Main gauche ...après l'exposition "Henri Michaux Face à Face" au centre Wallonie- Bruxelles à Paris (face à Beaubourg) Me souviens de ces jours où je la découvrais, puis l'oubliais, la retrouvais ici et là, pour une chanson fredonnée (Danielle Messia), pour un poète qui la tirait du néant droit (Henri Michaux), pour un philosophe contrarié (Michel Serres), pour un jeu d'amputé qui nourrissait la scène. "Gauche" et "maladroite" : voilà bien de ces mots assenant une vérité calibrée qui ne souffre pas de lenteur, de virages et de brusques dérapages. Un brevet de bonnes raisons, où s'enlise l'autre...
à la mémoire des enfances cousues de fil blanc, où l'on traçait sur les cahiers de grands signes en bataille et tout au bord des dentelles fripées d'autres histoires, une poussière de diables et d'anges retenaient nos alarmes, le temps qu'il lui fallait c'était peu de chose, en somme, que ces chiffres minés sous les morts venus d'on ne sait où il n'y avait pas de revers au col fermé des mâchoires de papier juste une flamme, juste un éclat, malgré les gros points du mensonge qui faufilaient nos tentatives d'évasion juste une vieillerie à la sortie de chaque placard maintenant que les dents sont...
Descendant l'autoroute qui court de Millau à Montpellier, se découvre en peu de temps un subtil changement de paysage dont on ne sait avec certitude s'il vient de l'air, de la terre, des couleurs ou des odeurs. On sait seulement qu'on a franchi un pas vers la Méditerranée, vers les cyprès, les garrigues, les vignes, les tuiles romaines qui ont pris la place des châtaigniers, des causses, des bergeries et des lauzes. Ces quelques kilomètres glissent insensiblement vers un espace qui ne parle plus le même langage. Je veux dire, le langage d'une mémoire que je m'efforçais d'oublier. Souvent, je me...
Au temps des migrants, des malgré eux, des morts d'avant et de toujours, quelques mots, quelques traits pour contrer les absences Parce qu'il y a quelque part ce gouffre à l'embouchure masquée où coulaient les générations. Ce puits des morts où sont embusqués les secrets, les atomes, les successions qui l'ont faite et pétrie puis séchée comme calcaire au bord de l'étendue. Parce qu'elle entend chaque soir le claquement de dents qui soulèvent les pierres tandis qu'elle les retient. À ce moment, c'est une douleur d'aiguille annonçant des urgences qui n'en sont plus depuis longtemps : Course en silence...
Accidents Dans l'art de la scène ils se multiplient confusément. On oublie le texte, on laisse tomber le livre, on trébuche sur une latte disjointe. On ne sait plus, d'un seul coup où l'on se trouve, ce que l'on fait, ce que l'on doit faire. Le public n'en saura rien le plus souvent, qui verra dans une hésitation ou dans une chute un moment volé dont on ne sait s'il est vrai ou pas vrai. Puisque ce public sait, au demeurant, que tout est faux de ce qu'il reçoit à l'instant. Jouer de l'accident est un art plus profond qu'il n'y parait. Il est, peut être, une forme avouée de modestie qui cache une...
Ce fut le premier livre de poésie que ma mère m'offrit quand j'avais 5 ans, lorsqu'elle m'apprit à lire Après, ce furent les premières cigarettes mentholées que je lui piquais en douce à 15 ans Ce soir je fumais une clope dans la nuit glacée en guettant la lune qui ne s'est pas levée trop de nuages, ou pas le bon moment ? comme pour tout le reste ... je garde les étoiles qui sont mes références : Gémeaux, Pléiades, Orion... et le reste, donc ? je m'en fous !
quelques définitions du dictionnaire concernant le mot "vœu" - Promesse faite à la divinité pour obtenir sa faveur ou en remerciement d'une prière exaucée. - Vif souhait, vif désir de voir se réaliser quelque chose : Le résultat est conforme à vos vœux. - Souhait particulier, fait dans certaines occasions, liées à une tradition, une coutume, des superstitions, etc. : Faire un vœu quand on voit une étoile filante. Tant de vœux échangés aujourd'hui pour conjurer la peur... de quoi ? Et malgré cela, des rétrospectives d'instants heureux qui s'insèrent entre les maux Regarder vers l'avant, regarder...
Période de Noël oblige, nous voilà en plein dans une actualité qui irrigue de nombreuses prises de position politiques, de nombreux et virulents débats faits pour semer le trouble et diviser encore un peu plus le peuple sur la défense de ses communes valeurs, si tant est que celles ci puissent résister longtemps encore à la déferlante du racisme, de l'exclusion et de l'autoritarisme ( c'est à dire le contraire même de notre "liberté, égalité, fraternité") Je veux parler de la question des "racines chrétiennes" de l'Europe en général , et de la France en particulier. Certes, le visage de la France...
il fait froid, mais pas seulement. s'enfoncer dans une nuit polaire peut effrayer, mais pas toujours je n'attends pas le printemps, je m'étonne des étoiles, des tourbillons, des âmes décharnées que le vent ne porte pas et que la terre appelle. vieillir ne fait pas peur, mais, comment savoir où laisser tomber l'instant présent ? dans les cahiers anciens ? dans les dentelles cousues de salive ? dans le jour chétif qui s'abime d'artifices? il vaudrait mieux ne pas s'en faire violence, juste passer au dessus des nuages vers le désert de rouille qui ne dit rien de la vie sinon qu'elle n'existe pas il...
On range ses armoires, on ne sait pas ce qu'on y trouve. En l'occurrence un article de presse que j'avais écrit au temps où j'étais correspondante du journal Ouest France à NEVEZ ( Finistère sud) Aout 1974 (oui ça ne date pas d'hier) : manifestation de touristes excédés par le mauvais approvisionnement en eau dans les campings. J'envoie à la rédac un article qui reflète mes positions écolos de l'époque (mais oui déjà !) assorties d'une analyse (prémonitoire ?) sur l'avenir du tourisme dans cette charmante bourgade de la cote sud. A ce jour, il n'y a plus ni pêcheurs, ni agriculteurs à Nevez, mais...
Liquider, faire le ménage, jeter par dessus les moulins. Qu'on appelle comme on veut. Qu'on rappelle soudainement parce que les armoires débordent. Parce que le temps est compté. Cinquante années de carnets qui ont trainés de poches en lits, de maisons fermées en espaces grands ouverts, de voyages en arrêts fulgurants Et puis, que faire de tous ces mots ? que faire de sa vie, de la vie qu'on a collectionnée en planches d'insectes ordinaires ? pattes de mouches rendues illisibles par tous les changements, ou les redites, qui écœurent le plus souvent Mais tout de même, c'est UNE vie... Quelqu'un...
suite à la visite de l'expo "BEN, TOUT EST ART ? " au musée Maillol à Paris Ben est un autodidacte ? Ben est un petit malin ? Ben est un artiste ? Ben est un inventeur ? un créateur ? un enjôleur ? un manipulateur ? un enfumeur ? Pas répondre à la question. Aller à la rencontre hors cadre. Art au centre d'une vie qui creuse et recreuse. Questions ? questions? QUESTIONS ? D'une vie qui persiste à se vivre au milieu de l'invraisemblable empilement d'une ré-organisation d'objets, de déchets, de récup, d'archives, d'idées contradictoires. Ben a créé l'idée du mot comme production d'art, l'idée de l'art...
l'image suffit à dire la course et l'attente d'un nuage au loin
grande marée en baie du Mont St Michel
côte de la manche entre Granville et la Hague
Granville (manche)
de Cherbourg au Mont St Michel
Après quelques participations depuis un an à des expos collectives présentées par des associations concarnoises, voici ma première expo "en solitaire" dans un lieu mis à disposition par la municipalité, que l'on a le loisir d'occuper et d'aménager à sa guise durant une semaine ...
chapelle St Fiacre septembre 2016 Concarneau
Ma première exposition se nomme donc "Assemblages de Nada", parce que Nada est ma signature d’œuvres plastiques , et qu'elle présente diverses techniques à l'intérieur desquelles la multiplicité est également la règle. Mots, tissus, collages, dessins, objets etc ... dont voici...
Tout d'abord, on fredonne la chanson de Brel, puis on oublie qu'on est au plat pays On se perd dans un désert qui se souvient d'autres sables, d'autres escarpements qui débouchaient sur le vide d'une plaine brûlante et affamée. Cette dune là vient s'étirer dans la mer froide et l'opulence. C'est un attrape nigaud au goût de mensonge, de sucres et de fleurs qui fait perdre le Nord juste pour un moment...
les sables de Bray-Dunes - département du Nord