Question sèche. A-t-on encore le droit à des voyages lointains dans ce monde qui se défait devant nos yeux, et brûle et s'asphyxie de nos excès. Politiquement je serais tentée de dire que ceux qui font des efforts constants depuis toujours, et s'écartent parfois de la pensée règlementaire, sont pas les plus grands pollueurs de la planètes, ni les vrais responsables de sa déshérence. Mais ... On ressent ce fond aigu de mauvaise conscience à lancer des images volées à l'autre bout du monde, à user exagérément de la toile, à embarquer connectée dans des périples sans raisons. Pourtant il faut vivre...
Manif à Quimper. Milliers de gens qui défilent sur le bitume... et chantent ! Mais oui, les manifestants ne sont pas que ces casseurs exhibés chaque soir sur les écrans de télé poubelles Ils espèrent aussi, ils aiment. Ils aiment se retrouver, nombreux et déterminés. Ils luttent. Pour eux ; pas seulement. Pour leurs enfants ; pas seulement. Contre les privilèges ; pas seulement. Ils luttent parce qu'ils ont raison. Parce que, dit leur chanson : "... pour l'honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur, on est là, on est là..." Ils luttent, et avancent, et chantent ensemble : slogans inventifs,...
J'ai rencontré des villes et rencontré des eaux toutes les eaux de toutes les villes qui noient les amertumes, les malheurs, le bruit sec qui referme les murs, toutes les villes qui vont chercher la rive, la rivière, la lagune et la mer à la pêche aux reflets, aux miroirs qui trompent le destin toutes les villes qui appellent à l'eau native pour les défendre de l'abandon de la poussière toutes les villes qui ont besoin d'échappées pour endormir le souvenir du quai et des caves obscures toutes les villes qui ont déployé l'ostinato de l'eau douce, de l'eau pour rien, de l'eau donnée toutes les villes...
... écrit dans le train de nuit entre Narvik et Stockholm Escales. Rencontre brèves dont le temps gratifie nos passages. Ici. On n’est jamais venu, on ne reviendra pas. Sans doute. Repérer. Hésiter. L’arrivée dans la nuit, ou bien au petit jour, le sourire d'un passant, le langage qui s’effrite au long des rues que l’on ne sait pas nommer. Avec le frisson du pied sur le bitume, le grognement d’un train qui nous verse et ne nous reprend pas. Ne pas se retourner. Redouter l'ankylose. Marcher, marcher. Oublier de dormir. Oublier de manger. Faire du corps un brouillard ou un nuage qui déchire la rêverie....
Tu vois, lui dis-je, c'est maintenant que l'on se quitte. Dans ce matin blanc à la frontière de nulle part. Avec douceur et sans regrets : c'est une histoire qui n'a pas eu lieu. Sur mes talons depuis sept jours elle a marqué son territoire, sa profondeur sans limites, en tenant mes chevilles au dessus des abysses. Elle m'ignorait le plus souvent, me laissant respirer malgré cette agacerie d'aiguille fine plantée dans la chair tiède. Parfois je lâche prise et j'oublie qu’elle me tient à sa portée, alors elle gronde un peu plus fort : mon cœur s'emballe et la nuit me surprend, secouée de spasmes...
Exposition : "Ma vie d'artiste à l'état brut" présentée à la Chapelle st Fiacre à Concarneau... Jeudi 3 octobre. Un très grand vieux monsieur (est-il plus vieux que moi après tout) fait une fois, puis deux le tour de l'expo, puis reprend les places une à une en lisant avec une attention soutenue tous les textes qui accompagnent les œuvres présentées. Il a fini. Il s'approche avec une sorte d'hésitation. J'ai été très intéressé, surtout par les textes, me dit-il. Je réponds : merci, attendant la suite qui vient après mûre réflexion. C'est très fort, reprend-il, j'ai rencontré une émotion puissante...
Mise à distance dans le tremblement des marées où la terre se découvre Pleine mer : trop plein de secrets, donnés enfin lorsque s'éloigne la transparence glacée de l'engloutissement La boue devient elle même ville morte ressuscitée par le jusant L'eau n'existe pas : seule la profondeur des terres enfouies qu'elle nous a volées Et lorsqu'elle se cache sous la pellicule verte, c'est l'image d'un jardin de pierre qui raffermit nos illusions Va-t-en, lui dis-je, et laisse moi trainer les pieds, je ne suis pas une sirène !
Vers Paimpol
étangs de la Roche Jagu
Trégor
Il n'y a pas de falaises à Paimpol, Botrel s'en est aperçu trop tard, c'est ce que raconte les chemins du patrimoine semés dans la ville ! on s'en passera donc !! Ici règne la basse mer ... enserrée d'écluses l'eau contrainte fait danser les bateaux à quai
port de Paimpol (22) à marée basse
l'ombre engendre les plis de matières endurcies la surface n'oublie pas de rappeler l'acidité du vent, pierre ou métal en éclats un air de ressemblance tordue de précipices revient au miroir même
eau-forte sur cuivre et aquatinte
J'ai réalisé ces tableaux en atelier sous la conduite oulipienne du peintre Pierre Desvaux en juillet dernier à Aubazines - Corrèze (stage basé sur la notion de palindrome : mot ou phrase qui peut se lire aussi bien de droite à gauche que l'inverse. Ex : radar, kayak, "un art luxueux ultra nu"... etc.) Pour mémoire, l'Oulipo (OUvroir de LIttérature POtentielle) est un mouvement artistique créé en 1960 , auquel ont appartenu, entre autres, Raymond Queneau, Georges Perec, ou Italo Calvino. Les jeux littéraires sont basés sur la notion de consigne, ou de contrainte, au travers desquelles l'imagination...
la bouille / la trogne / la binette / la frimousse perdre la boule/ se prendre la tête/ ouvrir sa boite à camembert se payer la fiole d'un quidam avoir / une bille de clown / une sale bobine / une tête des mauvais jours une face de carême / une tronche en coin de rue ou / un joli minois / un visage de madone / victime du délit de sale gueule / du délit de faciès faire bonne figure / faire sa tête de lard / tirer une tronche de cake se fendre la poire / se casser la margoulette/ gueule d'empeigne ou gueule d'ange / à la tête du client déposer sa tête de cochon, sa tête de nœud sur le trombinoscope...
Sur la carte satellite on voit le trajet de la voie ferrée entre Laroquebrou et Laval s/Cère, qui suit la rivière (Cère) tandis qu'aucune route ne passe par cette vallée encaissée qui détermine les limites du Cantal, du Lot et de la Corrèze
Il fallut moins d'un siècle pour donner à tous les pays du monde le transport ferroviaire, au prix d'efforts humains, industriels, logistiques sans précédent : ouvrages d'arts, tunnels creusés à la main, ou presque, viaducs, ponts de fer, milliers de kilomètres de voies destinées à relier les hommes, à amener les marchandises là où les routes n'allaient pas,...
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Vital pour l'un, éblouissant pour l'autre, le marché conjugue la nécessité du sédentaire et le hasard du voyageur. Arrimée aux couleurs brassées de formes et d'odeurs, que l'on ne sait nommer, toute parole est emportée dans le ruisseau des rires, des marchandages et des cris incertains, où le passant n'osera donner de sa voix. Tourbillon sur des chemins d'images parfois remontés jusqu'au costumes des femmes, jusqu'au désir des fruits, jusqu'aux chairs pantelantes qui écrivent un roman du monde, le marché étourdit autant qu'il ravive la vérité du territoire,...
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Voici fini à grand peine le classement de quelques photos de janvier 2019 : traversée de l'Équateur du nord au sud, d'Otavalo à Cuenca. Merci à Ana Paola, merci à tous les amis rencontrés, merci aux montagnes, aux glaciers, aux orchidées, aux marchés, aux graffeurs, aux constructeurs, aux arbres et aux volcans ! Juste un mot sur ce pays qui m'a enchantée : "Asseyez vous sur un banc, n'importe où en Équateur, vous ne tarderez pas à voir un nuage traverser la route." cliquez sur ce lien pour voir un montage d'environ 6 minutes https://www.youtube.com/watch?v=ceLxV7bCpYM
Création...
tout nettoyer, faire le ménage prendre le temps d'ouvrir les cages et traverser de poussières en poussières l'espace en compagnie d'un essaim de sorcières puis balayer devant sa porte les lettres vives, les lettres mortes vent debout face au temps qui s'emporte
... pour l'anniversaire de mes 70 ans , revenus depuis l'Equateur