paluds de Guérande
un vol d'oiseaux blancs à l'aplomb des herbes rouges un cône de sel
un vol d'oiseaux blancs à l'aplomb des herbes rouges un cône de sel
D'une série de 6 gravures sur Rhinalon , intitulée "monstres marins", j'ai choisi deux gravures originales de chaque épreuve pour réaliser un livre d'artiste en 2 exemplaires. gravure sur rhinalon tentacules nouées à l'encre des abysses, fleur de roche et de sel il marche à l'envers où le ciel ne l'atteint pas on croit dans un frisson de vagues voir poindre l’œil de stupeur et la douceur muette je ne sais lui parler d'ailleurs il n'entend pas ** son soleil variable est l'inconnue d'une équation de rêves et de coquilles qui valent bien la soie d'autres fourrures quelle noyade céleste ? quel pâturage,...
biographies de toile Écrire une vie comme seule matière connue, non qu'elle soit plus belle, non qu'elle soit plus pleine et plus digne, mais elle est là, ou peu s'en faut Brasser cette matière là, pour en pétrir une autre, mieux assujettie au travail de l'esprit. Ne pas se remplir de phrases qui tournent en manèges, mais, sur la toile, vivre un autre langage, qui tient, qui lie, qui commande au passage, qui ne veut rien lâcher. Et moi là, aussi, je m'y tiens, en débris, en nœuds, en piqûres, en lambeaux. Je m'y tiens comme à la corde, le pendu. Je pique là où tout semble lisse. Jeu sans raison,...
Série de 6 gravures sur zinc format 10x15, réunies pour former un "Leporello" ( petit livre en accordéon) sur le thème des Regards issus de la matière ( Bois, Pluie, Nuages, Eau, Pierre, Tissu de ciel) Son œil rond s'exaspère de la chanson muette des feuilles en allées... le haut bois solitaire cherche ses partitions volées la pluie qui bat ne sait plus rien des cadences mouillées, des syncopes elle perd toute mesure battant, battant, avec cet air de ne pas y toucher l'enclume et le marteau du cumulonimbus forgent aveuglément le vent de nos orages et le fer et la guerre sauvages tout au fond de...
sous la violence de l'histoire qu'on n'a pas racontée il y avait un velours d'encre et de piment et des mots embrouillés qui ne disaient pas ce monde de papier simple et joueur que le réel confisque quand il veut nous faire peur monotypes à partir de l'impression de papiers pliés, tissu et autres...
Un grave accident de voiture fin mars m'a menée un mois à l'hôpital... qu'en reste-t-il ? Accident : l'accident vient du dehors. Il nous concerne à peine: qui pouvait l'empêcher ? Ce qui arrive n'est pas de moi. On me l'a jeté à la tête. Mais. Lorsque c'est le corps qui, lui même, crée sa défaillance, son infortune, on ne cesse de remâcher cet arrêt du destin où l'on s'est fourvoyé. Seul. Je pouvais l'éviter. Pourtant je n'ai rien vu venir... Ou bien c'est ce même corps qui s'est mis en grève de ma conscience? va savoir ! Chance : il n'y a rien au dessus, autour et en dessous. Il y a la vie. Ou...
à ceux qui ont franchi le pas vers le monde inversé s'étonnant des rochers où brillent des yeux morts et voulant retenir les étraves et les routes d'écume qu'ils mâchent en silence et sachant, déjà, que les tombes y seront perdues sauf si nous osions encore une fois écrire leurs noms de poussière remontés des hauts fonds. je demande seulement : en avons nous le droit ? Est-ce que les mots donnent quitus à la cruauté des falaises ? Ces traits, ces bourrelets d'encre échappés des ressacs que diront-ils des bancs de sable où leur espoir s'abime ? Je voulais que ma douleur fut tienne elle ne peut pas....
souvenir du gel le camélia vient au jour tout froissé de pluie éclosion de fleurs douceur grise de midi le vent est tombé un temps de jonquille un parfum d'herbe coupée le jour s'illumine ah! mon camélia constellé de bouches roses chanson de printemps j'ai vu ses couleurs enlacer le bleu de mars devant ma fenêtre
Sans avoir les mots... les mots.... les mots des maux. Alors, STOP ! Monotypes. Impressions à l'encre: papier froissés et tissus + Peinture acrylique
bijoux de temps que la peau éternise tatouages de guerres, d'amour, d'enfantement ou de refus les cicatrices font remonter à la surface les manœuvres de l'invisible elles écrivent le cahier sans fin du jour et de la sueur en reliefs d'ornements que le cœur méprise, parfois. Qui saura lire ces traces enrubannées de peaux vives ? broderies et applications sur tissu, encres et pastels
matière Souvent, je pense à tous les tableaux que je ne fais pas, aux livres que je chapitre en vain au long de nuits fiévreuses, aux scènes illuminées des théâtres du songe. Souvent, je vois, j'entends, je lis ce que d'autres ont mis au monde et qui me ressemble, m'illumine, me réjouit, me décourage et m'illumine encore, croyant être à mon tour, moi aussi, un peu de cet être là, définitif, accompli, me débattant avec mon cerveau qui se brouille jusqu'à empâter mon regard. Il faudrait s'imaginer alors que l'Art est en soi comme une maladie chronique, un ADN caché, un marqueur invisible qui n'a...
Maintenant. Cadeau éphémère de la seconde traversée Maintenant. Rien ne tient que le seul désir d'être Un présent de sable qui vaut son pesant d'or. Présent. Échange. Larme sur le carreau pour arrondir le ciel Souffle d'air en équilibre d'inspiration. Soixante fois par minute. Ou plus ou plutôt moins. Sans s'arrêter pourtant. Sans vouloir plus que l'égalité du silence avec le tohubohu des douleurs arrachées Le présent n'est pas un vœu. Il ne parie pas sur l'avenir. Il est passé sans bruit. A laissé le matin ouvert sur d'autres questions, d'autres grains de sable en travers des machines, d'autres...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 Où l'on arrive, d'où l'on repart, la gare est espace protecteur, quasi maternel, en même temps que point aiguisé d'une toile où le voyageur glisse hardiment de fil en fil, au réseau de laquelle il accroche ses espoirs, sa curiosité et ses rêves de frontière. Qu'il espère bien trancher, dépasser. Ou ignorer. La gare n'est pas la parenthèse du voyage entre deux villes. Au contraire, le voyage se constitue de gares en gares face à la possible vacuité de la ville. On sait lire le quai, l'attente et déchiffrer les heures. Le voyageur a le temps pour lui. Le monde...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 On entrait sous la pluie dans les remparts de Novgorod, kremlin rouge d'automne et de de terre cuite. L'église brillait au dessus des fresques écaillées. Comme partout, comme toujours, les foules s'empressaient autour des cierges et des icônes rutilantes. J'ai marché sur des chemins glissants à la lisière des murs. Je disais : Novgorod, comme une incantation brutale revenue de "la prose du transsibérien", mais c'était un autre Novgorod, un autre voyage, un autre temps. Sur des estrades instables, nous sommes restés figés longtemps dans l'attente du coeur joyeux...
Traversée de l'Europe - Octobre 2017 Beaucoup de gens disaient : "c'est une ville qui m'a tant fait rêver". Je ne savais pas pourquoi. Rêver de quoi ? de l'Hermitage et de ses fabuleuses collections ? de la Neva et de ses ponts levants ? des palais de tsars et des perspectives monumentales ? Non, je ne savais pas. Alors, j'ai pris la ville comme elle me prenait : à froid, à bras le corps, et pied à pied. Le long des quais, des escaliers, des églises innombrables, des dorures affolantes, des cimetières et des cours oubliées. J'ai apprivoisé, sans rien dire, cette sorte de Paris (moi la parisienne,...