Les bois et les serrures, la ferraille et la pierre sur la rouille verdie des ateliers brisés autrefois ils suaient, ils trimaient, parfois même ils chantaient la pluie reprend les droits, il n'y a plus de mains pour la matière d'un seul espoir. Mais, dites-moi, de quel droit parlait-on ? On ne saura pas lire la trace qui s'étouffe hors des vies cadencées la terre repousse au loin les villes qui coulent en douce dans le silence gris de l'autrefois ruiné
Ancienne usine, ou atelier - Hennebont
Une maison près d'une rivière, ou d'un fleuve, ainsi l'avais-je souvent rêvée, imaginée. Il faudrait marcher un peu, descendre la pente raide, franchir la passerelle, et puis saisir les variations du temps, du ciel et des saisons, sans rien perdre à l'infini. Remonter, redescendre le fleuve, sans sombrer, sans disparaitre. Poser son sac et attendre. Ou pas. L'ancienne maison C'est une maison, comme tant d'autres maisons où l'on vécut où l'on passa, légèrement parfois la maison d'une autre qui abrita des désirs des secrets des volontés puis elle changea puis elle disparaitra les maisons ça fait...
Ou : comment changer sa tête (et le reste) d'espace et de lieu ... La nuit qui n'existe pas S'accroche à la feuille Pour ne pas mourir ** Temps froid, gel sur l'étang.. Les jours rallongent, le chaleur renaitra, le temps espère. Restons attentifs à ce qui vient. Soyons présents, pour défier l'avenir . ** Le pas des nuages Dans l'attente des lumières Aura-t-il assez de temps ? ** Le fleuve à l'origine Trace le sillon d'attente Qui ouvre mon futur ** Toute couleur a déserté Le transport brutal des eaux pleines. Attendre, encore un peu plus loin ? ** Du clair-obscur où la couleur n'a plus d'espace...
J'ai sorti du contexte des phrases tirées de carnets, réels ou virtuels, notées depuis un an, et voilà cette année transitoire, où rien n'était bien droit. Au bois du Porzou... se méfier du rocher qui dort. * Tant qu'on se souvient d'eux, ils ne disparaissent pas, ceux qui nous ont appris à vivre... * Il est réconfortant de constater que, parfois, la vertu peut survivre à l'exercice du pouvoir * On attend le feu d'artifice, et la Révolution. C'est bien le 14 juillet, non ? * Sorcières de tous les pays, unissez-vous ! * Sans l'oppression des ouvriers obscurs, il n'y aurait eu ni chefs d'œuvre, ni...
Beaucoup des articles publiés sur ce blog depuis presque 20 ans ont parlé de voyage, de départ, de retour, d'ailleurs. Comment nommer l'interruption de mes publications durant un an, due à un changement de perspectives imminent qui donnait envie d'être ailleurs, précisément, et de ne pas le dire, mais de le faire. Puis cette timide reprise, après un déménagement, et un emménagement, et quelques brèves histoires de 2025, si ce n'est que continuer à vivre est en soi une aventure, et que le silence fut sans doute nécessaire à celle qui s'y obligeait. Une sorte de rupture, de parenthèse, comme elles...
Terre saturée de vent contraire qui déchausse les arbres noirs Chaque pas espère un autre pas Chaque nuage aspire la lumière L'enfant tombe Déjà gris Que ferons-nous de ce temps mort Où les mots étouffent entre les dents Qui n'ont plus de bouche
la bouche de la nuit, qui mord d'ennui
Je marche sur les pas des premiers pas où le ciel tombe à pic sans l'ombre d'un remords La ville n'oubliera ni les rumeurs secrètes ni le malheur des rues hantées ni les éclats de rire Il n'y a que cette eau pour éponger les rêves partir à la dérive et laisser revenir où bon lui semblera le courant qui se perd bien au delà de moi.
J'ai neuf ans, jamais vu la mer. On roule toute la nuit. Au petit jour ma mère me réveille : "Viens voir". On franchit la dune. C'est l'immensité. L'absolu, absolument. La vibration grondante d'un infini qui s'ouvre au soleil. Alors moi je dis : "je ne savais pas qu'il y avait des barrages sur la mer". Puis c'est une autre plage où mon père nous balance : "Il faut. Se. Baigner". J'ai avancé confiante, vêtue du slip de bain en laine tricoté par la grand-mère, qui grattait, qui grattait. La vague m'a prise, m'a retournée. Elle était salée. J'ai craché. J'avais dix huit ans quand je revis la mer,...
Comme empierrés au cœur d’invincibles forteresses, nous voici donc bardés de certitudes, assaillis d’ogres guerriers, mâchés de dents serrées à la surface des ombres. Nous croyons, nous savons, nous affirmons. Ainsi nous oublions que l’art de l’absolue vérité n’est pas un Absolu, n’est pas une Vérité. Encore moins un Art. C’est qu’il nous faut vaciller, tâtonner dans les différences, explorer le tremblement qui se fout pas mal de nos assurances, et réinventer à chaque seconde ce qui n’existe pas encore. Ce qui enchante le tout, et le contraire de tout. Parce qu’on utilise l’humble matière, les...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 le pays s'est retrouvé dans la mémoire d'un rêve noir et divisé les hachures de nuit mangent le ciel sans nom le voyage est fini
linogravure sur papier technique 250gr
images du Nord Vietnam, source d'inspiration
l'Arbre-oiseau déployé arpente la terre sèche de nos indifférences ou alors ... l'Arbre-Oiseau se débine avant qu'tout ait cramé
assemblage de tissus cousus
Paisibles ils sont assis sur le bord de l'étang Le feu ne brûle pas, la fumée ne cache pas de ruines L'explosion ne provoque aucune terreur Ils sourient à leur liberté tranquille Ensemble Ils repartiront sans mal, se tenant par la main La guerre ne les concerne pas C'est ailleurs C'est trop loin De nous
14 juillet / étang de Rosporden
Le noir est toujours beau, dans nos têtes, dans nos vies, On n'a pas peur des ombres, on n'a pas peur des nuits Mais au brûlot des mots, à la cendre des peurs, Aux puits sans fond d'humanité notre NON sera majuscule Espérant ce rouge léger qui survole Nos désirs en pétales de joie On attendra le temps des cerises Encore une fois
monotype, encre et collage
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Sortie ce matin premier avril à six heures. Visite à pied de la petite ville sur des ponts branlants, dans des quartiers où les grands hôtels côtoient des chemins de cabanes Près du temple les femmes attendent le passage des bonzes pour leur offrir des nourritures terrestres, le soleil se lève, il fait doux. Je m'assieds sur une pierre pour les regarder. Dans l'autre rue des fillettes vont à l'école en vélo. Entre les moinillons et les écolières quel destin choisir pour être heureux ici ? Qui choisit ? Les parents, l'état communiste, ou la puissance religieuse...