Regarder le ciel jaune zébré d'oiseaux blafards. Eux, qui s'envolent. Qui crient. Eux qui ne dorment pas, avec les chiens, sur le vide où pleut une ombre lasse Au dessus du volcan la ville appelle. Même le feu profond dit qu'il faut partir. Nulle part. Surtout. Qu'il ne suffit plus de respirer entre l'ardoise et le bitume, de dormir sur les marches, d’attendre un jour après. La terre brûlante dit de partir, avant que d'être morte. Avant que d'avoir froid.
Ça sent le pain d'épices, ça brille un peu dehors. Mais ... On se sent partagé, pas seulement avec les absents, mais partagé en mille morceaux. En mille petites lumières dont certaines s'éteignent peu à peu. En mille mots qui ne franchissent pas les lèvres, parce que ... En mille vagues chahutées des noirceurs tout autour. En mille et en millions qu'on voudrait bien croire frères, et qui ne savent pas ... En mille matins qui reviendront quand même. En mille bonsoirs qui cherchent la musique. Je ne crois rien. Je n'attends rien. Je parle au soir tombant Et je vous l'espère doux comme ce parfum de...
Parce qu'ils naquirent de l'obscur enchevêtrement des combats veilleurs d'ombres et de silences infiltrés Parce que l'on fit un mur qui bardait l'océan Parce qu'on laissa durcir aux marées les morts innombrables vint comme toujours un autre temps la lumière a redonné couleurs au barrage des oiseaux à ce qui tient des flux des reflux la paix des armes tues la paix des couleurs nues la paix des bombes sans armures des arts sans autres murs que la douceur imaginaire et l'infini des soirs
blockhaus graphés dans l'Ile de Ré - octobre 2022
Une publication de poèmes et d'images sur Calameo, pour explorer les villes de 3 continents, avec le hasard pour guide et le bonheur de la découverte en bandoulière ... cliquer sur ce lien pour feuilleter l'album et lire les textes https://fr.calameo.com/read/0068311960d5d2133cb3e
Rotterdam - Mai 2022
Dessin poème : l'art de s'engager Noirceur de pierre à la lumière des hommes Beauté frémissante qu'on arrache à la mort, qu'on attache à la ville Merci à ce sublime artiste
exposition Landerneau - Fond Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture
Le ciel a débordé bien au delà du bleu Les murs ne parlent pas du temps Ils dorment en enfance images de la Dordogne dans les traces des villages où je partais en vacances il y a plus de 60 ans
début juillet : St Laurent des Hommes, St Martin l'Astier, Broches, St Front de Pradoux
Europe du nord Mai 2022 Ce qui se rencontre, et ce qui se raconte. ce qui étonne, et ce qui interroge ce qui est là, et ce qui se devine l'image, l'histoire, la confrontation, La question des mondes incertains que les villes déplient sur leurs carapaces d'artifices la beauté de l'inattendu
Brême - 1er Mai, juste un peu de rouge
Berlin - tout est possible ?
Hambourg - palmiers en plastique, grues, statue de Bismarck
Utrecht - le mélange des genres (cathédrale, canal) - Prague - jardin du Sénat
Hambourg - Auberge de jeunesse dans le quartier Sankt Pauli
Rotterdam - sur les quais, oiseaux de fer,...
Europe du nord Mai 2022 Le nom de Prague résonnait d'un passé meurtri de chars, de printemps écrasé, de douleurs insoutenables. J'étais nourrie des films qui fleurissait dans l’espérance, c'était l'année de mes 19 ans. le nom de Prague était Bohème, il devenait l'état de lieux qu'il fallait parcourir pour une vie sans complaisance et sans objet. le nom de Prague était Moldau, dont les accents emportés avaient fixé le tracé d'un fleuve musical toujours ami. et puis il y eut la gare encombrée de bus, les échangeurs désordonnés, les immeubles roses et les foules animées il y eut la Vltava aux rives...
Europe du nord Mai 2022 Partir le matin vers "Unter den Linden" (sous les tilleuls), avenue emblématique de Berlin pour passer "à l'Ouest" par la porte de Brandebourg. Succession de bâtiments démesurés, ministères, musées, opéras, universités, déposés là par les strates successives de la ville re- re-re construite au fil des orages du XXème siècle. Se faire la réflexion que si l'on a transformé un immeuble grisâtre de Berlin-Est en un hôtel (le mien) tout aussi grisâtre mais évidemment plus confortable, si l'on a rebâti des palais sur des palais, des églises sur des églises, pour préserver l'histoire...
Europe du nord Mai 2022 Bus de nuit vers la Scandinavie, il y a quelques années, lueurs nocturnes et briques alignées. Ce fut Hambourg, vite traversée. Nouveau départ pour retrouver ce jour les canaux glauques, le port immense, l'attirance du lointain. Car les villes ne parlent pas, elles appellent. Leur débit de sirène est calibré par le grincement des grues et l'espace contraint du béton. Mais il y a toujours une eau qui sommeille, ou rutile. Un fleuve. Chemin d'où la ville s'élance sans compter, sans briser aux méandres arrondis les lignes cadencées de ses architectures, ou les couleurs arrogantes...
Europe du nord Mai 2022 la ville qu'on voit, la ville qu'on cache, et celle qu'on se raconte la ville qui sombre à la limite des anciennes splendeurs et s'éloigne vers la mer oubliée les habitants sont loin du jour, les passants ne passent plus il reste ce qu'on a cherché, là-bas, au delà des nuages noirs, au delà des voies perdues, au delà des friches et des remords un espoir de marée qui ramènerait les fêtes musiciennes et la danse des quais retrouvés
Europe du nord Mai 2022 parce que nous aimons ce que nous construisons parce que nous ignorons ce que nous détruisons parce que. c'est un port sous l'envol du béton une aire de l'inutile un florilège de boites empilées c'est un port et c'est encore un rêve comme nous les voulons rêves légers qui n'écrasent jamais les berges asservies rêve de beauté car nous aimons ce que nous questionnons car nous aimons ce que nous détruisons tout nous emporte tout nous retient quand même parce que c'est de nous et de nos mondes trop humains
port de Rotterdam Avril 2022
Europe du nord Mai 2022 ceux qui partent ceux qui restent tous les mêmes à vouloir rattraper le temps qui fait sa malle où l'on n'emporte rien que des illuminations, des chimères, des regrets et puis il advient le grincement d'un train sur les rails infinis et le bout de la route où l'on n'arrive jamais, dont on ne revient pas c'est comme ça !
un voyage en Europe du nord - avril - mai 2022. Bercy - Rotterdam - Duisbourg - Hambourg- Retour- Montparnasse
ils sont là, ils dansent le rythme et la voix du griot emportent la tiédeur tout bouge mes pieds à moi : immobiles mon corps : figé ce qui bouge est en-dedans montée de voix aériennes, couches empesées de silences qui craquent et s’élèvent feuilles à feuilles, et tourbillonnent au-dessus des scènes de lumière, des sons amplifiés, des gestes et de la joie là-bas, mes villages n’étaient que flutes acides, tambours minuscules, maigres chants de savane oubliée la musique était pour la liberté, la danse pour un bol de maïs, si petites malgré tout la poussière rouge tombe sur la paupière, et lève un...