L'Art de la mise en scène, que j'ai pratiqué un grand temps de ma vie, m'a ramené, sans le savoir, à des pratiques anciennes, plastiques, choisies, qu'un moment j'avais crues détournées par le théâtre, qui n'était pas un premier choix, mais dont j'ai gardé certains codes dans ma pratique. Par exemple, la culture de cet « art de l'éphémère » comme matière de la création. L'action théâtrale demande beaucoup de travail pour un résultat qui ne se matérialise pas, sinon à l'instant de la rencontre avec le public. Ainsi sans doute de toute œuvre créée. En effet, le moment de la « répétition » où l'on...
D'est en ouest, on traverse nonchalamment des villages sans fin et des villages sans commencement sur des routes brumeuses où les cyclistes font la nique aux automobiles les canaux sont des havres métriques que les libellules encouragent vers la mer qui ne sait plus où déployer ses dunes le chemin est gai, l'horloge tourne, la pierre tricote des rêves trop sensés qui apprivoisent le silence on ne parle pas de tout le reste qui s'égrène en espèces sonnantes au carrefour des beffrois on ne parle de rien, on glisse vers une bulle légère que la première écluse avalera tout net on se retourne : c'est...
les souvenirs tourbillonnants se noient dans la défaite reste la beauté qui sauve les apparences et le chaos fécond de nos mémoires qui dansent
collage, et multi technique
Dans les moments de violences sociales, de troubles de la pensée, d'émotion médiatique, on pourrait dénoncer comme inutiles, voire démobilisatrices, la parole ou l'expression des artistes qui tricoteraient leur œuvre, bien au chaud dans leur salon. D'une part, tous les artistes ne jouent pas de cet écart, beaucoup d'entre eux sont immergés dans la réalité et la souffrance du monde, comme nous tous. D'autre part il me semble que c'est dans ces moments là que nous avons tous besoin d'une distance créatrice pour mener nos émotions au terme d'un acte engagé et réfléchi, afin d'ordonner les passions...
Une fois, et bien d'autres fois, je posais cette question, que tous, nous posons: qu'est ce qui est "Beau"? Comme chacun j'ai été saisie, happée, bouleversée parfois face à une œuvre d'art, qui pouvait laisser un autre totalement indifférent. Je ne voulais pourtant pas me résoudre à accepter cette relativité du Beau. Peut-être ne m'étais-je pas posée la question dans le bon sens ? Peut être était-ce par l'effet de ce que moi, je trouve beau, que j'arriverais à trouver le sens et la fonction de l'impact artistique ??? Même si je ne suis pas en empathie immédiate avec ce qui se présente à moi, je...
ânes, mules, coqs, maisons terreuses meurtries de fraiches cicatrices tapis de laine supportant le tissé des jours, pains ronds écrits sur la pierre avec des tournoiements de femme et d'herbes en fagots les vallées fertiles tranchent la caillasse de saignées en saignées plus vivaces, le vent est l'ami des moutons et des roches culbutées, le monde plie sous l'alternance des cailloux plats et des lignes de crêtes, dans la glaise des montagnes se carrent des marabouts et des secrets de tourelles, Mais de virages en virages la gorge enfoncée fait surgir un déluge de rivière qui mène à l'absence de...
Dans l'Altas marocain, perché à 1800m, le village d'Iskatafen s'ouvre sur la vallée verdoyante et heureuse d'Aït Bouguemez Quelques images glanées aux croisées des chemins : soleil et pluie, sable et verdure, austérité et sourires d'enfants, offrent l'idée d'un bonheur contrasté plus complexe qu'il n'y parait ... Et à chaque étape le thé est servi aux randonneurs dans les lieux les plus improbables ! Pour faire connaissance, ou re-connaissance, avec ce que je nomme : le chant des pierres, cliquer sur le lien de mon album de rando https://www.youtube.com/watch?v=Cu5tX57Umg4&feature=share
par la douceur noire de sa mère et par le claquement du fouet, Marrakech se dédouble en ses ruelles durcies de soleil enserrant la prodigalité de ses jardins la ville asséchée nourrit tant de fontaines la ville murée enlace tant de langueurs la ville ferrée se soulève en ondes magnétiques où la volupté se pare de tant d'épines de places en places le frais de l'ombre dissout un brouillon de lumières affolées, un berceau de torpeur assoiffée où la chaleur n'atteint jamais l'arête des maisons qui poussent dos à dos. de pas en pas carrés sur les marelles d'azur, de souffles en souffles, de murmures...
mouettes en cavale à l'assaut des pêcheries chevauchant l'air blanc
murs d'écailles rousses chats hérissés boute-au-vent port d'Essaouira
Essaouira est un murmure de temps qui me revient de loin à peine un mot glissé que l'ordonnance des murailles enferme et fait chavirer dans le même instant de bleu en bleus, de souffles en tempête, d'étoiles en martèlement de nuit le vent n'était pas un invité d'Essaouira il était la Cité, les mouettes innombrables, les créneaux de bronze il était la fatigue et le froid des ruelles il était le battement des cafés rougeoyants il était la présence il était le conflit...
Il fallut constamment hésiter entre le trop et le dépouillé, entre le pauvre et l'abondance, entre l'accumulation et le rejet. L'image de l'Art comme celle d'une nourriture nécessaire à la vie, mais souvent détestée dans son écœurement auquel on ne peut échapper, sous peine de mort. Rester pure sans être vierge, ne rien sacrifier à la facilité, célébrer la paresse. Y a t-il un désir d'Art qui ne soit contradictoire ? J'admirais parfois ces forçats du travail qui produisent, on pourrait presque dire, qui "chient de l'art" comme d'autres "pissent de la copie", qui sont consacrés à un torrent de génie...
Dans le cadre de l'exposition "MursMurs de femmes" de la photographe Véronique BROD à Concarneau, j'ai écrit une dizaine de textes qui dialoguent avec ces images d'affiches déchirées. Avec l'autorisation de Véronique, voici ces textes accompagnés des vignettes photographiques. On trouvera un aperçu plus complet de son travail en cliquant sur http://carnetdebrod.com/
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte: dominique dieterlé
photo : véronique brod - texte:...
texte du poème brodé : voyage en train La Quiaca – Villazon - Uyuni arrive un moment où plus rien ne compte que le poids de matière minérale, ciment des muscles, air au goût de pampa, train de carcasse, rails qui tranchent l'horizon on devient roche, on devient terre, pluie, nuages, on devient poids de glace et de tourments qui tanguent au bout des doigts ralentis marquant le coup à coup des voies entre deux gorges coupées à vif sang de l'Ande et de l'Indienne, tout entier ramassé dans la joue de coca qui martèle un oubli l'Altiplano s'est soulevé à hauteur de mirage, sa côte de magma flottante...
Il me revient un ruisseau de cailloux multicolores où l'on construisait patiemment un monde à taille des jeux d'enfants: barrages, moulins, pièges, échappées, courants, sonorités, clartés. Ainsi se gagne un ruisseau de vie où les graviers faits de mémoire fragmentée tournent en boucles imaginaires. Dessins à la plume de mon arrière grand-père dont je pris la mesure enthousiaste lors des copies d'architecture médiévale qu'on nous imposait à l'adolescence. Épaisseur granuleuse d'une feuille d'aquarelle où le crayon accrochait des questions sans fin. Vertige des magasins de papeterie : stylos, cahiers,...
Ce moment fragile ne dit pas s'il se joue en images sur - exposées d'avoir été trop retournées il ne dit rien de soi, sinon un "nous" qui se voudrait chantant, parlant , jouant, ou ...? il invite, s'il se peut, à quelques découpages dans le temps de l'hiver aujourd'hui c'est soleil, demain, les yeux seront lavés mais quelque chose attend qu'on ne veut ignorer
expo collective à Concarneau Lanriec
3 minutes de film à la volée pour dire des moments chauds qui surgissent comme par magie au cœur de l'hiver... les moments qu'on n'oublie pas, bien au-delà du tremblement des images successivement : ballade en moto sur la piste de Sarakawa fête des fouets à Pagouda danse Habyè à Saouda Lama pilage du fufu cascade de Bafilo toits de Lomé plage d'Agbodrafo
séjour au Togo en novembre 2015