musiques tournantes ou fumées acides mots lâchés du mépris ou du silence flâneries des oiseaux souverains ou poussière de villages chaque jour aspiré s'envole vers l'ailleurs car il y a là bas tout ce qui n'est pas nous tout ce que nous ne voulons pas de nous s'il est possible alors croquer le vent des arcs en ciel voler de ports en ports droit sur le Nord ou méandres des routes chercher la faille et la teneur des terres déboussolées chercher encore plus loin (dessins Inktober 2021)
inktober 2021
En pensée avec tous les enfants de partout écrasés sous les bombes La guerre ça fait mal, la guerre ça tue. L'engagement des artistes peut sembler dérisoire. Leur expression ne console pas de tout, mais elle laisse un espace disponible pour une autre vision de monde, où la musique remplacerait le bruit des canons, où la douleur s'exprimerait sur les murs et les toiles, où la danse, le théâtre, représenteraient de façon symbolique les batailles inutiles de l'humain en proie à ses démons. On peut être un immense artiste, ou un faiseur médiocre : pendant ce temps on ne tue pas, on ne conquiert pas,...
la masure ruinée qui nous cadre n'est pas une masure c'est la grange qui abrite nos vacances ça n'empêche pas l'élégance - dit ma mère - qui nous gante et chapeaute de frais pour le dimanche à l'église du village, puis le repas à "l’hôtel du cheval blanc" c'est le mois d'août 1955, il ressemble à ceux qui ont précédé, et croyons-nous, à tous ceux qui suivront les maisons s'écroulent, disparaissent, comme toutes les maisons, comme le temps qui reste inscrit dans les images glacées dont on ne sait rien lire juste fermer les yeux, juste l'odeur d'herbe sèche, la paille des matelas, la flamme vacillante...
je dis Fleuve, Majuscule, je dis rêve embarqué sur un temps qui se fait déjà loin je dis qu'il faut aimer le monde, tout le monde, avant de le connaître je dis que la mère des fleuves est mère et profondeur du rêve je dis que mon désir s'est aliéné avec le monde fou, puis s'est lavé, quelquefois, de ses bruyantes salissures et qu'il m'a transporté sur les eaux, les racines, les insectes fouisseurs le creusement et l'offrande, de ce petit bateau qui s'écoulait, tranquille sur le Fleuve AMAZONE
de Yurimagas à Iquitos, et d'Iquitos à Tamshiyaku (Pérou amazonien)
Mon ami Schubert, j'écoutais ton quatuor N°13 en la mineur, et ma main courrait sur le papier pour gribouiller des sons noircis venus des profondeurs. Que j'ai voulu graver, comme ta musique, gravée, attachée aux cordes étendues que tu fais vibrer depuis le sombre néant. En mode mineur comme il se doit. émergence / fracture / os point de fortune et d'infortune frappe le temps / pique l'ombre des pleurs des espaces des retours le corps ténu émerge des marais / vers le haut / vers le haut le ciel marche de cheveu en cheveu parvient au bord de la pauvre caboche / de la pauvre douleur/ et de l'obstination...
Sous le regard des rêves sans nom pas de mensonge pas de vérité la matière étire la suspension du ciel et fige la seconde Mawurndjul, artiste Aborigène, le dit autrement, et je m'y retrouve pleinement : Nous ne peignons pas le corps réel mais son pouvoir. Nous peignons seulement l'esprit. C'est tout.
acrylique sur toile
Le terme, désormais galvaudé, de "femme puissante" se décline à l'infini pour apporter sa couleur, prétendument positive, au féminisme ambiant (celui des médias, des livres, des "salons" ?) Ce rapprochement de mots, pas innocent du tout, témoigne-t-il de ce que nous, femmes du quotidien, espérons de nos vies, de la vie, de l'avenir ? Car moi je ne veux pas de cette virilité écrasante, en peinture sur ma féminité, fût-elle un mot. Je ne veux pas la puissance et la gloire, je veux l'égalité Je ne veux pas le pouvoir, ni la domination, je veux la liberté Puissance et impuissance ne sont pas mon registre,...
Mais enfin, que dirons-nous de la stridence des aurores ? Mais enfin, comment atteindrons-nous le rideau de la suie et des épines ? Mais enfin, de quel élan combattrons-nous la résistance des murailles ? Et puis encore, que ferons-nous des espaces que la lumière déserte ? Au bout du temps, silencieusement, nous recoudrons, à points menus, le ventre d'une année mourante Et chercherons, s'il se peut Et chercherons, encore, L'enfantement d'un autre jour qui nous dirait : peut-être ? Et recommencerons Pour la beauté du geste Pour la beauté.
ce qui reste des questions tremblantes, des nourritures, des ossatures, des dérives étoilées, des paroles aiguisées ce qui reste après que tout soit digéré et même, ce qui ne reste pas, mais imagine et ré-invente, enfin, ce peu qu'on a jeté, puis repris, puis reconstruit qui sait ? qui ne sait pas ...
dernières créations de la famille "os-à-moelle" - Novembre 2021
J'ai toujours aimé l'automne des villes, cette complémentarité du naturel et de l'artifice, des rousseurs humides et du bleu verre "Je voulais contempler ma ville d’un œil moins usé. Avec les mots de Georges Perec, qui appartiennent à tous. Avec un simple téléphone comme chacun en possède un pour capter les images. Ne pas faire œuvre photographique, ou poétique. Avoir le regard simple et chuchotant de celle qui avance. Le profil bas comme on dit, de qui sait peu de choses et marche sans relâche vers ses apprentissages" Le reportage réalisé à cette occasion est accessible en cliquant ici sur CALAMEO...
Chacun sa tête Chacun sa couleur Chacun sa route Mais tous ensemble Libres de sortir du cadre
oeuvre réalisée pour une expo collective à la brasserie Tri Martolod de Concarneau
Rando solitaire ... * Si tu marches longtemps, ne crains pas la poussière * Le vent riait, il amena tes pas l'un après l'autre. La liberté du solide fut offerte. La terre était joueuse * D'abord, il fallut se nouer dans la foule qui marchait sans savoir. Le ciel était profond. Ta colère a brûlé et couvert les abîmes * Tu étais seule, tu as cherché le temps. La rumeur d'un fleuve appelait sur la terre étrangère. Rien n'avait de limite * Tu t'es retournée, le chemin était lourd. Plus de repères, plus de saisons. La poussière avait changé de peau * Tu ne reviendras pas de la soif. Et des nuages. Il...
De quelle obscure familiarité se sent-on habitée lorsqu'on déchire le voile des univers parallèles et des artistes imaginaires ? De quel réconfort soudain se sent-on envahie lorsque les formes tout à coup vous caressent, vous interrogent, et vous rassurent étrangement, tant sur votre faiblesse que sur la certitude qu'aucun monstre de fer et de cuir ne sera jamais aussi démoniaque que l'humain lui même ? J'ai habité l'antre des monstres et n'y ai entendu que des chuchotements fertiles, n'y ai vu que des rêves enfouis, n'y ai trouvé que des échappatoires nécessaires, n'y ai touché que des berceaux...
Fleuves, rivières, sources, rias, ruisseaux, on ne se lasse pas de les suivre, d'en découvrir un sens qui soit à sa portée, qui n'écrase pas, ne défie pas, convient à l'âge et aux pensées secrètes, non sans surprises, non sans tourbillons, mais constamment accessible. Ah! la constance des fleuves : ils nous mènent toujours en des lieux d'humaine résidence et de rencontres. Ils tracent et modèlent depuis des millénaires. Je les aime, et retrouve avec le même bonheur leur parfum de roseaux et leurs cailloux dorés.
Voici le Doubs, noir de galets polis et de mousses ardentes, en fil, en nappes, ou...