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NADA Mémoire vive de mes voyages, poèmes, œuvres, idées. Partages de hasard pour un art engagé.

voyages

Le Togo de novembre

dominique dieterlé
Le Togo de novembre
Le Togo de novembre

3 minutes de film à la volée pour dire des moments chauds qui surgissent comme par magie au cœur de l'hiver... les moments qu'on n'oublie pas, bien au-delà du tremblement des images successivement : ballade en moto sur la piste de Sarakawa fête des fouets à Pagouda danse Habyè à Saouda Lama pilage du fufu cascade de Bafilo toits de Lomé plage d'Agbodrafo séjour au Togo en novembre 2015

Back home

dominique dieterlé
Back home
Back home

je partis, comme toujours alourdie, de valises et de souvenirs inquiets, non pas du saut dans l'inconnu, mais d'un retour éprouvé qui fait naitre sur la peau une démangeaison sans objet, un fourmillement instable entre le trop connu, et l'impériosité de s'étonner qu'emporte le voyageur il n'y avait à craindre ni la brûlure des savanes, ni la sinuosité des liens, ni l'étrangeté à laquelle on m'assigne mais il fallut des jours pour digérer la passivité souillée de la ville incertaine il fallut fermer les yeux, retrouver les chemins d'odeurs, les sonorités de voix dans la persistance d'un émoi où...

Là-bas (Togo 2015)

dominique dieterlé
Là-bas (Togo 2015)
Là-bas (Togo 2015)

des gens, des bras, des mains des mots pour le travail et la douleur des pleurs des détours, des ravins, des fouets, des couteaux des serpents de foule au bord des marigots kaolin, latérite, éclats de voix, tourbillons, couleurs poussière, identité, nous voilà renoués mais je ne danse pas, je glisse vers la pierre d'un chaos, d'un fétiche, vers le mystère moi, je ne danse pas, j'attends les bras, les mains, les gens d'autres pieds que les miens sur la cadence qui s'éloigne sur mon absence, sur mon silence ou bien, je n'attends pas, je me retourne, et c'est déjà fini la danse Habyè à Saouda Lama...

Kpalimé / Togo

dominique dieterlé
Kpalimé / Togo
Kpalimé / Togo

Dans les montagnes de Kpalimé, les grands Kapokiers sont des pirogues verticales aspirées vers les confins on y respire la luxuriance d'une Afrique verte et douce démentie par le vol des lents oiseaux noirs en quête de souffrance les herbes chantent, les criquets se parent de bannières chatoyantes, les feuilles brillantes des "oreilles d'éléphant" se posent au dessus de nos têtes en larges parapluies et le vin de palme coule d'une source abattue en pleine espérance dans la maison de terre, un peintre saoul laisse avec dédain son caissier percevoir le prix de ses œuvres, comme si la négociation...

Pêcheurs de Lomé

dominique dieterlé
Pêcheurs de Lomé
Pêcheurs de Lomé

à la force des bras, deux heures durant, ils tirent le filet plus lourd que le poisson, plus long que la plage, plus traitre que les vagues ils chantent ensemble, pour une pièce, ou pour rien du tout et quelquefois reviennent avec de tout petits poissons, que les femmes font sécher au soleil

Aller puis Revenir

dominique dieterlé
Aller puis Revenir
Aller puis Revenir

ou alors revenir et tomber dans ce puits de mémoire où tout d'abord, on n'a rien vu s'éveiller ou se rendormir, lequel des deux ? associer, dissocier, repartir. le jour n'est pas encore levé il faudrait, doucement, se retourner laisser les talons à la mesure des routes les regards à la mesure des arbres laisser la peau à la mesure de ses brûlures on ne sait plus quels sont les mots on oublie pour un temps qu'il fut un autre temps on s'attarde, on se retarde, on se perd, on se reprend il reste un peu de terre rouge incrustée dans les semelles elle parle, et puis se tait le taxi moto dans le taxi...

Tous les visages du fleuve

dominique dieterlé
Tous les visages du fleuve
Tous les visages du fleuve

car c'est à l'eau qu'il fallut, comme toujours, revenir - à l'appel du fleuve - à la sinuosité tranquille du sable, de la terre et des joncs laisser passer - laisser venir l'eau qui décide où faire le lit, où coucher - ou ne plus revenir il y eut cette eau du père - qui pouvait être le chemin - celui où l'on ne rencontre pas - où l'on dérobe ses regards - pour être ce tracé qui lâche, abandonne - et qui a tout connu courant d'une ère achevée qui tourne le dos à la mer - au retour et aux sources, de même - pour être le passage, le passeur, et le passant mais du passé rien ne s'en dit - car - tout...

Barques

dominique dieterlé
Barques
Barques

Barques à peine étoilées de nuages où l'eau reprend ses droits et murmure au passage il n'y a plus de temps, plus de vent pour finir le voyage (bords de Loire-2015)

Arbres au loin

dominique dieterlé
Arbres au loin
Arbres au loin

au large des eaux calmes les arbres sont lavés de leurs ombres de feuilles de leur sève en rameaux ne restent que les lignes de vieilles déchirures et l'essence et la peau d'où naît un autre fleuve (bords de Loire-2015)

Journal de Grèce - juillet 2015

dominique dieterlé
Journal de Grèce - juillet 2015
Journal de Grèce - juillet 2015

22 juillet - vers l'ile d'Eubée un vent de lumière, et la force du cyclope imaginé, bientôt soulèvent en cadence un grand émoi d'eucalyptus et de poussière l’œil te regarde, en deçà des iles égarées sur la moire du volcan il reste un peu de temps, beaucoup de cendres et l'acidité qu'une paupière archaïque a posé sur la vague 23 juillet - Karystos ce que disent les cigales : les nombres cachés et l'insistance des bourreaux, de leurs élytres coupantes, hacheront le soleil en myriades d'éclats le chemin est long jusqu'à la vérité du zénith on danse malgré tout sur les brasiers, et l'on fait tournoyer...

Athènes 2015

dominique dieterlé
Athènes 2015
Athènes 2015

D'abord, il y a la chaleur cuisante. Non, d'abord il y a la douceur chantante de la langue. Non, d'abord il y a les chiens, abandonnés au cœur de lieux abandonnés. Alors ? je commençais par les cigales. Autant de cigales ? jamais entendu. Elles font crisser les oliviers, les murs, les tags, les amphithéâtres, les jours, les nuits. Elles accompagnent la marche des allées perdues. Celles d'hier. Celles d'aujourd'hui. Sur l'Acropole, une hellène enthousiaste nous révèle que l'aura universelle du Parthénon depuis 25 siècles n'émane pas de ses colonnes, de son marbre, de son architecture, mais de la...

D'île en aile

dominique dieterlé
D'île en aile
D'île en aile

le rivage sans fin qui s'enclot en-lui même, par quel mystère ? c'est l'île qui le raconte, entre goulet et grand large, entre boue et clarté entre elle et moi c'est toute une histoire une histoire d'ex, d'amour tombé pointu, recommencé, revenu, reparti dans un craquement de cicatrices une histoire d'île, une histoire à tire d'aile, un chahut d'oiseaux gris liberté d'un seul pied quand l'une tourne en rond que l'autre tourne court une seule île, une seule aile, pour rêver à moitié à mon Aix qui revient de très loin voyage à l'île d'Aix (Charente Maritime) mai 2015

Tant de vert dure !

dominique dieterlé
Tant de vert dure !
Tant de vert dure !

petit poème paranoïaque on dit que les sages et les fous aiment le désert, assujettis à la pauvre poussière du minéral on dit que nous faisons mourir à petit feu ce qu'ils appellent diversité on dit que les forêts grimacent de sortilèges assoiffés on dit des mots à voix secrète suintant des luttes sans merci entre la voracité du Vert et nos appétits d'autres règnes ah ! moi je dis que tant de vert nous empoigne et nous déborde, qu'il fait naitre des bras menaçants au bord de nos sentiers qu'il balance à la dérobée des tentacules de vampire contrarié et des impatiences ricanantes je cherche le silex,...

Maisons corréziennes

dominique dieterlé
Maisons corréziennes
Maisons corréziennes

De Brive à la vallée du Sorpt, passant Chasteaux et Châtrier les maisons blondes et la lauze des toits comblent des secrets de vie arrachés à la force des chemins creux maisons corréziennes

J'aime les trains

dominique dieterlé
J'aime les trains
J'aime les trains

Même ceux qui n'existent plus, même ceux qu'on a réformés Comme cet ancien "trans-corrézien" qui relia pendant une cinquantaine d'années Tulle à Ussel j'aime les trains par atavisme, ou par besoin de voyageuse qui emporte avec soi des wagons de projets emmêlés j'aime les rails, les aiguillages, les gares, les quais encombrés de sanglots en dépit d'autres trains qui brisèrent tout espoir de retour j'aime les paysages réécrits par ceux qui creusaient les montagnes, enjambaient les torrents, étayaient les dunes en ouvrant des voies incertaines où, coûte que coûte, il fallut s'engouffrer. j'aime encore,...

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