Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 Il fallait ne rien penser, il fallait le moment présent, les pieds, le corps, dans la ville. La photographie s'écartait de la rumeur. L'image gardée sur l'écran ne comptait plus, seulement celle qu'on tenait dans son regard, celle qu'on avait vraiment vue ... qu'on partagera avec les mots ? Se taire d'abord dans le vacarme des moteurs, et d'autres mots incompris. Et pas d'autres envies : voir, sentir, le reste est ineffable intransmissible, le temps défile et l'on est dans le film, dans l'image, le son, l'odeur, rien ne se compte Un instant on s'arrête pour...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 la nuit est un long bruit blanc qui enrobe les cartes et les mots des voyageurs le dos s'étire entre deux jours qui empoignent le temps d'un côté à l'autre de l'écran indifférent devant derrière au-dessus tout est pareil et rien n'est vrai les chiffres ne disent rien d'imaginable à mille kilomètres par heure par moins soixante degrés sous les pieds la constante vibration simule la confiance du vide, onze mille mètres au dessus du sol ma tête n'a pas changé de date elle est encore crépusculaire tandis que le corps a déjà, lui, tourné la page du nouveau jour...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 J'étais déjà partie, comme toujours, mon corps prenait la tangente, le vent n'avait plus d'odeur, la nuit se taisait jusqu'à l'abîme d'un sol mouvant qui n'était pas encore connu. Le temps brûlait et s'étirait sans que je m'impatiente. La chaleur serait bonne à boire, il suffirait de le vouloir. Un avion m'attend qui va lacérer le silence. L'entre-deux ne pèse pas : il faut de la durée pour s'en aller. Quand le temps est trop court, l'allonger de perspectives accroît le réservoir de mes attentes. Doucement, doucement il vient à moi, il m'ouvre la porte et me...
Journal de voyage Vietnam - Laos 2024 emparez vous des cartes faites danser vos yeux sur le papier vos pieds sont des oiseaux que la mer n'effraie pas il faut partir !
collage poétique
collages papiers japonais - février 2024 Du rouge bien trempé du vert un peu sauvage dont la vivacité garde au loin les nuages. Que nous faut-il encore pour être ensemble, heureux, Dans la simplicité Du jour multicolore ?
tout au bord du volcan le ciel prend la tangente
tombent / des saisons / des raisons / toujours bonnes / toujours bombes / qui tombent
la ville des lumières reprend le ciel de nuit
sortilèges du monde éperdu
viendra la saison / chargée des lumières / couvant l'espérance
Pas sûr, pas sûr, qu'on forcerait l'allure, Qu'on aurait plus d'air pur Pas sûr que les faucons, et pas sûr que les vrais Lanceraient des lettres mortes qui sont leur proie de mots Sous d'autres vents contraires Pas sûr qu'on pleure en paix sous le ciel décalqué Pas sûr qu'on ait le temps de s'éveiller, de réveiller Les faux amis, les vrais aussi Pas sûr que le sommeil Et la vie durent, et durent Pas sûr, pas sûr
collages
Que disait-on des larmes autrefois ? Qu'elles lavaient le silence et faisaient mûrir les fruits du temps Qu'elles dormaient sous les oreillers pour lessiver nos cauchemars Qu'elles tombaient d'un ciel profond qui n'oublierait pas de combler nos espérances Et puis On ne pleure plus, on laisse la pluie fracturer les nuages Refléter la douleur de l'espace qui s'abîme au fond des eaux et s'obstine à nous revenir en sèche amertume Car la douleur ne sert plus à rien Les larmes sont absences Seule la colère subsiste quand la terre ne rêve plus
le cerveau se remplit d'atomes crochus, de colères rentrées, d'oiseaux pointus, de vomissures secrètes, d'escaliers sans fin, de vents étoilés, de cagibis prisons, de pieds de grues enfoncés dans la vase, de feuilles mortes, d'ondulations, de nausées, de piques et pêches, et puis le cerveau se vide. Bien fait ! c'est tout ce qu'il mérite
on ne lâchera rien. on sera heureux, juste pour faire la nique à ce qui hait on dira oui, on dira non, mais on saura pourquoi on aimera quand il faudra, plus souvent qu'à son tour on poussera les vieux démons dans la fosse de l'indigence on lèvera le poing et puis on ouvrira les poings fermés jusqu'à ce qu'il en surgisse des chants-oiseaux on se relèvera autant de fois que nécessaire et jamais seule et jamais seul on gravera sur les nuages des mots entiers qui feront taire le vent des explosions parce qu'on le peut parce qu'on le doit
graff tunnel des tuileries - Paris 2023
j'aime la fête, la famille, les offrandes, les partages. j'aime les aurores boréales, les troupeaux de rennes, le cercle polaire, le grand Nord j'aime le rouge et les lumières j'aime les solstices d'hiver et l'espérance des jours meilleurs mais je n'aime pas le père Noël, ses habits de mensonges, sa barbe dégoulinante de fausseté qui cache l'artifice, ses clochettes dissonantes, ses cadeaux plastifiés enfant, jamais n'y voulus croire jamais, sur les genoux de l'inquiétant barbu les tout petits hurlaient de terreur à son approche parfois j'ai protesté parfois je me suis tue inventant cette histoire,...
Des Coup(é)ysages la ville rouge est un poème à l'envers qui n'a pas trouvé de nom l'oiseau de feu danse sur le volcan des vies emportées la mer ne reprend pas les ondulations du passé l'arbre au bois doré ne parle pas des légendes, il retient le vent, la feuille ne parle pas de l'arbre, elle garde la mémoire des aspirations contraires l’œil intérieur est enchevêtré de silences avant tout, il fallait que le ciel s'évapore, que le chant se calme avant tout il fallait partir mais de quelle nuit parlais-tu ?
collages de papiers découpés ou déchirés
C'est le fil des savanes qui tire la mémoire, revient au carré des formes, au ravaudage infime des pièces déchirées car le temps ne sait plus ce que furent les villages, les arbres et le ciel de poussière rouge l'aiguille recoud ce qu'elle scarifia un jour sur la peau blanche
pièces de pagnes africains appliquées et cousues
grands formats
les arbres fantômes ont avalé leur ciel de mousse aux cheveux emmêlés quadrillant les aurores les mémoires tapissées les ombres étouffantes ne peut-on dire que le bois souffre lui aussi des verts encombrements des souffles raccourcis des esprits erratiques et des mondes inversés qui n'ont plus de chemins qui resteront cachés
Vallée du Lot
La forêt monte au dessus de ma tête, dans la crispation des pieds, dans les cailloux jetés à plaisir devant mon souffle. Car la forêt n’est pas que cet épuisement des vallées qui s’arrachent aux monts enrubannées de feuilles. Peu à peu elle se symphonise et s’orchestre d’oiseaux, de grincements, de balancements, de rythmes, de syncopes qui animent la matière du bois, l'emprise de la terre, la confrontation intime du mort et du vivant. Alors les pieds s’allègent, la respiration devient musique, mon oreille a gagné sur la pente rugueuse une danse, un son, un frottement de chansons singulières, un...