Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

NADA

Mémoire vive de mes voyages, poèmes, œuvres, idées. Partages de hasard pour un art engagé.

L'Orient

dominique dieterlé
L'Orient
L'Orient

Lorient, Son nom, Fête 360 années de pierres et de frégates La ville, en ses rêves, remontait le vent Vers les épices et les soies, les indiennes Que la traversée finirait par alourdir en cales d'infortune Finirait par enfoncer au néant des hauts fonds Vers les embarcadères chargés D'hommes et de femmes Enchainés Toujours D'en haut Les découvertes, les observatoires Espéraient la richesse, beauté légère, étourdie de parfums. Ne s'y trouvait que la fortune rance des cales souillées La tour reste figée sur l'empreinte d'un monde oublié Disons : qu'elle voudrait oublier ? Elle dure, elle tient, dans...

Forges et forgerons

dominique dieterlé
Forges et forgerons
Forges et forgerons

ils marchent ne sachant vers quel refus leur voix s'étoufferont ou le sachant trop bien leurs bras ne peuvent plus saisir l'outil qui fait surgir l'arc du feu leurs mains sont dépouillées ils marchent, ouvriers, ouvrières pareillement défaits, pareillement jetés dans l'eau noire des oublis dans la douleur noire de l'atelier brisé dans le temps noir de l'indifférence des maîtres ils marchent en martelant la terre, comme ils avaient forgé avec la puissance et l'enclume avec l'épuisement des jours se répétant se répétant ils marchent avec le plein de dignité ils ne veulent pas lâcher ce plein de leur...

Transparence botanique

dominique dieterlé
Transparence botanique
Transparence botanique

dans un pli de la ville la forêt des bambous glisse sur le silence le temps s'élève droit, ne cache rien de ce qui pourrait advenir un seul bruissement fait frissonner ce monde qui ne m'appartient pas parc botanique d'Hennebont

la marche du monde

dominique dieterlé
la marche du monde
la marche du monde

j'aimais cette expression qu'on entendait souvent on marche sur la tête mais, quand il n'y a même plus de tête, que faut-il faire c'était peu de le dire on allait voir ce qu'on allait voir j'ai perdu la boule (ah! je veux dire la tête) l'espace d'un matin il me restait des pieds, pour marcher, pour marcher et des mains pour écrire, pour crayonner sans rire et des jambes pour la danse des diables innocents pour savoir où je vais Et vous, vous le savez ? Travail préparatoire et réalisation 2014

Fenêtres perdues

dominique dieterlé
Fenêtres perdues
Fenêtres perdues

Par tous les temps, elles baillent elles se taisent, elles se murent, les fenêtres cousues qui encerclaient la peur et parfois le refuge qui se brisaient pour rien d'un enfant qui s'amuse, ou d'un homme en colère, mais elles ne diront rien tu peux en être sure elles tiennent au cadre qui les clos elles tiennent à leur maison, à leur vision, sans raison, bien au delà du vent qui s'égosille à parler d'ouverture la fenêtre est perdue quand elle n'abrite rien fenêtres - Hennebont- printemps 2026

Arago

dominique dieterlé
Arago
Arago

François Arago vivait de chiffres et d'étoiles. Il a parlé, pour le peuple, de révolutions qui ne concernaient pas que la mécanique céleste. Le boulevard qui porte son nom longe l'Observatoire de Paris et l’institut d’Astrophysique. On y trouve aussi la dernière vespasienne (autrement dit "pissotière") de la capitale. Les hauts murs sont accompagnés de ces misérables tentes bleues qui témoignent partout de la déliquescence et de la misère sans appel. Arago en eut probablement fait un flamboyant discours (comme durant la révolution de 1848) Et puis. Il y a le mur nord de la Santé, (vous ne trouvez...

Nigelle de Damas

dominique dieterlé
Nigelle de Damas
Nigelle de Damas

l’œil bleu de la nigelle veilleur en sentinelle sur le mur, assoupi, chuchote avec la nuit l’œil bleu de la nigelle a porté sur ses ailes les parfums d'Arabie d'un monde évanoui l’œil bleu de la nigelle fugace ritournelle déjà tôt repartie, le matin n'a rien dit la guerre n'est pas finie plante méditerrannéenne

Explorer

dominique dieterlé
Explorer
Explorer

Les bois et les serrures, la ferraille et la pierre sur la rouille verdie des ateliers brisés autrefois ils suaient, ils trimaient, parfois même ils chantaient la pluie reprend les droits, il n'y a plus de mains pour la matière d'un seul espoir. Mais, dites-moi, de quel droit parlait-on ? On ne saura pas lire la trace qui s'étouffe hors des vies cadencées la terre repousse au loin les villes qui coulent en douce dans le silence gris de l'autrefois ruiné Ancienne usine, ou atelier - Hennebont

Poser son sac

dominique dieterlé
Poser son sac
Poser son sac

Une maison près d'une rivière, ou d'un fleuve, ainsi l'avais-je souvent rêvée, imaginée. Il faudrait marcher un peu, descendre la pente raide, franchir la passerelle, et puis saisir les variations du temps, du ciel et des saisons, sans rien perdre à l'infini. Remonter, redescendre le fleuve, sans sombrer, sans disparaitre. Poser son sac et attendre. Ou pas. L'ancienne maison C'est une maison, comme tant d'autres maisons où l'on vécut où l'on passa, légèrement parfois la maison d'une autre qui abrita des désirs des secrets des volontés puis elle changea puis elle disparaitra les maisons ça fait...

Poétique du débarquement

dominique dieterlé
Poétique du débarquement
Poétique du débarquement

Ou : comment changer sa tête (et le reste) d'espace et de lieu ... La nuit qui n'existe pas S'accroche à la feuille Pour ne pas mourir ** Temps froid, gel sur l'étang.. Les jours rallongent, le chaleur renaitra, le temps espère. Attentifs à ce qui vient Soyons présents. ** Le pas des nuages Dans l'attente des lumières Aura-t-il assez de temps ? ** Le fleuve à l'origine Trace le sillon d'attente Qui ouvre mon futur ** Toute couleur a déserté Le transport brutal des eaux pleines. Attendre, encore un peu plus loin ? ** Du clair-obscur où la couleur n'a plus d'espace Quelle forme émergera de l'entre-deux...

Drôle d'année pas si drôle

dominique dieterlé
Drôle d'année pas si drôle
Drôle d'année pas si drôle

J'ai sorti du contexte des phrases tirées de carnets, réels ou virtuels, notées depuis un an, et voilà cette année transitoire, où rien n'était bien droit. Au bois du Porzou... se méfier du rocher qui dort. * Tant qu'on se souvient d'eux, ils ne disparaissent pas, ceux qui nous ont appris à vivre... * Il est réconfortant de constater que, parfois, la vertu peut survivre à l'exercice du pouvoir * On attend le feu d'artifice, et la Révolution. C'est bien le 14 juillet, non ? * Sorcières de tous les pays, unissez-vous ! * Sans l'oppression des ouvriers obscurs, il n'y aurait eu ni chefs d'œuvre, ni...

Reprise

dominique dieterlé
Reprise
Reprise

Beaucoup des articles publiés sur ce blog depuis presque 20 ans ont parlé de voyage, de départ, de retour, d'ailleurs. Comment nommer l'interruption de mes publications durant un an, due à un changement de perspectives imminent qui donnait envie d'être ailleurs, précisément, et de ne pas le dire, mais de le faire. Puis cette timide reprise, après un déménagement, et un emménagement, et quelques brèves histoires de 2025, si ce n'est que continuer à vivre est en soi une aventure, et que le silence fut sans doute nécessaire à celle qui s'y obligeait. Une sorte de rupture, de parenthèse, comme elles...

Guerres sans fin

dominique dieterlé
Guerres sans fin
Guerres sans fin

Terre saturée de vent contraire qui déchausse les arbres noirs Chaque pas espère un autre pas Chaque nuage aspire la lumière L'enfant tombe Déjà gris Que ferons-nous de ce temps mort Où les mots étouffent entre les dents Qui n'ont plus de bouche la bouche de la nuit, qui mord d'ennui

La ville

dominique dieterlé
La ville
La ville

Je marche sur les pas des premiers pas où le ciel tombe à pic sans l'ombre d'un remords La ville n'oubliera ni les rumeurs secrètes ni le malheur des rues hantées ni les éclats de rire Il n'y a que cette eau pour éponger les rêves partir à la dérive et laisser revenir où bon lui semblera le courant qui se perd bien au delà de moi.

A-MER

dominique dieterlé
A-MER
A-MER

J'ai neuf ans, jamais vu la mer. On roule toute la nuit. Au petit jour ma mère me réveille : "Viens voir". On franchit la dune. C'est l'immensité. L'absolu, absolument. La vibration grondante d'un infini qui s'ouvre au soleil. Alors moi je dis : "je ne savais pas qu'il y avait des barrages sur la mer". Puis c'est une autre plage où mon père nous balance : "Il faut. Se. Baigner". J'ai avancé confiante, vêtue du slip de bain en laine tricoté par la grand-mère, qui grattait, qui grattait. La vague m'a prise, m'a retournée. Elle était salée. J'ai craché. J'avais dix huit ans quand je revis la mer,...

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>