puissance et l'enclume avec l'épuisement des jours se répétant se répétant ils marchent avec le plein de dignité ils ne veulent pas lâcher ce plein de leur...
j'aimais cette expression qu'on entendait souvent on marche sur la tête mais, quand il n'y a même plus de tête, que faut-il faire c'était peu de le dire on allait voir ce qu'on allait voir j'ai perdu la boule (ah! je veux dire la tête) l'espace d'un matin il me restait des pieds, pour marcher, pour marcher et des mains pour écrire, pour crayonner sans rire et des jambes pour la danse des diables innocents pour savoir où je vais Et vous, vous le savez ?
Travail préparatoire et réalisation 2014
Par tous les temps, elles baillent elles se taisent, elles se murent, les fenêtres cousues qui encerclaient la peur et parfois le refuge qui se brisaient pour rien d'un enfant qui s'amuse, ou d'un homme en colère, mais elles ne diront rien tu peux en être sure elles tiennent au cadre qui les clos elles tiennent à leur maison, à leur vision, sans raison, bien au delà du vent qui s'égosille à parler d'ouverture la fenêtre est perdue quand elle n'abrite rien
fenêtres - Hennebont- printemps 2026
François Arago vivait de chiffres et d'étoiles. Il a parlé, pour le peuple, de révolutions qui ne concernaient pas que la mécanique céleste. Le boulevard qui porte son nom longe l'Observatoire de Paris et l’institut d’Astrophysique. On y trouve aussi la dernière vespasienne (autrement dit "pissotière") de la capitale. Les hauts murs sont accompagnés de ces misérables tentes bleues qui témoignent partout de la déliquescence et de la misère sans appel. Arago en eut probablement fait un flamboyant discours (comme durant la révolution de 1848) Et puis. Il y a le mur nord de la Santé, (vous ne trouvez...
Les bois et les serrures, la ferraille et la pierre sur la rouille verdie des ateliers brisés autrefois ils suaient, ils trimaient, parfois même ils chantaient la pluie reprend les droits, il n'y a plus de mains pour la matière d'un seul espoir. Mais, dites-moi, de quel droit parlait-on ? On ne saura pas lire la trace qui s'étouffe hors des vies cadencées la terre repousse au loin les villes qui coulent en douce dans le silence gris de l'autrefois ruiné
Ancienne usine, ou atelier - Hennebont
Terre saturée de vent contraire qui déchausse les arbres noirs Chaque pas espère un autre pas Chaque nuage aspire la lumière L'enfant tombe Déjà gris Que ferons-nous de ce temps mort Où les mots étouffent entre les dents Qui n'ont plus de bouche
la bouche de la nuit, qui mord d'ennui
Pas sûr, pas sûr, qu'on forcerait l'allure, Qu'on aurait plus d'air pur Pas sûr que les faucons, et pas sûr que les vrais Lanceraient des lettres mortes qui sont leur proie de mots Sous d'autres vents contraires Pas sûr qu'on pleure en paix sous le ciel décalqué Pas sûr qu'on ait le temps de s'éveiller, de réveiller Les faux amis, les vrais aussi Pas sûr que le sommeil Et la vie durent, et durent Pas sûr, pas sûr
collages
on ne lâchera rien. on sera heureux, juste pour faire la nique à ce qui hait on dira oui, on dira non, mais on saura pourquoi on aimera quand il faudra, plus souvent qu'à son tour on poussera les vieux démons dans la fosse de l'indigence on lèvera le poing et puis on ouvrira les poings fermés jusqu'à ce qu'il en surgisse des chants-oiseaux on se relèvera autant de fois que nécessaire et jamais seule et jamais seul on gravera sur les nuages des mots entiers qui feront taire le vent des explosions parce qu'on le peut parce qu'on le doit
graff tunnel des tuileries - Paris 2023
j'aime la fête, la famille, les offrandes, les partages. j'aime les aurores boréales, les troupeaux de rennes, le cercle polaire, le grand Nord j'aime le rouge et les lumières j'aime les solstices d'hiver et l'espérance des jours meilleurs mais je n'aime pas le père Noël, ses habits de mensonges, sa barbe dégoulinante de fausseté qui cache l'artifice, ses clochettes dissonantes, ses cadeaux plastifiés enfant, jamais n'y voulus croire jamais, sur les genoux de l'inquiétant barbu les tout petits hurlaient de terreur à son approche parfois j'ai protesté parfois je me suis tue inventant cette histoire,...
Lors de l'occupation de la voie express à Quimper, des dizaines de bras tapaient en cadence sur les glissières, et ne disaient rien d'autre à cet instant que l'accord absolu d'un rythme spontané : triomphe de la musique sur la bêtise ! l'espace d'un moment la route redevient savane, redevient chant le rituel monte à la face du mépris, à la face de ce qui, là-haut, ne nous aime pas le plus petit commun, multiple cœur, n'en finit pas de battre le temps n'existe plus, pour un quart d'heure d'éternité, la voie est libre, on y marche dans l'air saturé, et l'on respire quand même des vieux des jeunes,...
Ça sent le pain d'épices, ça brille un peu dehors. Mais ... On se sent partagé, pas seulement avec les absents, mais partagé en mille morceaux. En mille petites lumières dont certaines s'éteignent peu à peu. En mille mots qui ne franchissent pas les lèvres, parce que ... En mille vagues chahutées des noirceurs tout autour. En mille et en millions qu'on voudrait bien croire frères, et qui ne savent pas ... En mille matins qui reviendront quand même. En mille bonsoirs qui cherchent la musique. Je ne crois rien. Je n'attends rien. Je parle au soir tombant Et je vous l'espère doux comme ce parfum de...
Dessin poème : l'art de s'engager Noirceur de pierre à la lumière des hommes Beauté frémissante qu'on arrache à la mort, qu'on attache à la ville Merci à ce sublime artiste
exposition Landerneau - Fond Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture