D'autres nuits
D'autres nuits de feuilles ourlées de bleu magnétique discouraient en vain Paris
D'autres nuits de feuilles ourlées de bleu magnétique discouraient en vain Paris
Que les vœux soient toujours meilleurs, je n'en doute pas... même si je ne sais ce qu'ils doivent outrepasser: les frontières de l'instant ou l'espace d'une heure échappée ? le temps d'un regret ou le vent du changement ? meilleurs qu'avant ? meilleurs que demain qui n'existe pas ? Le meilleur vœu, qui tombe à point nommé, n'a pourtant pas de nom juste un sillage de chaleur et d'odeur pour rappeler à grands cris une brève illusion de l'immortelle randonnée ou la puissance qui lirait nos destinations ou le rire qui m'offre cette seconde sans se tromper car j'ai bien peur que mes vœux soient plus...
béant clair de lune sous la peau des arbres noirs Orion s'est figé il reste le vent pour chanter des mots glacés d'encre et de sommeil la lune d'hiver tremble à la croisée du rêve œil blanc dans un puits fuyant, le nuage arrache un lambeau de lune au masque du soir
L’espace du vide entre deux corps dessine le dos à dos des oubliés Le vide était dans l’arbre qui se moquait du monde Le vide était en nous, on y passait la main en travers On allait à la source des manques On cherchait la matière de nos espoirs réduits en poudre Puis on a balayé
impossible animal arrivé de la mer mi-poulpe mi-sirène elle s'est coulé dans l'estuaire avec l'élan électrique des anguilles entre les berges pierreuses des monts elle a embrassé les pentes et les bois elle a déployé le bourdonnement incisif des mots oubliés, des cris souterrains, de la sueur métallique elle s'est couchée là tête ronde écaillée de lumière qui rêve au non-retour, tournant le dos à l'océan qu'une guillotine de rouille retient au delà du vacarme et du vent puis elle s'est mise à rire et plus elle riait, plus elle déployait des milliers de dents acérées sur le chemin des plateaux nus...
pas à pas, la pluie arrache un lambeau de ciel au jour qui se cabre Lekeitio Lekeitio Bilbao Bilbao Gorbeia Album complet Pays basque espagnol
chemin faisant il se découvre vidé de substance et de rêves toujours marchant sans trêve au détour des taillis surgi d'un bref enchantement elle m'a dit je ne suis pas celle que vous croyez Parc de sculptures de Kerguehennec (56) et Lanrelas(22)
Qui retient cet équilibre dans l'ombre fragile du manque ? Dire que ce gouffre accompagne la langue et s'y déchire à belles dents / m'en trouver bien ** Il n'y a rien qui vaille il n'y a rien qui m'aille / ce monde cerné qu'en ferons-nous ? Bien au-delà de l'écriture quand le cosmos dicte sa loi ** Ce matin l'oiseau explique tout ouvrant à l'aube grise cette matière du songe que le vent dominait ** Chercher la vie entre les failles et puis plus rien / sinon le ventre de la pluie/ Au point du jour le matin replie en forme de boutonnière son chemin de nuit ** On dit que la mort ressemble à toutes...
elle se nomme évidemment au singulier dans ce qu'elle a de distance face au prosaïque quotidien elle se nomme et s'effiloche dans un haillon de minutes égarées, ici et là et encore ailleurs, mais jamais où on l'attendait si l'on ne prend pas de vacance en hiver, ou de vacance chez soi, ce n'est pas seulement pour la brièveté des jours ou l'impossible rêverie de l'intérieur, mais c'est aussi à cause de cette incapacité qu'on éprouve alors d'entrer en errance au hasard de moments dont on ne fera rien, au bout du compte dont on ne comptera même pas les furtifs passages les jours sont longs, sont ils...
textes un peu anciens, dont la trace ne s'est pas totalement perdue fleurs de miel et de transit entre juin de digitale et coquelicot de juillet sous le doigt froissé se penche millepertuis soleil et ronce blanche c'est la pluie de juin chaude et noire à ses cordes accroche-toi pour donner le "la" à mes choix incertains. ombre mauve d'orage juin de poisons lourds digitales accélérant les grondements du cœur Tonnerre en pluie les larmes blanches du sureau en pleurs les ouates grises sous le vent dors l'été
La vieille femme a dit : merci, fille, de m'avoir si bien remplie Pendant que moi je suppliais: ne nourrissez pas , s'il vous plait, la bête de l'Intérieur L'Intérieur raconte le pied sur lequel on a commencé à danser Remplir - ou vider - taper en cadence pour faire sortir l'encombrement ou - bourrer un espace sans fond que le temps ne retiendra pas, de toute façon. De quel coté avons nous commencé le pas de deux ? Femme : destinée au plein ? Homme: consacré au vide? Ah, laissez moi cracher les simples vérités, ai-je encore crié, tandis que la vieille femme sans mémoire souriait, et plus elle semblait...
journal de voyage : vers le nord 2014 le ciel de métal choisit-il sa vérité à l'envers du pont ? d'autres images du vieux Lille
journal de voyage : vers le nord 2014 ... à ces échos d'Henri Michaux ou de René Magritte c'est une ville dérangée qu'on ne dérangera pas une ville enfermée qu'on surprend en plein vol car la ville de tous les ciels encombre les étoiles et déconstruit l'image de briques et de broc que le puzzle enrhume petit à petit cactus métallique se riant de piques sans raison Celle qui sur-réalise loin de son ambition capitale pigeonne en forme de cœur, en forme de ciseau ou de pistolet à moustache la tête entre deux sièges, le cul entre deux têtes, la ville ne fait pas sa maligne ou c'est une autre ville,...
journal de voyage : vers le nord 2014 Elle, fragile face à l’ambiguïté des passions Elle, pure essence d'une idée que l'histoire n'achève pas Elle me dit : "tiens bon quand la colère s'embrase" Elle dit aussi : "la mort est blanche quand tout le sang s'est vidé de lui-même" Elle, seule. Survivra-t-elle face au nombre si torturé, si rouge, si beau champ de fleurs à Haarlem
journal de voyage : vers le nord 2014 c'est au petit matin qu'il faut prendre la mesure de l'éloignement le froid cisaille la nuit sans sommeil et porte aux nuages qui s'emmêlent des reflets d'eau et de désert paradoxal on ne sait où aller pour échapper au vent tandis que la ville, les rues, les blocs restent en travers, plantés dans le soleil naissant somnambule et indécise, chaque avenue annonce un moment glissé de silence marcher encore et puis tomber et se remettre en veille une fois encore étrangère une fois encore conquise en attente du monde et des mots insensés la belle aurore neuve est...