après cela il me reste mes doigts et quelques touches électroniques comme un vide entre moi et eux, entre moi et vous, entre moi et tout ce qui sépare n'est qu'un fluide au temps corrompu sachant seulement couiner quand il faudrait : gueuler de ses voix pleines et innombrables chanter plus haut que la cime de l'arbre puis fondre et disparaitre dans l'intensité du brasier ce soir un arc en ciel tombé relève le défi se courbe du coté des vivants ce soir il y a mes dix doigts, ou peut être bien moins et le clavier sans intention qui ne veut plus rien dire mais qui s'offre quand même à la fille nue...
Pour un ami poète, Gil Refloch, véritable connaisseur et amoureux des surréalistes, qui vient de mourir à Brest, cette épitaphe, que j'avais écrite pour lui, il y a vingt ans peut être, lors de nos exercices "Quimper-et-poétique" à la manière de ... Philippe Soupault (qui écrivit donc, dans un recueil, des épitaphes fictives pour tous ses amis surréalistes de l'époque) Et pour Olivier, un de ses bons copains (et un des miens) qui vit un triste temps ! Ci-Gil Floc et re-floc et ploc et ploc et ploc quand la pluie s'est arrêtée, tu es mort maintenant on ne sait plus très bien, ni le haut, ni le bas,...
à partir des haïkus on peut travailler sur des photos ou des dessins pour intégrer le texte à l'image produite le haïku dans le dessin s'appelle un haïga le haïku dans la photo se nomme haïsha voici donc un haïsha tremblant et maussade, à l'image de ce mois de juin plus que gris encre de miroir pas de nom pas de saison signature nada
Ces mots je ne voudrais pas les écrire s'ils ne disaient que la question sans la réponse à ce moment je revendique le plaisir d'une main retrouvée dessinant un arbre de soleil ne sachant plus ce qu'elle invente parfois je sais trop bien où je suis, qui je suis, et pourquoi je me donne, et pourquoi je me tais car on n'écrit pas le bleu, ni la lumière, les pages trompeuses témoignant seulement de ce mensonge qui n'en est pas un et quand je connais tout cela comme tout le monde, mon cœur heureux n'a pas d'histoires à raconter ils viennent au bout de la main, ou du clavier quand le doute se rehausse...
Avant l'Afrique, mais aussi dans le même temps, dans le même amour partagé, dans la même admiration, dans la même fusion poétique, il y a le Japon: cinéma, architecture, art de vivre, et poésie, dont le haïku J'aime beaucoup ce genre poétique très codé (3 vers de 5/7/5 pieds). Le haïku, pour ceux qui l'ignorent encore, est un poème bref, intense et vagabond qui dit l'humain avec humour, qui parle du quotidien avec une philosophie subtile, qui évoque enfin la nature avec un lyrisme réservé, dédié aux sensations bien plus qu'aux mots, d'où cependant le jeu de mots n'est pas absent, même si l'on n'en...
Premier mai : rouge et noire manif, je défile toujours avec les anars, leurs protestations sont plus gaies, et leurs cadences plus inégales ! Sur un banc quai du Steir, premier soleil depuis des semaines. Et un sandwich vite attrappé dans le seul magasin ouvert de tout le quartier. Devant moi, les miettes échappées du casse-dalle. Trois gros oiseaux accourent en dandinant vers la manne convoitée. Rapide, fulgurant, un petit piaf vient leur voler droit sous le bec. Les trois gros se retrouvent pigeons à plus d'un titre. Le morceau de pain tombe et retombe mais le petit s'accroche. Afflux d'affamés...
Les chocs répétés de l'indigence et de la haine sociale n'ont pas empêché les "grands" de fermer les yeux sur le climat délétère au goût de cadavre, étouffé dans son crachat et sa terrible déshérence. Face à l'émergence de la brute, il n'y a que la fraternité qui tienne, et pas les calculs stratégiques du tout-pour-soi. Nous entrons dans un tunnel et savons ce qui nous y conduit : le petit confort, le manque de vigilance, l'égoïsme, le fatalisme ... et la peur. Et la peur ! Moi, je n'ai pas peur. J'ai seulement envie de vomir ce relent d'infection collé sur ma langue qui n'arrive plus à crier....
Le poids de l’état d’âme, ou le poids du silence Creusent en arrière un espace d’oubli On s’efface, on retombe, on voudrait bien aller Il n’y a pas de corps, et plus de ronde entre poings durs et chanson dévoyée Que la douceur venimeuse parée de neige et de frisson Un jour secoue la pesanteur, un jour qui tente un rire cassé un jour, l’un et l’autre et l’une et bien des autres scandent à l’envi que si la mort est proche elle garde en mémoire le fracas des espérances ils laissent tout au fond ces poids morts un jour, celui là, ou un prochain, ils verront mieux que la blancheur ne nous pardonne pas...
Ceux qui ont aimé les poèmes publiés sur ce blog peuvent les retrouver en édition papier, accompagnés d'une belle mise en page de mon amie Aude, responsable de la petite édition "le chien du vent"
parcours de juin 2010
"Je bénis les ambitieux et les hommes qui aiment s'exposer aux dangers le ciel ne garde pas en son sein les oiseaux morts et les abeilles ne butinent pas sur les fleurs fanées" Abou Kacem Chabbi (poète de Tozeur) à méditer, selon le sens qu'on veut lui donner, en ces périodes d'engagement et de réflexion... c'est pour cela que la poésie a toujours quelque chose à nous dire
Quelques image un peu grises (il faisait un temps "océanique") de cette belle palmeraie de Tozeur, ville tendre et secrète, aujourd'hui malheureusement désertée par les touristes..
quelques mots d'une mémoire de plus en plus ténue qui se superpose aux images, puis disparait, vite, comme les traces, indispensables à celui qui se perd, si fugaces pour celui qui ne sait voir car toute trace est un signe qui ne dure pas, il faut l'acuité du regard et la force de l'attention pour en saisir l'essence ce que nous disent les traces est plus léger, mais aussi puissant que les monuments érigés sur des socles de pierre le vent passe et balaye, mais la beauté jamais, ne se dégrade , ni ne s’achève elle est mouvement perpétuel d'éternité elle est une dune offerte chaque matin que la lumière...
Comme chaque année, est organisé le printemps de la poésie à Concarneau, avec l'association AïXOS et des partenaires artistes dans CHAP'L en ville close «Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière» (Michel Audiard) VOYAGE(S), spectacle de Joël Cudennec Textes de Blaise Cendrars et Sylvain Tesson Dix ans après la création et 80 représentations de « le vieux qui lisait des romans d’amour», Joël Cudennec nous propose avec cette nouvelle création de quitter la jungle amazonienne pour le froid, la taïga sibérienne… Encore des histoires de fêlés, généreux, naïfs et le Pacifique comme...
car on y trouve ... des abribus quand il pleut des fleurs printanières du pain frais trois fois par jour des bistrots et des pubs ! du chauffage central des salles de restau tout confort des arbres pour faire la sieste
un monde se retire en tortillant sa croupe ne dirait-on pas qu'il subit les cachotteries de la lumière ? j'ai mal regardé, mal vu, mal aimé il n'y a rien qu'un bruit de feuilles et cette ombre rigide que mon regard éteint à force de mensonges l'image est plus réelle que la seconde arrachée à la terre je choisis mes trafics contre toute vérité puisqu'il n'y a pas de racine
d'où vient-il que nos peurs ne sont jamais chauffées au rouge ? même si l'on craint la flamme et ses retours, on ne voit au travers des fenêtres que la pâle blancheur des cœurs morts et des bouches cousues je préfère glisser mes aubes gelées entre deux tranches de pain, mordre le vent mouillé qui ferme une clairière de disette ou crever bien repue en étalant sur mes tartines la chaleur pourrissante et le piment du jour