Tout d'abord il y a la chaleur, qu'on n'imaginait plus ... mais à la sortie de l'avion le tarmac est un gros uterus à 37° pile qui vous emmitoufle de moiteur collante. Je me rappelle chaque fois ma première arrivée ici, ma première conquête africaine, en 2001, que j'oublie toujours et qui revient en force à chaque atterrissage. Puis, on se dirige vers la salle d'arrivée, ses contrôles administratifs qu'on aborde avec la certitude de celui qui vient du "beau monde". Mal me prend de cette assurance, il parait que ma vaccination fièvre jaune, la seule obligatoire, est périmée. Voici donc la deuxième...
on se retourne , ou on retourne, ou bien l'on tourne jusqu'à retrouver le départ jusqu'à confondre le sens et la quadrature du cercle plus ou moins vicieux l'enfant n'est plus ici depuis longtemps n'est plus ailleurs, n'est plus dedans que sur l'image du retour possiblement possible où jamais ne revient le moment des adieux où l'on dit au revoir sans se retourner et pourtant malgré soi toujours devant, toujours en attendant un autre enfant
pour ceux qui ne vivent pas en Bretagne, petite précision à propos du mot "glaz" que j'ai employé dans ma précédente chronique je ne parle pas le breton, mais cette particularité ne m'a pas échappée à propos du nom de couleur "bleu" qui désigne aussi le "vert" de la nature (de la mer aux algues, des feuilles aux ardoises) et parfois aussi le gris ... en un mot les nuances majoritaires de la mer en Bretagne qui n'est jamais la même selon les jours et les heures. ( il parait d'ailleurs que le Grecs , qui vivaient pourtant auprès d'un bleu méditerranéen quasi constant n'avaient pas de mots pour traduire...
Quelques jours passés en Méditerranée, et me voilà de retour avec du bleu plein les yeux, et le sentiment étrange que la couleur du ciel éblouit pour mieux tromper son monde De l'absence et du vide nait l'intensité de l'azur le bleu profond n'est que l'épaisseur de la transparence dont les vanités se perdent toujours dans un mensonge de fausse innocence Comme tous les mensonges dont on ne perçoit pas le fond, seulement les couches successives et l'infini vertige, le bleu qui réjouit n'existe ni dans le creux des mains flouées, ni dans l'air immuable, ni dans la fausse émeraude de la préciosité...
Marcher à l'envers, marcher sur la tête, marcher en crabe ou à l'aveugle. Toutes les marches nous emmènent quelque part, puisque le temps ne s'arrête, ni le mouvement. Pourtant il arrive au hasard des chemins durs à gravir, ou dévalés à pieds joyeux, qu'on finisse bien par s'égarer, non sur le sens ou sur l'orientation, sur la carte ou le plan, mais sur le but que l'on poursuit et que le paysage nous renvoie de manière parfois majestueuse, parfois secrète, mais toujours interrogative. Car nulle part on ne rencontre un paysage, semblât-il le plus sauvage, le plus lointain, qui n'ait été façonné...
De Stéphane Robelin , vu ce film :"et si on vivait tous ensemble". Au delà du propos, sympa, envie de parler de ma vieillesse à moi. Un mot qui n'est plus trop à la mode, on dit seniors, comme la carte, ou encore "ainés" ou troisième âge , ou je ne sais quoi. Moi j'aime bien dire "vieux, vieille", car quoique vous, nous, fassions pour faire semblant, de ne pas l'être, vieux, le calendrier ne ment pas... ET ON S'EN FOUT ! Je n'ai pas aimé passer la barrière des 60 ans, j'avoue que ça m'a même franchement déprimée, mais, au final, de ce coté de la barrière on est exactement la même qu'avant, et autant...
Il ne faut pas chercher à ces quelques réflexions la moindre justification scientifique, il est probable que je me trompe sur les âges du magdalénien, solutréen et autre moustérien, et que je confonde les dates du mésolithique avec le paléolithique inférieur. Tant pis ! Je ne suis pas une encyclopédie et d'ailleurs, au fur et à mesure des découvertes, la date, la durée, la recherche et la profondeur des excavations d'où l'on extrait le succédané de notre lointain passé, changent les faits en permanence. Le principal est de savoir que ça existe. D'abord. Faire la nique aux créationnistes (ceux qui...
Retour en Bretagne après une semaine passée dans la vallée de la Vézère, un des berceaux de l'humanité comme dit la pub, territoire de chaleur douce, de vallées aimables, de grottes ornées, d'architectures opulentes et nourricières, de fleuves alanguis qui font les paresseux. Si je pensais en partant il y a huit jours, ou me détourner, ou m'enfuir, ou me perdre, il est plus sûr encore que je suis retournée vers quelque chose de moi qui s'abandonne en ces lieux que j'ignore et reconnais toujours, dans le même temps; dont j'ai été gavée, où j'ai été vraisemblablement conçue, et inscrite dans ce paysage...
du départ, se départir de quelque sorte, dont il ne reste rien et pas moi, mais pas moi virer de bord, tourner le dos, attendre que revienne le goût du plus loin que j'imagine, ce grand départ aux saveurs de coco, qui va vers il ne sait pas où les habits, les orages, les manches toutes retournées et quelquefois l'on sait, et quelquefois pas, où l'on voudrait aller mais au milieu du fleuve, Michel Serres dans le "tiers instruit" parle de ce moment où l'aller est moins grand à exécuter que le retour alors ... on exécute, à petits feux, on installe, on y flotte, mais à peine installé, voici la fin...
Création théâtrale en plein air du texte de B.M Koltès "Quai Ouest" par le théâtre de l'Eclair. Ville Close Concarneau juillet 2012 Je joue le rôle de Cécile et je fais la mise en scène.
après cela il me reste mes doigts et quelques touches électroniques comme un vide entre moi et eux, entre moi et vous, entre moi et tout ce qui sépare n'est qu'un fluide au temps corrompu sachant seulement couiner quand il faudrait : gueuler de ses voix pleines et innombrables chanter plus haut que la cime de l'arbre puis fondre et disparaitre dans l'intensité du brasier ce soir un arc en ciel tombé relève le défi se courbe du coté des vivants ce soir il y a mes dix doigts, ou peut être bien moins et le clavier sans intention qui ne veut plus rien dire mais qui s'offre quand même à la fille nue...
Pour un ami poète, Gil Refloch, véritable connaisseur et amoureux des surréalistes, qui vient de mourir à Brest, cette épitaphe, que j'avais écrite pour lui, il y a vingt ans peut être, lors de nos exercices "Quimper-et-poétique" à la manière de ... Philippe Soupault (qui écrivit donc, dans un recueil, des épitaphes fictives pour tous ses amis surréalistes de l'époque) Et pour Olivier, un de ses bons copains (et un des miens) qui vit un triste temps ! Ci-Gil Floc et re-floc et ploc et ploc et ploc quand la pluie s'est arrêtée, tu es mort maintenant on ne sait plus très bien, ni le haut, ni le bas,...
à partir des haïkus on peut travailler sur des photos ou des dessins pour intégrer le texte à l'image produite le haïku dans le dessin s'appelle un haïga le haïku dans la photo se nomme haïsha voici donc un haïsha tremblant et maussade, à l'image de ce mois de juin plus que gris encre de miroir pas de nom pas de saison signature nada
Ces mots je ne voudrais pas les écrire s'ils ne disaient que la question sans la réponse à ce moment je revendique le plaisir d'une main retrouvée dessinant un arbre de soleil ne sachant plus ce qu'elle invente parfois je sais trop bien où je suis, qui je suis, et pourquoi je me donne, et pourquoi je me tais car on n'écrit pas le bleu, ni la lumière, les pages trompeuses témoignant seulement de ce mensonge qui n'en est pas un et quand je connais tout cela comme tout le monde, mon cœur heureux n'a pas d'histoires à raconter ils viennent au bout de la main, ou du clavier quand le doute se rehausse...