journal de voyage Juin 2010 Troisième jour à Dakar, sur une plage de pêche. Pirogues colorées, magnifiquement décorées, bien alignées. Des groupes de femmes et des charrettes sommaires tirées par de petits chevaux attendent le débarquement d'une grosse pirogue chargée de poisson. Certaines caisses sont déversées directement dans des camions réfrigérés hors d'âge qui vont à la conserverie de sardines, les autres poissons sont vendus sur la sable ou entassés dans les attelages vers les marchés ou les marmites ! Je n'ose pas prendre de photos, malgré la beauté de la scène, des couleurs, des costumes,...
Gorée cerclée de ferrures plongeon de vague sans mémoire fond du non retour
île de Gorée, ancien lieu d'embarquement des esclaves pour l'Amérique
journal de voyage juin 2010 Déjà deux jours que je suis là, ou devrais-je dire: il n'y a que deux jours que je suis là, à faire ma touriste. Ce sera peut être différent en Casamance (ne sachant pas ce que les amis m'ont concocté), en tout cas cette Afrique m'a bien reprise, sans aucun problème, comme ils disent, à supposer qu'elle m'ait jamais lâchée ... Ici le temps coule différemment, c'est à dire qu'il ne passe pas au sens passif du terme, bien que...
journal de voyage juin 2010 Je vais tenter de faire un petit survol d'impressions, même si depuis le cyber-café ce n'est pas simple de retrouver les images, reconcentrer les sensation et taper sur un clavier anachronique ! essayons... Petit matin gris et plus que frais au départ de Rosporden mardi, une fois dans mon compartiment de première - qui n'est pas le véritable avant gout du voyage, mais plus de places en seconde - je me laisse rattraper par le no man's land où s'inscrit le premier jour : wagon, bus, salle d'attente, avions, attente, avion, taxi. Sourire à ce temps qui me va bien - celui...
Quand le voyage commença-t-il ? dans le désir? dans le projet? dans l'impatience du paquetage qui fait basculer le réel d'aujourd'hui à ce que je serai demain ? je me charge le moins possible, réduisant l'imaginaire au strict minimum. ne rien savoir, seulement se laisser surprendre le moment venu je ne quitte pas, je m'éloigne à un moment on part, à un autre moment on arrive, le temps se succède à lui même, mais moi je reste moi dans le premier train je couperai les fils un à un, visiblement mais je resterai attachée, invisiblement, pensant déjà au retour, à l'après cela me fâche un peu et puis...
on ne sait pas toujours si la fleur est entière si le jardin est là si l'éclat du sang avive ou non ce rose d'artifice qui fait défaut à nos réalités on ne sait rien de la minute ni de la main qui tient l'objectif ni de l’œil ni du désir sinon que mon sang ma main mon ragar sont noyés dans ce calice où je bois où je bois à la santé de qui de quoi ?
je suis livre ouvert assignée à bout portant sans réserve aucune à douze ans des saules bleus plein la tête elle les a coupés en forme de cheveux pour cesser de pleurer
".... Et, comme un œil naissant couvert par ses paupières, Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres!" Gérard de Nerval, "vers dorés" extrait des Chimères je ne suis pas panthéiste, ni théiste de quoi que ce soit d'ailleurs mais, comme aux beaux jours de mai 68 on criait: "sous les pavés, la plage !", toujours je suis saisie par les manifestations d'une puissance naturelle sous les artifices de nos constructions ce matin là, frais et beau, un arbre terrassé avait fait son lit de sciure rouge aux cotés du fleuve sable, désert, monde miniature qui livrait des racines serpentines à nos rêves...
sur le bord du quai, lignes grises colonnes de chair embrassées les amours chiffrés s'éternisent en codes et en regrets noyés sur les bords de Seine, les arbres creusés de messagerie éternelle
" peu à peu mais aussi à grands à-coups il m'a été donné de vivre oh! quelle affaire insignifiante" Pablo Neruda je disais samedi soir pour une vingtaine de spectateurs attentifs cette phrase de Pablo Neruda, extraite de son recueil "mémorial de l'ile noire" publié à 60 ans c'est aussi mon âge un moment de retour sur soi même, pour entrer dans la vieillesse, et chercher le sens peut être insignifiant ne veut pas dire inutile ou misérable, mais seulement qui ne trouve pas la direction, la distance, et la finalité du voyage ainsi de tout voyage entrepris dans tel but et qui aboutit sur des rivages...
mon langage cette fois ne sera ni blanc ni noir il empruntera la constance étale de la rencontre mer et fleuve au flegme apparent sous le dos lissé du soir les désirs de l'autre et de l'un jouent à secouer l'entraille du silence pas de vent pas de vague pas de rumeur froissée juste la puissance contradictoire des énergies qui viscèrent l'une en l'autre le droit au recul et à l'abandon l'air salin spirale en fumée grise l'eau revient douce avec son rire de métronome que manque-t-il à nos yeux de ne pas voir ? nous diront-ils qu'on ne peut vivre sans passion ?
Nous avons fait hier à Concarneau (29) un défilé d'anti mode qui s'est appelé "belles mais harnachées" dont voici mon poème de présentation... Corseter, entraver, baleiner, aiguiller, bander, pincer, brider, lacer, peser, marquer, serrer, visser, fermer, ceinturer, ... Tout ce que le vocabulaire imagine comme lié au supplice a été utilisé pour la toilette des femmes. Parce qu’ainsi harnachées, telles des pouliches qu’on mène à la saillie, à bout de souffle et de résistance, elles ne risquaient pas de s’échapper, de se sauver, de s’enfuir, de divaguer, de courir, cavaler, balader, danser, baguenauder,...
il me revient la maison froide où je vivais nue parmi les ombres des mortes dormant dans les placards parfois elles sortaient du miroir et le diable cognait en croches contre les murs frappés d'interdit dans la chambre en torsade la sourdine était de rigueur sur le sépia des chevelures
j'avais un an, dans la chambre de l'arrière-grand-mère
et lorsqu'ils se retirent comme ils disent laissant les cicatrices exsangues de nos veines déchirées allant porter les armes vers d'autres habitudes pas de chance disent ils encore en exhibant la forteresse ici tu n'entres pas mais on apprend trop tard que c'est autour de soi que les hauts murs sont érigés la nuit ils parlent à couvert en arrachant les herbes folles et leur corps défendant fauche le blé avec l'ivresse jaillie du baudrier d'Orion cloué sur le ciel noir l'un chantait autrefois il n'y a pas d'amour heureux mais s'il n'est pas heureux n'y est-il pas quand même ?
la constellation d...