Cela fait donc deux ans que je n'ai pas remis le pied sur la terre africaine, ceux qui partagent ce sentiment du manque comprendront ces textes écrits à chaque retour Lomé est la capitale du Togo, je n'aime pas beaucoup cette ville sale et mensongère qui présente ses plages et ses quelques buildings bancaires comme autant de leurres pour masquer l'autre réalité des choses, mais c'est une ville encore petite qui a du charme et de la tendresse à revendre, tout est contradictoirement vrai et pareillement douloureux à comprendre Lomé / on charrie dans son sang le virus aiguisé du retour, du manque,...
pourquoi ce pays ? Je l'ai découvert pourtant au hasard, en 2001, lors d'une improbable "mission" de soutien scolaire alors que je cherchais une asso qui voudrait bien accepter une quinquagénaire partant à la rencontre d'un autre monde ! Alors, pourquoi aimer ce pays, ses habitants, sa douceur verdoyante, ses taxis brinquebalants, son inaltérable sourire, malgré la misère dignement affichée ? pour toutes ces raisons précisément. Des raisons, au delà de celles plus personnelles dont j'ai parlé dans le livre, qui peuvent se transmettre, se partager, et donner envie à quelques voyageurs et amoureux...
Au cours du mois d’août 2006, j'ai proposé à un groupe de jeunes de Kara une initiation à la photo numérique. Nous avons ensemble retenu l’EAU comme thème de ce regard sur soi (au TOGO en août c’est la saison des pluies). A travers ces photos, ils souhaitaient témoigner de leur vie ordinaire au hasard des promenades que nous avons faites ensemble, des activités, des lieux de la ville où ils habitent. Ils voulaient aussi montrer à ceux qui ne connaissent pas leur pays, de quoi est fait leur quotidien. Ce témoignage est le cadeau qu’ils nous font.Ces photos font partie d'une exposition présentée...
Extrait d'un chapitre du livre "Lettres d'Anisara aux enfants du Togo" "Et voici l’un de mes plus jolis moments de partage avec vous : ces matins que nous avons passés ensemble, où je vous proposais de laisser votre Bic courir librement sur le blanc de la feuille. Ce que nous appelons « atelier d’écriture », et que j’ai ressenti pour ma part comme mon apprentissage de votre intériorité. Mieux encore, apprentissage de la maîtrise que vous avez des choses essentielles.../ Le silence absolu du petit groupe au milieu des rumeurs de la ville que vous avez écoutées comme une première fois et posées sur...
Ceci est la conclusion d'un entretien que nous avons eu Paul Taylor, mon préfacier, et moi avant la publication du livre. Dans notre esprit il était question d'accompagner le texte d'un ensemble de réflexions qui pouvaient ouvrir la voie à une pédagogie de la rencontre interculturelle. Lorsqu’on travaille seul, il est difficile d’être conscient de la véritable distance à laquelle on regarde ce qu’on a créé. Le regard d’un autre que soi nous oblige à confronter à notre vision de l’intérieur, une autre vision très externe de l’objet qui n’en est pas moins porteuse de légitimité, de pertinence, et...
Ce texte, dont on lira un extrait ci-dessous, clôt en quelque sorte le livre et lui permet, peut être, de rebondir vers un autre espoir, celui que pourraient construire demain ces millions de jeunes africains qui se sentent souvent exclus de leur propre avenir, s'ils ont la lucidité et la force de regarder bien en face ce monde qui les ignore, au mieux, et au pire, les rejette. AfEt qu'ils se sentent capables d'inventer à leur tour un développement original qui mette en valeur ce qu'ils savent, sans avoir à nous rendre le compte que nos insuffisances arrogantes exigent de ceux qui n'ont plus rien...
Un ami de mes amis, "voyageur pressé" (il se reconnaitra) qui a lu le bouquin, me pose une question, au milieu d'un commentaire plutôt agréable à recevoir, et ce , d'autant plus qu'il est écrit d'une encre qui me semble presque familière. "Je sais aussi que le voyageur pressé est toujours autiste quand il rentre à bon port et ferme ses volets pour se mettre à l’abri du jour comme de la nuit.Là, vous serez indulgente car cette ambiguïté (ou cette difficulté) traverse vos mots et votre histoire. Sinon je n’aurais pas pu mettre mes pas dans les vôtres. De fait, c’est aussi cela que vous souhaitiez...
On ne parle guère de celui/celle qui a eu la tâche de présenter le livre, pourtant le choix de la personne qui rédige cette préface est rarement anodin. il/elle a souvent participé à l'élaboration du processus d'édition, pour avoir aimé le livre avant qu'il ne paraisse, pour avoir fait confiance à son auteur, pour l'avoir encouragé et soutenu quand c'était plus que nécessaire. Je rendrais donc cet hommage mérité à Paul Taylor. Professeur et chercheur à la fac de Rennes dans le domaine des sciences de l'éducation, il a accompagné pendant trois années une Recherche Action "Réinventer l'international"...
Tout d'abord, deux articles écrits dans la presse régionale à propos d'une séance de dédicace dans le cadre de "lire en fête" à Concarneau le 12 octobre 2008 Ouest France du 8 octobre 2008 (édition Concarneau) par Jean Luc Cochennec : Dominique Dieterlé publie un recueil plein de poésie et de vérité sur sa rencontre avec l'Afrique. Un livre de grande classe. Là-bas, au Togo, on l'appelle "Ani Sara". La Blanche. Pas par mépris, ni hostilité. Mais comme le constat d'une différence qu'il ne sert à rien de vouloir gommer. Dominique Dieterlé a séjourné sept fois au Togo. Avec d'autres adhérents de son...
Ce blog est donc né en ces mois de septembre / octobre, dans une saison appelée "FALL" en anglo américain, un mot que j'aime particulièrement dans cette langue, en ce qu'il traduit l'ambiguïté de la maturité qui est parfois l'or des feuilles, parfois la chute dans l'abime, et plus souvent les deux à la fois. Pourquoi cette entrée en matière ? Parce que je suis dans la maturité évidente de mon âge mathématique, mais en même temps dans un moment joyeux qui est celui de la publication de ce premier livre dont le titre est : " LETTRES D'ANI SARA AUX ENFANTS DU TOGO"... Ani Sara : « la blanche ». C’est...