Sur la carte satellite on voit le trajet de la voie ferrée entre Laroquebrou et Laval s/Cère, qui suit la rivière (Cère) tandis qu'aucune route ne passe par cette vallée encaissée qui détermine les limites du Cantal, du Lot et de la Corrèze
Il fallut moins d'un siècle pour donner à tous les pays du monde le transport ferroviaire, au prix d'efforts humains, industriels, logistiques sans précédent : ouvrages d'arts, tunnels creusés à la main, ou presque, viaducs, ponts de fer, milliers de kilomètres de voies destinées à relier les hommes, à amener les marchandises là où les routes n'allaient pas,...
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Vital pour l'un, éblouissant pour l'autre, le marché conjugue la nécessité du sédentaire et le hasard du voyageur. Arrimée aux couleurs brassées de formes et d'odeurs, que l'on ne sait nommer, toute parole est emportée dans le ruisseau des rires, des marchandages et des cris incertains, où le passant n'osera donner de sa voix. Tourbillon sur des chemins d'images parfois remontés jusqu'au costumes des femmes, jusqu'au désir des fruits, jusqu'aux chairs pantelantes qui écrivent un roman du monde, le marché étourdit autant qu'il ravive la vérité du territoire,...
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Voici fini à grand peine le classement de quelques photos de janvier 2019 : traversée de l'Équateur du nord au sud, d'Otavalo à Cuenca. Merci à Ana Paola, merci à tous les amis rencontrés, merci aux montagnes, aux glaciers, aux orchidées, aux marchés, aux graffeurs, aux constructeurs, aux arbres et aux volcans ! Juste un mot sur ce pays qui m'a enchantée : "Asseyez vous sur un banc, n'importe où en Équateur, vous ne tarderez pas à voir un nuage traverser la route." cliquez sur ce lien pour voir un montage d'environ 6 minutes https://www.youtube.com/watch?v=ceLxV7bCpYM
Création...
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Il y a quatre villes, piliers de ciel, qui habitent le nom de Quito La ville bariolée de couleurs imaginaires qu'on ne retrouve pas, même en fouillant chaque ruelle. Celle d'avant le voyage. Elle est déjà passée. la ville répandue, échappée, jeu de cubes au hasard des quebradas, des précipices, des ponts, des failles, des cassures, des escaliers, des ascensions, des coupoles. La ville qu'on nomme avec les pieds, le souffle et le présent. La ville noire surgie des couches telluriques, qui tremble sous les pavés, interroge et ne répond jamais. Qui se réveille...
l’œil coupant décharne toute vie jusqu'à l'aiguille il n'y a pas de ciel, rien que le vent il n'y a pas de traces, rien que le sang indien colorant la terre assoiffée j'ai cherché les Mohaves, les Paiute, les Chemehuevi, les Chumash, les Tipai, les Taaqtam, les Kawaiiasu j'ai cherché l'arbre tordu qui disait le chemin. celui là-même qui hachait le vieux monde j'ai trouvé le froid inconnu d'une beauté sans mélange cela suffira-t-il à raconter l'histoire ?
joshua tree desert
hidden valley
old silver mine
désert de cactus
Joshua tree national park
La ville s'enroule en écailles de brume et de feuilles luisantes avec la douceur des grands iguanes ou des serpents de mer qu'on a rêvés sans trop y croire. puis elle surgit des hauteurs et s'éveille entre deux eaux, entre deux ponts, et se déploie d'arcades en arcades, de rues en rues, de glissades en croche-pied de fils noués chaque impasse se soulève, chaque maison vibre et le ciel s'évanouit vers l'arc des couleurs qui claquent à tous les vents les tours, les môles, les rails s'ébrouent en gerbes d'air doré alors, la Sirène se lève, le jour ondule, le moteur ronfle, et c'est un autre matin...
Ça se passe au Togo, précisément dans la petite ville de Bafilo. Nous sommes groupés sous l'appatam* en compagnie du chef de village , et de son conseil. Nous, c'est à dire quelques amis Kotokolis de Kara, et trois blancs qui venons demander au chef l'autorisation d'accéder à la cascade d'eau potable qui se trouve à quelque distance. Un des jeunes, resté dans le taxi, surgit de façon impromptue au milieu de l'échange de salutations et de politesses qui préside à ce type de rencontre. Il vient de lire sur son smartphone (oui en Afrique, presque tout le monde a un téléphone connecté !) qu'un attentat...
c'est le cœur : le marteau qui cogne, qui bouillonne c'est le buisson ardent : les tombes emportées par le ruisseau des feuilles et la brume violette des draps condamnés aux champs d'honneur car l'honneur s'est perdu et le tourbillon glisse en fourneaux refroidis, en ardoises, en voies de fer qu'on a déshabillées après c'est le silence le fleuve méandreux traverse le ventre pâle des vallées endormies où demeurent l'accointance du ciel avec le métal, la vérité de l'eau qui s'embrase sans le dire, le souvenir d'un oiseau noir, le grondement d'une cohorte de mots abandonnés et de voyelles orphelines...
"C'est un trou de verdure où chante une rivière..." Nous avons tous en mémoire "le dormeur du Val" , qui témoigne des horreurs de 1870. La forêt ardennaise, à proximité immédiate des terrains d'opération des 3 dernières grandes guerres, est habitée des souvenirs, des massacres et des charniers de "braves gens" (suivant la citation inepte de Guillaume II en 1870). Quand on se balade en ces lieux, on marche sur des cadavres, même si on veut l'oublier. Dans ce trou de verdure paisiblement photographié entre Sedan et la frontière belge, les nazis avaient installé des bunkers dans d'innocentes maisons...
Belle, je la retrouve, à la saison des eaux meurtries par l'encombrement des gravières, je longe les bois noirs piqués d'éclaircies, car là, tout à travers, toute lumière est bonne à boire je la retrouve, belle, dans ce peu de couleurs aux infinités de nuances, dans ce peu de courant aux infinis remous, avec la fraicheur de l'arbre le crapaud mort sur la route les premiers labours là, elle, dans l'obscurité vénéneuse de sa chair attentive, défie les matins nus et les soirs enrubannées d'insectes passante au plein midi de ses largesses inconnue reconnaissable, Loire au goût de figue et de cerise,...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 Où l'on arrive, d'où l'on repart, la gare est espace protecteur, quasi maternel, en même temps que point aiguisé d'une toile où le voyageur glisse hardiment de fil en fil, au réseau de laquelle il accroche ses espoirs, sa curiosité et ses rêves de frontière. Qu'il espère bien trancher, dépasser. Ou ignorer. La gare n'est pas la parenthèse du voyage entre deux villes. Au contraire, le voyage se constitue de gares en gares face à la possible vacuité de la ville. On sait lire le quai, l'attente et déchiffrer les heures. Le voyageur a le temps pour lui. Le monde...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 On entrait sous la pluie dans les remparts de Novgorod, kremlin rouge d'automne et de de terre cuite. L'église brillait au dessus des fresques écaillées. Comme partout, comme toujours, les foules s'empressaient autour des cierges et des icônes rutilantes. J'ai marché sur des chemins glissants à la lisière des murs. Je disais : Novgorod, comme une incantation brutale revenue de "la prose du transsibérien", mais c'était un autre Novgorod, un autre voyage, un autre temps. Sur des estrades instables, nous sommes restés figés longtemps dans l'attente du coeur joyeux...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 Beaucoup de gens disaient : "c'est une ville qui m'a tant fait rêver". Je ne savais pas pourquoi. Rêver de quoi ? de l'Hermitage et de ses fabuleuses collections ? de la Neva et de ses ponts levants ? des palais de tsars et des perspectives monumentales ? Non, je ne savais pas. Alors, j'ai pris la ville comme elle me prenait : à froid, à bras le corps, et pied à pied. Le long des quais, des escaliers, des églises innombrables, des dorures affolantes, des cimetières et des cours oubliées. J'ai apprivoisé, sans rien dire, cette sorte de Paris (moi la parisienne,...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 Au matin, sur le pont du Viking Lines, Helsinki s'annonce claire et froide, dédale et archipel, îles sous le vent polaire. Les passagers par centaines se dispersent en un instant, j'y entre presque seule, remontant à pied des avenues de briques, où mon chemin inscrit déjà tout un mystère. Je me souviens du soleil oblique, du port désert, du bois de feuilles mortes, et de la chambre blanche où une fille aux cheveux pâles m'accueille en silence. Vers le soir un ourlet de nuages se déchire en un moment bleuté aveuglant de lumière. Je n'y comprends rien! Le lendemain,...