Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 Bakhtchissaraï, gros village des Tatars de Crimée, magnifiquement mis en valeur. C'est une histoire tumultueuse que celle de ce peuple ukrainien turcophone, dans le récit de laquelle je ne me lancerai pas ici . Il faut seulement savoir que Les Tatars constituent une population originaire d'Asie centrale qui vivait en Crimée sous le régime d'un "khanat" . Ils sont de religion musulmane. Ils ont été déportés massivement après la dernière guerre mondiale. Aujourd'hui ils tentent de faire revivre l'originalité de leur culture notamment à travers la...
Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 Bientôt je repartirai. Il me reste la tristesse et la mélancolie d'une ville ensablée dans un sombre passé, ou que, dans tous les cas, je ne sais comprendre. Pas d'immédiateté, peut-être à cause de l'écriture qui ne dit rien, de l'absolue étrangeté des signes qui ne se dévoilent pas. Mais le dernier matin, je sentis tout à coup, balayant le champ du bel azur, le vent de ces couleurs que j'avais occultées. La ville me parut, à cet instant, ouvrir un pan des secrets qui ne se trouvent pas dans les profondeurs auxquelles elle croit se perdre, mais...
Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 Deux fois passée à Kiev, entre deux bus, entre deux trains... La première fois, visite à la Laure des Catacombes (ensemble monumental d'églises, de couvents, de popes, et tutti quanti). Au retour, visite plus approfondie du reste de la ville. Impressionnée par le métro, par la quantité d'églises aux bulbes dorés (pas vraiment détruites par le communisme, donc ? .. on me dit que certaines ont été récemment reconstruites. Bon !) et par la grandeur austère des bâtiments et des avenues. Kiev est bâtie en profondeur. Impression, parfois, de ville désertée,...
Carnet de voyage France Ukraine - avril / mai 2013 lundi en Crimée (premier jour - le 22 avril) - Yalta - Sébastopol Brassage de lambeaux reconnus, acérés, moulus, puis agglomérés, depuis ... on ne sait pas. Le curieux patchwork fait émerger tout ensembles un cyprès florentin, une montagne ibérique, un puits de mine polonais, ou une esquisse de banlieue marseillaise. Tout est là. Pourtant ce n'est pas la Méditerranée, pas le sud, pas le nord, pas la ville. Et le temps suspendu que l’œil accorde aux mots indéchiffrables ne fait que ralentir la captation du sens en révélant l'artifice des coutures....
vous la trouvez donc si belle demande, rue de la Tombe Issoire, la femme en passant, parlant de la porte ruiné oui, ah oui, comme les choses anciennes qu'on ne regarde plus comme vous, madame, dis-je de ma voix la plus écaillée comme vous et moi
à tout prendre la nuit est toujours plus trouble quand l'étrangle la barre d'un soleil mathématique à tout prendre mieux vaut étendre sans rien dire son image froissée dans l'eau captive mieux vaut savoir que rien ne profite à cela gros ou petit qui s'aventure en douce dans le noir où se balance indifférente la torpeur d'un rocher sans bavure à tout prendre mieux vaut tout laisser en plan d'eau et se carapater
j'aime bien qu'un lieu s'appelle "chaos"
dressés en couronne et bavant des sirops de nuit réveil, matin, sans histoire, sans mémoire hérissés front bas front ainsi front front front j'ai pas de page , j'ai pas de lit, pas d'encrier je me tais mais je voudrais qu'un homme en chemise me dise pourquoi mes rêves sont si laids quand ils sont quand ils font quand le temps remonte les aiguilles et vrille quand je perds foie, coeur et dents qui rodent sans raison dans un air caverneux de vieux monde rebelle et toujours plus absent mais c'est ça ou rien !
un plombier gratte les murs de la salle de bains. car, oui, le matin, un peu de trivialité ne nuit pas. sous les carrelages d'au moins 17 ans d'âge (plus long temps pour moi que tout autre dans une même maison ... au secours !), le fringant bazar à peu près cohérent et visible fait place à un estran de moisissures et de gravures paléolithiques. Le millefeuille de la bienséance se lézarde et laisse apparaitre ce qui dormait dans nos murs, dans nos têtes blasées, des couches inavouées dont personne ne veut se rappeler. jusque dans ce cagibi, le mensonge de la surface nous saute à la figure et provoque,...
tant de griffes sur le ciel comme toujours impassible tant de lumière en traces infertiles tant d'inconstances sur la peau tant de bleu qui s'épuise malgré le jour ne pas croire à la profondeur chercher la cicatrice et l'ongle ou parier sur le temps qu'une mort annoncée peut encore contredire l'espace ne ressemble pas à ce qu'il parait être l'arbre n'a besoin que de saisons il n'est qu'un moment bref ou un creux de langage où je dépose mon attente
La médiathèque de Quimper a organisé depuis trois mois un grand forum appelé "odyssée des mots" qui se termine ce weekend, sur le thème du NON A L'INDIFFERENCE, Quoiqu'il soit, de toute évidence, vital de savoir dire NON à bien des tendances choquantes et actes inacceptables dans nos sociétés; j'ai eu envie de retourner le NON à l'indifférence en OUI à la différence, qui veut dire à peu près la même chose, mais qui comporte, à mon sens, plus d'élan que de repli, plus d'engagement que de peur, plus "d'aller vers" que de "j'y suis j'y reste". voilà donc ce "différenc'slam" SI TU DIS NON À L’INDIFFÉRENCE...
à la mémoire de Philippe, ami, marin pêcheur, engagé ... tu as quitté le port, camarade, comme un arbre tombé que le fleuve rend à la mer avec toi, nous avons traversé un monde ouvert sur le grand large avec toi, nous avons partagé de grandes exigences et de grands rires face aux arrogances, aux bassesses, aux tiédeurs tu convoquais des soleils noirs et la marée des poings levés avec un coeur trop vaste que l'injustice étreint avec un coeur bouillant que le temps brise en gerbes amères les lumières du port, une à une, s'éteignent avec des larmes pour tous ceux que tu aimes, pour tous ceux que tu...
certaines nuits, certains rêves livrent un cavalier de mot qui laisse le jour traversé de sabots ne sachant vers quoi il galope, et galope prendre la bonne échappée vibrant d'une essence marine et le trouver c'est tout "ENVERGURE" - 28 janvier - trace ou signe d'évidence un mot de cambrure et de sel pour qui ne sait pas dire la mer je l'enfourche et lui donne la largeur de mon pouce ou l'ampleur de mes songes et m'enroule dans les fibres des voiles déployées et du réveil matin attendant le prochain
il ne s'agit pas de refaire, de redire, de renaître mais, laver une impression gribouille sur un sale mur qui coule en petits ruisseaux de poussière gluante La poussière n'est jamais gluante, ai-je murmuré. Tu ne sais pas ce que tu dis. Je ne veux pas, ça non, revivre Je veux, glisser dans la grisaille, sortir de l'autre coté du coté neuf, brillant, au delà du mur traversé au delà du plâtre et de la brique, là où se déploie la symphonie des éclats solaires Les symphonies m'ont toujours emmerdé, j'ai dit, un son massif où ne se reconnait aucune délicatesse de corde, de touche, de souffle. Je veux...
le temps et le moment s'éloignent, mais au bord de cette exigence hivernale je retiens un sourire, quelques images et le partage d'une douceur où je me perds l'éloignement n'est pas seulement géographique, il est bardé de mots qu'on n'entend pas qu'on ne veut pas entendre, ou qu'on ne sait pas déchiffrer, parce qu'ils nous transpercent de leur étrangeté les photos ne parleront pas à celui qui se bouche les oreilles, les sens grands ouverts suffiront ils à palper l'horizon ? c'est toujours trop loin, toujours là bas, et puis ça ne fait rien puisque je n'y suis pas (images Togo2012) et enfin, voici...
Voilà. C'est comme lorsqu'on voyage, qu'on est déjà parti, pas encore arrivé. Entre deux fêtes, ou deux années. Entre deux têtes quand on sait plus où la donner. C'est un avion, ou un bus qui s'éloigne, on est dedans, ou pas du tout. On aimerait disparaitre simplement, ou revenir maintenant, ou repartir, un jour. Il n'y a que la brume qui passe le temps. Plus d'heures et de dates, plus que la route. Ou les nuages. Oui, C'est un peu comme ça. La fin d'une année, avec la fièvre qui s'éternise. On fait la même cuisine depuis des jours, on n'a plus faim, plus envie de manger. On veut des entremets...