je me souviens ... d'une chanson de Michel Corringe dans les années 60 j'ai mis longtemps à arpenter la route qu'elle invitait à prendre et maintenant ? envie de repartir même si parfois la route parait inaccessible Voici une vidéo pour partager pour inviter pour échanger les chemins d'Europe, d'Afrique et d'Amérique avec qui le voudra https://www.youtube.com/watch?v=yrJQoZP8VEU&feature=youtu.be
Bolivie
impossible animal arrivé de la mer mi-poulpe mi-sirène elle s'est coulé dans l'estuaire avec l'élan électrique des anguilles entre les berges pierreuses des monts elle a embrassé les pentes et les bois elle a déployé le bourdonnement incisif des mots oubliés, des cris souterrains, de la sueur métallique elle s'est couchée là tête ronde écaillée de lumière qui rêve au non-retour, tournant le dos à l'océan qu'une guillotine de rouille retient au delà du vacarme et du vent puis elle s'est mise à rire et plus elle riait, plus elle déployait des milliers de dents acérées sur le chemin des plateaux nus...
En ces moments troublés d'obscurantisme et de violence qui font, comme toujours, écho à d'autres évènements passés de violence et d'obscurantisme, j'ai aimé, en passant à Guernika faire le constat que les artistes (Picasso, Henry Moore, Eduardo Chillida...) et leurs œuvres peuvent un jour surgir à la place des armes et du sang, et surtout, remplacer la dévotion au fanatisme d'où qu'il vienne par l'hommage à la beauté et à l'Art
chemin faisant il se découvre vidé de substance et de rêves toujours marchant sans trêve au détour des taillis surgi d'un bref enchantement elle m'a dit je ne suis pas celle que vous croyez Parc de sculptures de Kerguehennec (56) et Lanrelas(22)
journal de voyage : vers le nord 2014 ... à ces échos d'Henri Michaux ou de René Magritte c'est une ville dérangée qu'on ne dérangera pas une ville enfermée qu'on surprend en plein vol car la ville de tous les ciels encombre les étoiles et déconstruit l'image de briques et de broc que le puzzle enrhume petit à petit cactus métallique se riant de piques sans raison Celle qui sur-réalise loin de son ambition capitale pigeonne en forme de cœur, en forme de ciseau ou de pistolet à moustache la tête entre deux sièges, le cul entre deux têtes, la ville ne fait pas sa maligne ou c'est une autre ville,...
journal de voyage : vers le nord 2014 Elle, fragile face à l’ambiguïté des passions Elle, pure essence d'une idée que l'histoire n'achève pas Elle me dit : "tiens bon quand la colère s'embrase" Elle dit aussi : "la mort est blanche quand tout le sang s'est vidé de lui-même" Elle, seule. Survivra-t-elle face au nombre si torturé, si rouge, si beau
champ de fleurs à Haarlem
journal de voyage : vers le nord 2014 c'est au petit matin qu'il faut prendre la mesure de l'éloignement le froid cisaille la nuit sans sommeil et porte aux nuages qui s'emmêlent des reflets d'eau et de désert paradoxal on ne sait où aller pour échapper au vent tandis que la ville, les rues, les blocs restent en travers, plantés dans le soleil naissant somnambule et indécise, chaque avenue annonce un moment glissé de silence marcher encore et puis tomber et se remettre en veille une fois encore étrangère une fois encore conquise en attente du monde et des mots insensés la belle aurore neuve est...
journal de voyage : vers le nord 2014 la voie, qui vertement se déshabille souligne l'imprécision du trait et ne s'attend à rien d'un au-delà connu où, tout au bord du quai une ville se penche en elle-même et se rêve ou s'invente en elle-même en équilibre sur le rail de fer elle, aimante, moi ne sachant entendre ce que dit à ma tête d'aiguille le sanglot d'un marcheur à la jambe clouée lequel a décliné depuis longtemps toute espèce d'invitation à perdre sa boussole
gare de Rosporden - 29
Revenir à soi, quelquefois, dans le tourbillon des esprits croisés; comme on dit des ligaments croisés, ceux qui nous font plier la jambe. Revenir à soi... ne pas plier ! Paris s'enivrait de signes aléatoires j'étais là, il y a longtemps, ou dans un autre présent ne sachant plus mesurer le temps, le bruit, le froissement des feuilles le sable se dérobait sous les pieds ne révélait pas de chemins neufs, de cavités secrètes mais des duretés de basalte qui prenaient toute la place et brillaient comme des miroirs Tout ce qui fait taire les chuchotis de complaisance contient l'essence des arbres morts...
village veillant sur le mariage du ciel au goût des fruits mûrs bleue dans l'herbe rase elle m'attend sur le chemin prune de septembre
voyage en Corrèze septembre2013
à la viscosité compacte, salée, charnelle de la mer toujours j'ai préféré la liberté des eaux courantes dont on ne sait quelle énergie les fait chanter ni quelle source les engendra elles sont nos errances et nos voyages nos chimères sans défense contre les heures comptées qui bondissent entre les pierres rondes ou paressent à l'ombre des collines en torrents de questions et de limons fertiles j'aime les fleuves et les rivières et le moindre cours d'eau qui ne se corrompt pas j'aime la douceur des eaux répondant à ma soif j'aime l'apparence usée des berges infidèles que la crue déborde selon son...