le Chili célèbre à tout moment Neruda comme un héros national... Ses maisons sanctuarisées offre au voyageur le visage étonnant et contradictoire d'un homme de la terre qui se vivait en capitaine d'un bateau définitivement ancré, d'un gamin pauvre qui ne s'est pas lassé d'accumuler de son vivant des collections folles et désordonnées d'objets célébrant la beauté et le travail des hommes Mais ce que l'on retient avant tout ce sont les mots emportés de souffles choqués par la rencontre impossible de la violente profondeur Pacifique et de la hauteur Andine, d'un homme seul face à l'océan et de la...
Si haute la terre qu'il se sent à l'étroit, et bourgeonne, et se ramasse pour mieux frapper le ciel entre deux aires, entre chimère livide et sable des volcans, entre neige et ardeur, entre toit et profondeur des caves, entre moi et l'abîme, le nuage dessine chaque seconde une aurore où la lumière s'applique, se resserre et croit derrière le vent qu'elle est un autre jour la forme qu'il tourmente jusqu'à la faire crever, c'est l'espace où je marche à l'envers, où l'enflure de la peau révèle un mal qui cherche un peu de pluie il s'étale, là où son secret s'évente, fait de larmes perdues que le soleil...
Puma se change en creux sur la matière grise ses bras de pierre tissent le manteau de l’horizon céleste au fil de la plus haute terre, l'eau ne perd pas ses droits ne fléchit pas face à l'aplomb rebelle des rocs et des visages anciens pacte horizontal où chaque homme signe à grand peine du nom de sa faiblesse mais lorsqu'il se réveille et tire son œil de lave à l'assaut des nuages Puma devient l'argent, le sel et la noirceur du ciel où s'entrechoquent la lumière le miroir de la lumière et la cascade du miroir brisé pacte vertical du monde sans appel où tout enfant se heurte à la beauté intouchable...
elle casse la course cavalière des nuages et laisse les rumeurs au loin d'une ville qui s'étire et ferme son œil gris où la seule blancheur du monde serait l'erreur fatale
Album complet. La neige s'invite en bonne quantité à Paris avant notre départ pour l'Amérique du sud, retardant même notre vol d'une journée.
Le temps qu'il faut pour faire un sac, il est déjà temps de partir. Temps d'avenir où je ne serai pas car là mon sac sera posé, bousculé d'habitudes contraires. Ce jour d'après, mon poids de quoi ? Sans doute il se dira quelque part qu'il n'est pas d'hier ni de demain mais seulement le facile aujourd'hui de la pensée dormante J'empile et je défais dans le même temps une charge de voyageuse arrêtée, repartie qui se remet en marche en laissant derrière elle l'excès de ses trop-pleins et la substance fortuite d'une vague suspendue
collage Aéroport
... après le carnet de voyage, viennent les textes écrits après le retour, ou sortis d'autres voyages, qui célèbrent les Villes d'Afrique de l'Ouest que j'ai aimé traverser Dakar Elle vibre de fracas métalliques. Containers, rails, chaos de taxis sur les routes en jachère, motos en pétarade, halètement des bus verts et blancs. Percussion, martelage. Concert. Rythme de forge qui respire en puissance le long d’un océan mesuré au rivage poli. Le ventre de Dakar, sa pulsion intime se dispense à la face d’un horizon bleui. Vacarme contre vacarme. Tambour contre tambour. Des grues portuaires aux pièces...
Parce que l'hiver arrive pas à pas et que mes pas à moi m'emmènent ailleurs dans un peu de temps (l'Amérique du sud pour tout dire), je mets en ordre, ou en désordre comme l'on veut, des souvenirs articulés au gré de la main voyageuse qui laisse courir sur les feuillets quelques traits de cartographie intérieure Durant tout mon voyage (Dakar Lomé - raconté sur ce blog) je collais sur un carnet de route les menus indices de mes traversées, passages, frontières, déplacements, petits achats, retraits bancaires, logements, etc. une base pour rêver et retrouver le goût qui n'est jamais parti, lui ......
pas de mots en réserve, des fragments de vision vite retournés au sommeil je prends mon crayon et trace des angles obtus ouverts sur des entrelacs de cervelle fais des phrases, des signes égarés, des images liquides le dessin d'un monde inutile qui excite parfois la mollesse des intentions pas fâchée d'être en dehors, à la limite indifférente pliée dans le moutonnement des nuages où dort la lune aux yeux de chat les feuilles s'entassent et je glisse dans l'odeur frissonnantes des morts bébé de réclame rose et doré son lange immaculé sous l'encre de la vie
dessins - carnets
Automne se dit "autumn" en anglais", mais "fall" (chute) en américain J'aime particulièrement ce mot auquel sont liés des souvenirs doux amers, comme la tristesse et la flamme des couleurs automnales inextricablement liées Ambiguïté du sentiment et nonchalance feutrée d'un feu intérieur, quand souffle le vent mauvais et que le temps s'abîme vers l'hiver ... Et je me rappelle la dernière fois où je suis tombée dehors le vent noir fait gémir le ciel sans lune sifflement d'automne collage et multi techniques
Fall, ni joyeuse ni sèche mais convertie par l'or du temps en arcade de foin depuis longtemps...
Hazlo m'écrit : ..."ce que l'on ne regarde pas, n'existe pas encore!" C'est vertigineux! Mais tellement vrai. En Australie depuis des siècles, des gens chantent les rêves, pour que le monde existe... Chercher dans les aubes sinistres la matière d'un contresens qui ralentirait la fuite et la chute la géographie des rêves ne suit pas son cours naturel : dans la percée du trajet d'images emportées où se lisent de vieux symboles, il y a détournement, de fonds, de voix, d'intentions malveillantes que le temps n'a pas cicatrisé s'éveille alors l'inventivité du dormeur qui dessine en relief la carte de...
je ne comprends pas toujours les purs et durs qui veulent voir l'humain s'exiler du monde le monde des purs est-il encore un monde, privé de vie qui pue, qui abime, qui construit, qui ferraille, qui carcasse ? et qui contemple le beau avec le laid, et plus souvent encore le beau à l'intérieur du laid à l'intérieur du beau ce que l'on ne regarde pas n'existe pas encore je voulais seulement goûter un peu de brume aux frais du jour sans remarquer les armures métalliques que la photo a malgré moi fixé et malgré l'humain, construit inutile et dur et c'était beau mais encore, pourquoi dire non aux éoliennes...
Le dernier spectacle dans lequel je mets la poésie en scène, avec une amie pianiste, est axé sur la poésie de Pablo Neruda. Cela dit quelque chose, n'est ce pas ? Neruda, Chili, Allende, Unita popular, Victor Jara, coup d'état, 11 septembre ... nous y voilà ! A la fin du spectacle je me permets de rappeler aux spectateurs cet "autre" 11 septembre de 1973, qui vit les forces du "chaos" emmenées par les USA et un futur Nobel de la Paix (!!) Henri Kissinger, flinguer à bout portant une démocratie légitime d'Amérique du sud qui échappait à leur influence. Neruda, chantre poétique de la révolution chilienne...
Il n'y a aucun évènement de la vie sociale qui, plus que le deuil, suscite des rituels et des rassemblements d'individus pour affermir la convention permettant à la vie, une fois ceux ci accomplis, de reprendre son cours normal et mouvementé. Tant que le mort est encore présent, la mort arrête le temps, suspendu en un point d'exclamation incrédule, douloureux, ou révolté, que le passage par un autre espace temps, celui du rite, permet de dépasser. Je ne sais pour quelle raison ces questions m'ont toujours fascinée. Quand j'étais en fac de psycho, j'avais rédigé mon mémoire de fin de licence sur...
"au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau"... J'ai toujours aimé ce vers de Baudelaire, toujours eu envie de remercier par avance l'inconnu auquel je venais me frotter. Je ne parle pas ici d'un homme, ni même de quelqu'un en particulier, mais de tout ce qu'on ne sait pas, qu'on n'a jamais vu, qu'on ne reverra jamais... de tout ce qui peut arriver ! je parle du fragile, du précaire, de l'instable et du déséquilibré, qui balayent nos vies encombrées, enserrées dans leurs armures trop prévisibles je parle du voyage "à ma façon" qui n'est pas seulement la découverte d'un autre, des autres, de l'Autre,...
Journal de voyage juin-juillet 2010 Deux semaines après mon retour, mes pieds bien sur la terre dans la relative fraicheur du sud-Finistère, des amis me demandent régulièrement des nouvelles de mon voyage. Voici une carte sur laquelle les principales étapes sont notées qui expliquera mon trajet mieux qu'un long discours. Sachant que je suis partie le 16 juin et revenue le 22 juillet, les articles du blog correspondants au voyage sont visibles entre ces deux dates... et les photos dans les albums qui les accompagnent !