ah ! le camélia constellé de bouches roses chanson de printemps ** chaleur des journées au parfum d'herbes coupées l'été revenu ** novembre en bataille tant de feuilles qui s'éloignent de la branche noire ** un seul arbre nu effleuré par le vent gris fine cicatrice **
eaux fortes et aquatinte
Journal de voyage Équateur-Pérou 2019 Il y a quatre villes, piliers de ciel, qui habitent le nom de Quito La ville bariolée de couleurs imaginaires qu'on ne retrouve pas, même en fouillant chaque ruelle. Celle d'avant le voyage. Elle est déjà passée. la ville répandue, échappée, jeu de cubes au hasard des quebradas, des précipices, des ponts, des failles, des cassures, des escaliers, des ascensions, des coupoles. La ville qu'on nomme avec les pieds, le souffle et le présent. La ville noire surgie des couches telluriques, qui tremble sous les pavés, interroge et ne répond jamais. Qui se réveille...
l’œil coupant décharne toute vie jusqu'à l'aiguille il n'y a pas de ciel, rien que le vent il n'y a pas de traces, rien que le sang indien colorant la terre assoiffée j'ai cherché les Mohaves, les Paiute, les Chemehuevi, les Chumash, les Tipai, les Taaqtam, les Kawaiiasu j'ai cherché l'arbre tordu qui disait le chemin. celui là-même qui hachait le vieux monde j'ai trouvé le froid inconnu d'une beauté sans mélange cela suffira-t-il à raconter l'histoire ?
joshua tree desert
hidden valley
old silver mine
désert de cactus
Joshua tree national park
La ville s'enroule en écailles de brume et de feuilles luisantes avec la douceur des grands iguanes ou des serpents de mer qu'on a rêvés sans trop y croire. puis elle surgit des hauteurs et s'éveille entre deux eaux, entre deux ponts, et se déploie d'arcades en arcades, de rues en rues, de glissades en croche-pied de fils noués chaque impasse se soulève, chaque maison vibre et le ciel s'évanouit vers l'arc des couleurs qui claquent à tous les vents les tours, les môles, les rails s'ébrouent en gerbes d'air doré alors, la Sirène se lève, le jour ondule, le moteur ronfle, et c'est un autre matin...
Il n'y a rien (Nada) entre le monde et moi. On prend ça comme on veut. Pas de limite ? pas de différence ? ou bien l'écart de l'incompris, l'étrangeté grinçante, la sidération de l'absence ? Les mots viennent. On ne pense pas, on n'imagine pas. C'est la surface d'un miroir qui est, ou n'est pas, profonde. Qui est, ou n'est pas, réelle. Entre moi et le monde, c'est sans histoire, pourtant. Un chemin de traverse. Trois petits tours et puis s'en va. Où ça ? ne sait pas. Ailleurs. Ici. Quelle importance. Identité, variété, similitude, contrariété. Rien à comprendre. Je reste là, mais qui ? posée au...
Ce fut déjà le titre d'une expo réalisée en 2016 : Assembler. Assemblages. Coller et réunir. Loin de l'idée de l'hétérogénéité, travailler à l'unité. Un jour, qui sait, à l'absolu de l'unité, retrouvée en un seul temps, en un seul lieu. Totalité de l'art de la vie, de la production juste avant le big bang. Un petit big bang comme un pétard mouillé, dont on a été le passeur. Quand même. Un seul moment où ça va coller, celui peut être du dernier souffle, ou de la dernière œuvre (on appelle ça une œuvre, mais oui, sans honte, ce qu'on fabrique, n'est ce pas ...). Construire d'abord par accumulation,...
Ça se passe au Togo, précisément dans la petite ville de Bafilo. Nous sommes groupés sous l'appatam* en compagnie du chef de village , et de son conseil. Nous, c'est à dire quelques amis Kotokolis de Kara, et trois blancs qui venons demander au chef l'autorisation d'accéder à la cascade d'eau potable qui se trouve à quelque distance. Un des jeunes, resté dans le taxi, surgit de façon impromptue au milieu de l'échange de salutations et de politesses qui préside à ce type de rencontre. Il vient de lire sur son smartphone (oui en Afrique, presque tout le monde a un téléphone connecté !) qu'un attentat...
c'est le cœur : le marteau qui cogne, qui bouillonne c'est le buisson ardent : les tombes emportées par le ruisseau des feuilles et la brume violette des draps condamnés aux champs d'honneur car l'honneur s'est perdu et le tourbillon glisse en fourneaux refroidis, en ardoises, en voies de fer qu'on a déshabillées après c'est le silence le fleuve méandreux traverse le ventre pâle des vallées endormies où demeurent l'accointance du ciel avec le métal, la vérité de l'eau qui s'embrase sans le dire, le souvenir d'un oiseau noir, le grondement d'une cohorte de mots abandonnés et de voyelles orphelines...
"C'est un trou de verdure où chante une rivière..." Nous avons tous en mémoire "le dormeur du Val" , qui témoigne des horreurs de 1870. La forêt ardennaise, à proximité immédiate des terrains d'opération des 3 dernières grandes guerres, est habitée des souvenirs, des massacres et des charniers de "braves gens" (suivant la citation inepte de Guillaume II en 1870). Quand on se balade en ces lieux, on marche sur des cadavres, même si on veut l'oublier. Dans ce trou de verdure paisiblement photographié entre Sedan et la frontière belge, les nazis avaient installé des bunkers dans d'innocentes maisons...
Belle, je la retrouve, à la saison des eaux meurtries par l'encombrement des gravières, je longe les bois noirs piqués d'éclaircies, car là, tout à travers, toute lumière est bonne à boire je la retrouve, belle, dans ce peu de couleurs aux infinités de nuances, dans ce peu de courant aux infinis remous, avec la fraicheur de l'arbre le crapaud mort sur la route les premiers labours là, elle, dans l'obscurité vénéneuse de sa chair attentive, défie les matins nus et les soirs enrubannées d'insectes passante au plein midi de ses largesses inconnue reconnaissable, Loire au goût de figue et de cerise,...
D'une série de 6 gravures sur Rhinalon , intitulée "monstres marins", j'ai choisi deux gravures originales de chaque épreuve pour réaliser un livre d'artiste en 2 exemplaires.
gravure sur rhinalon
tentacules nouées à l'encre des abysses, fleur de roche et de sel il marche à l'envers où le ciel ne l'atteint pas on croit dans un frisson de vagues voir poindre l’œil de stupeur et la douceur muette je ne sais lui parler d'ailleurs il n'entend pas ** son soleil variable est l'inconnue d'une équation de rêves et de coquilles qui valent bien la soie d'autres fourrures quelle noyade céleste ? quel pâturage,...
biographies de toile Écrire une vie comme seule matière connue, non qu'elle soit plus belle, non qu'elle soit plus pleine et plus digne, mais elle est là, ou peu s'en faut Brasser cette matière là, pour en pétrir une autre, mieux assujettie au travail de l'esprit. Ne pas se remplir de phrases qui tournent en manèges, mais, sur la toile, vivre un autre langage, qui tient, qui lie, qui commande au passage, qui ne veut rien lâcher. Et moi là, aussi, je m'y tiens, en débris, en nœuds, en piqûres, en lambeaux. Je m'y tiens comme à la corde, le pendu. Je pique là où tout semble lisse. Jeu sans raison,...
Série de 6 gravures sur zinc format 10x15, réunies pour former un "Leporello" ( petit livre en accordéon) sur le thème des Regards issus de la matière ( Bois, Pluie, Nuages, Eau, Pierre, Tissu de ciel)
Son œil rond s'exaspère de la chanson muette des feuilles en allées... le haut bois solitaire cherche ses partitions volées
la pluie qui bat ne sait plus rien des cadences mouillées, des syncopes elle perd toute mesure battant, battant, avec cet air de ne pas y toucher
l'enclume et le marteau du cumulonimbus forgent aveuglément le vent de nos orages et le fer et la guerre sauvages
tout au fond de...
sous la violence de l'histoire qu'on n'a pas racontée il y avait un velours d'encre et de piment et des mots embrouillés qui ne disaient pas ce monde de papier simple et joueur que le réel confisque quand il veut nous faire peur
monotypes à partir de l'impression de papiers pliés, tissu et autres...